Supermarchés: faut-il interdire les caisses automatiques?
Jeudi 5 Mars 2009 à 17:14 | Lu 13072 fois I 90 commentaire(s)
Laurent Pinsolle
Par Laurent Pinsolle. Avec la multiplication des caisses automatiques dans les supermarchés, l'équation est simple: davantage de machines, moins de personnel. Et s'il fallait freiner l'évolution technologique pour enrayer l'augmentation du nombre de chômeurs?
Marianne2.fr a publié une tribune très intéressante d’Isabelle Saporta plaidant pour un boycott des caisses automatiques qui se répandent dans les supermarchés et hypermarchés. Pour aller encore plus loin, ne faudrait-il pas envisager une interdiction pure et simple ?
Une brèche importante dans la guerre contre le chômage
L’emploi est la mère de toutes les batailles. Il est essentiel de pouvoir trouver un emploi de manière à s’insérer dans la société. Le chômage de masse déstructure la société et provoque de véritables drames humains, désocialisant les personnes qui y reste trop longtemps. Cette urgence de la bataille contre le chômage n’a pas été suffisamment saisie par la plupart des hommes politiques et les derniers chiffres du chômage montre une détérioration inquiétante de la situation de l’économie.
Mais alors que 90 200 personnes de plus sont au chômage depuis le mois de janvier, la grande distribution met un coup d’accélérateur sur l’automatisation des caisses de ses magasins. Cette automatisation permet de réduire de manière importante les coûts des grandes surfaces en supprimant des emplois de caissières. Cette évolution technologique va malheureusement encore peser sur les chiffres du chômage dans les deux prochaines années, à un moment où la France aurait pourtant besoin de protéger ses emplois.
L’État doit-il agir ?
S’opposer à ce progrès technologique peut prêter à sourire. Après tout, il y a quelques années, des pompistes servaient aux stations-service et nous nous sommes habitués au libre-service, comme dans le commerce alimentaire. Ces évolutions ont permis des gains de productivité importants. En outre, on peut argumenter que ce sont des emplois moins qualifiés, qui ne sont pas forcément les emplois sur lesquels il faut se battre. Et surtout, mettre un frein à une telle évolution représente un frein à la liberté.
Et c’est justement ici que le bât blesse. L’une des leçons de cette crise est que la liberté sans contrainte peut aboutir à des comportements destructeurs pour la collectivité. Si on peut comprendre l’intérêt des grandes surfaces à utiliser ces caisses automatiques, il n’est pas évident que ce soit l’intérêt de la France, surtout aujourd’hui que le chômage s’envole. La somme des égoïsmes ne produit pas l’intérêt général contrairement aux fables néolibérales. Et ce principe de liberté pourrait remettre en cause toute réglementation.
Certains objecteront qu’il serait difficile de s’opposer à la mise en place de ces caisses. C’est surtout un moyen commode de cacher une absence de volonté de réglementer l’économie. Il ne serait pas difficile de mettre une fin définitive à l’implantation de ces caisses, quelles que soient les contraintes législatives : interdiction pure et simple, taxation des machines ou réglementation. Si l’État souhaite vraiment s’opposer à cette innovation qui va supprimer des milliers d’emplois, il n’a que le choix des armes.
Dans le contexte économique actuel, l’intérêt général plaide pour une interdiction de ces caisses automatiques. Même si une telle interdiction pourrait n’être que temporaire (tant que le chômage dépasse un certain niveau), elle pourrait être une solution pour limiter l’envol du chômage.
Retrouvez le blog de Laurent Pinsolle
Une brèche importante dans la guerre contre le chômage
L’emploi est la mère de toutes les batailles. Il est essentiel de pouvoir trouver un emploi de manière à s’insérer dans la société. Le chômage de masse déstructure la société et provoque de véritables drames humains, désocialisant les personnes qui y reste trop longtemps. Cette urgence de la bataille contre le chômage n’a pas été suffisamment saisie par la plupart des hommes politiques et les derniers chiffres du chômage montre une détérioration inquiétante de la situation de l’économie.
Mais alors que 90 200 personnes de plus sont au chômage depuis le mois de janvier, la grande distribution met un coup d’accélérateur sur l’automatisation des caisses de ses magasins. Cette automatisation permet de réduire de manière importante les coûts des grandes surfaces en supprimant des emplois de caissières. Cette évolution technologique va malheureusement encore peser sur les chiffres du chômage dans les deux prochaines années, à un moment où la France aurait pourtant besoin de protéger ses emplois.
L’État doit-il agir ?
S’opposer à ce progrès technologique peut prêter à sourire. Après tout, il y a quelques années, des pompistes servaient aux stations-service et nous nous sommes habitués au libre-service, comme dans le commerce alimentaire. Ces évolutions ont permis des gains de productivité importants. En outre, on peut argumenter que ce sont des emplois moins qualifiés, qui ne sont pas forcément les emplois sur lesquels il faut se battre. Et surtout, mettre un frein à une telle évolution représente un frein à la liberté.
Et c’est justement ici que le bât blesse. L’une des leçons de cette crise est que la liberté sans contrainte peut aboutir à des comportements destructeurs pour la collectivité. Si on peut comprendre l’intérêt des grandes surfaces à utiliser ces caisses automatiques, il n’est pas évident que ce soit l’intérêt de la France, surtout aujourd’hui que le chômage s’envole. La somme des égoïsmes ne produit pas l’intérêt général contrairement aux fables néolibérales. Et ce principe de liberté pourrait remettre en cause toute réglementation.
Certains objecteront qu’il serait difficile de s’opposer à la mise en place de ces caisses. C’est surtout un moyen commode de cacher une absence de volonté de réglementer l’économie. Il ne serait pas difficile de mettre une fin définitive à l’implantation de ces caisses, quelles que soient les contraintes législatives : interdiction pure et simple, taxation des machines ou réglementation. Si l’État souhaite vraiment s’opposer à cette innovation qui va supprimer des milliers d’emplois, il n’a que le choix des armes.
Dans le contexte économique actuel, l’intérêt général plaide pour une interdiction de ces caisses automatiques. Même si une telle interdiction pourrait n’être que temporaire (tant que le chômage dépasse un certain niveau), elle pourrait être une solution pour limiter l’envol du chômage.
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