Slim, le milliardaire mexicain qui sauve le New York Times
Pour ce début d'année, l'excellent blog SoBiz propose une série de portrait des «types en or» qui feront l'économie en 2009. Parmi eux, le milliardaire mexicain Carlos Slim a attiré notre attention : ce touche-à-tout qui pèse 60 milliards de dollars et 8% du PIB de son pays a acheté un sursis au New York Times d'un chèque de 250 millions.
L’actu, me dirait mon chef, l’actu. J’y viens : le Carlos en question est en train de voler au secours du prestigieux quotidien New York Times. Avec un joli chèque de 250 millions de dollars, façon Rupert Murdoch. Une broutille pour ce fils d’immigrés libanais de 68 ans, surnommé « roi Midas », dont l’empire représente aujourd’hui 40% de la bourse de Mexico, 8% du PIB mexicain et plus de 220 000 salariés.
Slim, c’est un peu le Arnault-Pinault, sauce guacamole. Un type qui a fondé sa réussite en rachetant des boîtes en perdition récupérées pour une bouchée de pain avec la bénédiction de l’Etat. Sa boîte, le groupe Carso, fondée à 25 ans, commence par racheter une quarantaine d’entreprises dans la mine, le tabac, la construction, l’industrie, les pneus, les assurances, la restauration, la distribution.
Etonnante transaction, à la vérité. Outre le prix d’ami susdit, Carlito obtient de l’Etat que Telmex reste en monopole, malgré sa privatisation, au moins six ans après le rachat. De fait, même depuis l’ouverture du marché, Telmex ne sera guère inquiété, son gros derrière reposant sur 81% du marché du fixe et 72% de celui du mobile. Résultat : une marge de 50%, supérieure d’un tiers, selon The Economist, à la moyenne du secteur, portée par un des prix à la minute les plus chers du monde. L’empire Slim s’étend peu à peu à toute l’Amérique du Sud, via l’opérateur America Movil. Seul l’espagnol Telefonica fait de la résistance face aux 130 millions d’abonnés du Mexicain.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, Slim n’aime pas le faste. Ou alors ne le montre pas. Son seul péché mignon est une passion déraisonnable pour les Rodin, dont il possède une bonne palanquée. Le reste est une affaire de philanthropie plus ou moins teintée de provocation. Et d’arrière-pensées, disent les mauvaises langues. Cinq milliards pour des projets de routes, barrages, écoles et hôpitaux. Des centaines de millions pour libérer des détenus pauvres incapables de payer leurs cautions.
Le bonhomme, affaibli par un triple pontage en 1997, garde quand même la haute main que sur la stratégie de son groupe, objet de réunions passionnées avec ses trois fils bombardés patrons de filiales. Mais il ne crache pas sur quelques petits coups en bourse, comme le maître de l’exercice, le baron belge Albert Frère. Il aime, selon un ami d’enfance cité par Challenges, « les cigares cubains, le base-ball, les échecs et les bonsaïs ». Non, franchement, ce type-là ne peut pas être un mauvais bougre.
Billet publié à l'origine sur le blog SoBiz, le business expliqué à ta sœur.
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