A partir de 5,99 € abonnez-vous à Marianne Numérique
Têtes à couac: Jean Sarkozy, il est né le divin enfant!Sylvain Lapoix - Marianne | Vendredi 25 Décembre 2009 à 07:01 | Lu 11403 fois
Dans la série des couacs de la majorité, Jean Sarkozy. En se présentant comme candidat à la présidence de l'Epad sans aucune qualification, Sarko jr a débarqué dans l'actualité en trombe, déclenchant un véritable vent de panique dans la majorité ! Une star de la politique spectacle est née cette année... mais elle doit beaucoup à son père !
Il a trahi pour Neuilly, menti pour sauver l'honneur et manipulé les médias... aucun doute : Jean Sarkozy ira loin ! Au lendemain des élections municipales, d'aucuns le croyaient mort sous l'éteignoir de ses mandats départementaux et municipaux, renvoyé, telle une Rachida Dati à Strasbourg, dans ce lassant «exercice du pouvoir» auquel son père préfère tant la conquête... Mais ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui laissera s'éteindre la dynastie, en confiant son nom à un rappeur ami de Doc Gyneco...
Coupant la voie à Patrick Devedjian par décret, le président a fait un pont d'or à son fils pour prendre la Défense... n'imaginant pas une seule seconde le tollé qu'il allait provoquer ! Le 8 octobre, le prince porte sa candidature à la présidence l'établissement de gestion du plus grand quartier d'affaire d'Europe, regroupant près de 2500 sièges sociaux... la classe ! Népotisme, vision monarchique du pouvoir, les critiques tombent comme la grêle : après l'épisode Fromentin à Neuilly, qui a révélé son ambition fratricide, Jean se paye l'étiquette peu reluisante de parvenu ! Mais qu'importe, papa est là ...
Pour contrer le buzz, tout le gouvernement se met à vanter les nombreuses qualités du Prince : d'Henri Guaino à Eric Besson, tous assurent qu'il «regorge de talents»... Lesquels ? Deux semestres de droit à la Sorbonne et le bac dans un lycée huppé du 92. Quoi d'autre ? Son père. Même s'il se révèle bientôt aussi maladroit que ses ministres : le jour où Jean explique ses motivations au 19-20 de France 3, Sarkozy père entonne dans un discours sur la réforme des lycées une ode à la méritocratie : «ce qui compte pour réussir, ce n'est plus d'être bien né.»
Les ministres serrent les dents mais les députés UMP l'ouvrent : Pierre Cardo et René Couannau s'inquiètent en réunion de groupe du «risque» encouru par la majorité si le fils du Président persiste. «On entend en circonscription des parents dont les enfants ne trouvent pas de stage», note Cardo. Un grand classique du couac : la majorité avait totalement oublié que les Français les regardaient !
Jeudi 22 octobre, Jean Sarkozy se retire de la course, en direct sur France 2 : «j'ai beaucoup écouté, j'ai beaucoup réfléchi et je ne veux pas qu'une victoire qui porte le poids d'un tel soupçon.» Diction présidentielle, mimétisme père-fils et petite formule... Jean montre qu'il a bien reçu les leçons de papa et bénéficie même de l'extrême onction des sondeurs : honneur suprême des arrivistes !
Derrière lui, François Fillon et son orchestre rangent leurs instruments dans une cacophonie ridicule : le porte-parole de l'UMP salue la «maturité» du jeune homme, Martin Hirsch, Jean-François Copé, Brice Hortefeux, Benoist Apparu... tous passent sur les ondes pour rattraper le coup, expliquer que «tout va bien». Un dernier couac qui en laisse présagé de futurs : tout enterré qu'est (pour l'instant) sa carrière de président de l'Epad, il reste un Sarkozy. Et, quand la République est pliée aux ambitions dynastiques d'un président, il ne faut JAMAIS insulter l'avenir !
Voir les 56 commentaires
Dans la même rubrique :
|
|
||

Imprimer
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Accueil
Envoyer
Partager

