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Tillinac n'est pas CyranoPhilippe Bilger | Dimanche 12 Avril 2009 Ã 14:03 | Lu 7514 fois
Par Philippe Bilger. Qui s'en prend à Denis Tillinac, l'intellectuel de droite politiquement correct pour la gauche bien pensante et auteur d'attaques très faciles contre les magistrats.
danperry.com - Flickr - cc
Dans Paris Match, Gilles Martin-Chauffier évoquait « Cyrano de Tillinac » en titre de sa chronique plutôt louangeuse, avec quelques épines. Je n'ai pas lu l'ouvrage mais Cyrano de Tillinac, c'est un peu trop, trop lourd à porter dans tous les cas, non ? Denis Tillinac a eu la chance d'apparaître, pour beaucoup de médias, comme le « bon » intellectuel de droite. Quasiment le seul, durant longtemps. Peut-être encore aujourd'hui. Zemmour pense aussi mais il déplaît. Tillinac, Jacques Chirac président de la République, était convié à tout coup pour nous faire entrer dans les coulisses chiraquiennes et nous décrypter un comportement qui, même sans lui, était facile à comprendre et à analyser. Il était perçu comme le spécialiste incontestable de la psychologie et des humeurs de notre ancien président. Tillinac ne jurait que par Chirac.
Cyrano n'aurait pas été le porte parole d'un président Les magistrats, une cible facile En dehors de l'aberration qui consiste à ne pas saisir que la contestation publique est directement liée à des appréciations globalisantes comme la sienne sur la magistrature, je considère comme lamentable une telle dérision, l'affichage d'un tel mépris. Où est Cyrano dans une telle facilité intellectuelle et sociale ? Où est le courage dans une approche toute d'irrespect et de démagogie ? Il sait bien qu'aujourd'hui on peut traîner la magistrature dans la boue sans que personne proteste ou la défende. Cet anticonformisme de façade qui s'en prend mécaniquement aux juges et à la justice est en réalité le pire des populismes, qui n'a rien à voir avec la vérité populaire. C'est d'une banalité affligeante, aujourd'hui, de « se payer »notre métier en affirmant - à partir de quelle expérience et de quelles connaissances ? - un total défaut de confiance. Ce serait humiliant si ce n'était pas le triste réflexe de citoyens et d'intellectuels qui attisent le discrédit au lieu de favoriser le respect. Cyrano n'aurait jamais pactisé avec la majorité confortable. Il aurait préféré se taire. Ou réfléchir. Non, Denis Tillinac n'est pas Cyrano. Retrouevz d'autres articles de Philippe Bilger sur son blog Justice au singulier
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