Marianne2 2012

Sommet social : les syndicats dans le brouillard avancent désunis

Mercredi 18 Janvier 2012 à 10:58 | Lu 4379 fois I 15 commentaire(s)

Laurence Dequay - Marianne

A l’exception d’une extension du chômage partiel pour qu’il profite davantage aux PME et d’une formation accrue des chômeurs, on ne voit pas très bien sur quel autre sujet les partenaires sociaux, convoqués à l’Elysée sous la pression des agences de notation, pourraient s’entendre le 18 janvier à l’Elysée.


D’ores et déjà Xavier Bertrand, le ministre de l’emploi, a indiqué qu’aucune annonce ne serait faite, à son issue, sur l’instauration d’une TVA sociale. Quand à la conclusion d’accords de compétitivité - ces négociations qui sous contrôle syndical permettent à des entreprises de réduire les rémunérations et les horaires de leurs salariés -, Nicolas Sarkozy a beau en avoir fait une nouvelle antienne ; poliment, Laurence Parisot la patronne du Medef a indiquéqu’elle préférait engager ces discussions directement avec la CFDT, la CGT, la FO, la CFTC et toutes autres centrales. Sous-entendant ainsi, que le chef de l’Etat ne disposait plus d’une légitimité politique suffisante pour ouvrir ce chantier avec des chances de succès à 100 jours de la présidentielle…
 
« On va nous écouter, on ne nous entendra pas forcément. » indiquait d’ailleurs le 16 janvier Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, guère optimiste, lors du lancement par son syndicat d’une campagne pour l’emploi industriel. L’ancien leader cheminot entendait néanmoins se saisir de cette occasion, pour exiger l’évaluation sur l’emploi des 30 milliards d’euros de charges déjà accordées aux entreprises à divers titres. Avant d’évoquer toute augmentation de CSG, à laquelle en revanche la CFDT se déclarait ouverte.

Dès lors, ce qui risque de marquer cette rencontre, c’est aussi la désunion des deux leaders qui constituaient l’épine dorsale de la forte mobilisation de 2008 contre les retraites. Ainsi, Bernard Thibault n’a pas hésité à reprocher une « passivité coupable » à François Chérèque dont la centrale s’est refusée à placer ce sommet du 18 janvier, sous la pression de salariés en organisant une mobilisation commune. « Quelque soit la période, justifie-t-il, lorsque les mauvais coups ont été portés, il est toujours plus difficile de faire machine arrière. » De son côté, François Chérèque dont le syndicat est historiquement proche des socialistes, et a déjà payé pour cela, a le souci de ne pas paraître faire campagne pour François Hollande. Même s’il a accusé Nicolas Sarkozy « d’incontinence politique. » Mais là ne s’arrêtent pas leurs désaccords.
 
Misant sur les discussions ouvertes avec le Medef, François Chérèque envisage ouvertement que des accords entre partenaires sociaux soient ensuite traduits dans la loi. Un renversement de la hiérarchie des normes auquel la CGT s’oppose catégoriquement. « Les salariés en sortiraient broyés » a estimé Bernard Thibault au sortir d’une rencontre avec le candidat Jean-Luc Mélanchon dont il a salué l’engagement contre les plans d’austérité.









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