Souverainiste et protectionniste, le PCF comme vous ne l'avez jamais vu
Lundi 4 Octobre 2010 à 18:01 | Lu 11053 fois I 63 commentaire(s)
Malakine - Vent des Blogs
Incroyable, le parti communiste fut un jour souverainiste et protectionniste. A l'époque, le PCF était dirigé par Georges Marchais. Et, surprise, son discours d'alors résonne aujourd'hui curieusement, tant il présageait des dérives actuelles du système. C'est ce qu'a (re)découvert Malakine.
Un petit test qui nous propose de déterminer notre profil politique fait fureur actuellement sur Facebook. Plusieurs tendances sont proposées dont celle de « communiste », ce qui a surpris et choqué une de mes contacts qui se voyait ainsi qualifiée. J’ai laissé un message expliquant que le test évoquait certainement le communisme de l’époque soviétique qu’elle n’avait probablement pas du connaître. Comme beaucoup, elle croyait que le communisme avait disparu à la Chute du Mur. En fait, non. La perestroïka ayant commencé dès 1985, il faut remonter à l’époque de Leonid Brejnev et de Georges Marchais pour ce faire une idée de ce qu’était le communisme avant qu'il ne s'éteigne pour ne devenir qu'une caricature de la posture de goch, vraiment à goch pour bat' la droit'.
Ce petit échange m’a alors donné envie de me replonger dans mes souvenirs d’enfance, à l’époque où le monde était coupé en deux, entre les pays dit capitalistes et les pays socialistes, synonyme pour beaucoup à l’époque, de paradis égalitaire et fraternel. J’ai donc parcouru le net à la recherche de vidéos du grand Georges Marchais, cette bête médiatique au talent encore aujourd’hui inégalité, dont je ne manquais aucune de ses héroïques prestations face à Jean-Pierre Elkabbach et Alain Duhamel (oui, déjà…) lors de l’émission politique phare du moment Cartes sur table.
Ce petit échange m’a alors donné envie de me replonger dans mes souvenirs d’enfance, à l’époque où le monde était coupé en deux, entre les pays dit capitalistes et les pays socialistes, synonyme pour beaucoup à l’époque, de paradis égalitaire et fraternel. J’ai donc parcouru le net à la recherche de vidéos du grand Georges Marchais, cette bête médiatique au talent encore aujourd’hui inégalité, dont je ne manquais aucune de ses héroïques prestations face à Jean-Pierre Elkabbach et Alain Duhamel (oui, déjà…) lors de l’émission politique phare du moment Cartes sur table.
Séquence nostalgie
Je n’ai pas tardé à retrouver les coups-de-gueule de mon premier mentor politique et ses passes d’armes légendaires avec ses intervieweurs préférés, pourtant infiniment plus respectueux à l’égard du personnel politique et de la politique elle-même qu’ils ne le sont aujourd’hui. Quelques éclats de rire plus tard et déjà plein de nostalgie, j’ai voulu retrouver la flamme de mes idéaux de prime jeunesse, ce communisme d’antan dont je parlais plus tôt à mon contact sur Facebook. J’ai donc passé la fin de soirée et jusqu'à une heure avancée, à visionner toutes les vidéos que j’ai pu trouver sur le site de l’INA, à la recherche d’une improbable pépite. Je n’en ai pas trouvé une, mais deux.
Et là, quel choc ! Je me souvenais bien de quelques affiches du PCF au début des années 80 avec écrit en bleu-blanc-rouge « produisons français », mais j’étais loin de me douter que le discours du PC des années 80 était si proche de celui que je tiens aujourd’hui. Parfaitement souverainiste, radicalement protectionniste, farouchement Keynesien, passionnément patriote.
Ce discours n’a (presque) pas pris une ride. On parlait déjà de crise. On dénonçait déjà le grand marché qu’on appelait à l’époque marché commun. On se soulevait contre les diktats de la Commission de Bruxelles. On se braquait contre toute forme de dérive atlantiste. On se battait contre l'impérialisme, forcément américain. On accusait les hyper-profits du capitalisme qu'on ne qualifiait pas encore de financiers. On mettait en garde contre la concurrence des pays à bas coût, à l’époque l’Espagne et le Portugal. On comptabilisait les dégâts de la désindustrialisation en cours. On annonçait la montée d’un chômage structurel à trois millions de chômeurs. On proposait le salaire maximum contre l’explosion des inégalités. On accusait déjà les socialistes de trahison et de tentation d’abandonner les classes populaires pour s’allier avec les milieux d’affaires. On analysait avec précision les débuts de l’offensive néolibérale et de la mondialisation.
Lire la suite de cet article sur le blog de Malakine
Et là, quel choc ! Je me souvenais bien de quelques affiches du PCF au début des années 80 avec écrit en bleu-blanc-rouge « produisons français », mais j’étais loin de me douter que le discours du PC des années 80 était si proche de celui que je tiens aujourd’hui. Parfaitement souverainiste, radicalement protectionniste, farouchement Keynesien, passionnément patriote.
Ce discours n’a (presque) pas pris une ride. On parlait déjà de crise. On dénonçait déjà le grand marché qu’on appelait à l’époque marché commun. On se soulevait contre les diktats de la Commission de Bruxelles. On se braquait contre toute forme de dérive atlantiste. On se battait contre l'impérialisme, forcément américain. On accusait les hyper-profits du capitalisme qu'on ne qualifiait pas encore de financiers. On mettait en garde contre la concurrence des pays à bas coût, à l’époque l’Espagne et le Portugal. On comptabilisait les dégâts de la désindustrialisation en cours. On annonçait la montée d’un chômage structurel à trois millions de chômeurs. On proposait le salaire maximum contre l’explosion des inégalités. On accusait déjà les socialistes de trahison et de tentation d’abandonner les classes populaires pour s’allier avec les milieux d’affaires. On analysait avec précision les débuts de l’offensive néolibérale et de la mondialisation.
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