Soulèvement au Kirghizistan: Poutine n’attendait que ça
Vendredi 9 Avril 2010 à 05:01 | Lu 7297 fois I 22 commentaire(s)
Anne Dastakian-Marianne
Cinq ans après avoir, par la force de la rue, chassé du pouvoir son prédécesseur, le président kirghiz Bakiev vient d’être à son tour viré par son peuple en colère. Pour le plus grand bonheur de… Vladimir Poutine.
Kurmanbek Bakiev (wikipedia)
Et de trois. Après la cuisante défaite électorale, en février dernier, des deux protagonistes de la Révolution orange ukrainienne, et le net discrédit du président géorgien Mikheïl Saakachvili, porté au pouvoir par la Révolution des roses, c’est au tour de Kurmanbek Bakiev, ex-leader de la Révolution des tulipes de 2005 au Kirghizistan, d’être désavoué. Lui qui avait obtenu dans la rue la chute de l’ex-président Askar Akaïev, avant de se faire élire à son poste, a été à son tour chassé par la rue. Au moins soixante quinze personnes ont péri lors des combats qui ont eu lieu dans la capitale kirghize Bichkek, mercredi 7 avril. Les émeutiers, qui ont pris d’assaut le Parlement avant de se livrer au pillage de la résidence présidentielle, mais aussi de la plupart des magasins du centre ville, protestaient contre l’autoritarisme et le népotisme de Bakiev, et l’aggravation de la situation sociale dans ce petit pays d’Asie centrale. Réfugié dans son fief d’Och au sud du pays, le président déchu refuse de reconnaître sa défaite et le gouvernement provisoire formé par les opposants.
Allergique aux révolutions, Vladimir Poutine peut donc se frotter les mains. Il a cependant tenu à préciser qu’il n’était pour rien dans les évènements de Bichkek. Depuis Smolensk, où il venait de rendre hommage, en compagnie de son homologue polonais Donald Tusk, aux 22.000 officiers polonais exécutés en 1940 par le NKVD à Katyn, il a assuré lors d’une conférence de presse que « ni la Russie, ni votre humble serviteur n'ont aucun lien avec les évènements au Kirghizstan ». Avant de railler l’arroseur arrosé : « En accédant au pouvoir, Bakiev critiquait sévèrement (Askar) Akaïev pour son népotisme. J'ai l'impression qu’il a marché sur le même chemin ».
Alors que Washington, l’ONU et Bruxelles commentaient avec la plus grande prudence les évènements kirghizes, appelant au respect de l’ordre constitutionnel, Poutine a choisi les insurgés. Il a très vite fait savoir qu’il s’était entretenu au téléphone avec la chef du gouvernement intérimaire kirghiz, Rosa Otounbaïeva, pour « l’assurer du soutien de Moscou ». Le Premier ministre russe avait reçu à Moscou, voici un mois, Mme Otounbaïeva, ex-ministre des affaires étrangères kirghize. Il faut dire que Moscou possède une base militaire au sud de Bichkek, à Kant, où 150 parachutistes viennent d’être envoyés en renfort. Les Américains, qui possèdent eux aussi une base militaire cruciale à Manas au nord de Bichkek, où transite le ravitaillement de leurs troupes en Afghanistan, se sont contentés d’annoncer que celui-ci n’avait « pas été sérieusement affecté ». Les évènements kirghizes semblent avoir pris de court tout le monde… sauf Moscou !
Allergique aux révolutions, Vladimir Poutine peut donc se frotter les mains. Il a cependant tenu à préciser qu’il n’était pour rien dans les évènements de Bichkek. Depuis Smolensk, où il venait de rendre hommage, en compagnie de son homologue polonais Donald Tusk, aux 22.000 officiers polonais exécutés en 1940 par le NKVD à Katyn, il a assuré lors d’une conférence de presse que « ni la Russie, ni votre humble serviteur n'ont aucun lien avec les évènements au Kirghizstan ». Avant de railler l’arroseur arrosé : « En accédant au pouvoir, Bakiev critiquait sévèrement (Askar) Akaïev pour son népotisme. J'ai l'impression qu’il a marché sur le même chemin ».
Alors que Washington, l’ONU et Bruxelles commentaient avec la plus grande prudence les évènements kirghizes, appelant au respect de l’ordre constitutionnel, Poutine a choisi les insurgés. Il a très vite fait savoir qu’il s’était entretenu au téléphone avec la chef du gouvernement intérimaire kirghiz, Rosa Otounbaïeva, pour « l’assurer du soutien de Moscou ». Le Premier ministre russe avait reçu à Moscou, voici un mois, Mme Otounbaïeva, ex-ministre des affaires étrangères kirghize. Il faut dire que Moscou possède une base militaire au sud de Bichkek, à Kant, où 150 parachutistes viennent d’être envoyés en renfort. Les Américains, qui possèdent eux aussi une base militaire cruciale à Manas au nord de Bichkek, où transite le ravitaillement de leurs troupes en Afghanistan, se sont contentés d’annoncer que celui-ci n’avait « pas été sérieusement affecté ». Les évènements kirghizes semblent avoir pris de court tout le monde… sauf Moscou !
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