Si t’as pas ta kalach à 20 ans, t’as raté ta vie
Mardi 13 Décembre 2011 à 12:01 | Lu 6558 fois I 12 commentaire(s)
La « presque soixantaine (rugissante !) », cette infirmière de carrière, responsable de la... En savoir plus sur cet auteur
La kalachnikov, nouvelle arme fétiche des malfrats. Enfin pas si nouvelle selon la blogueuse Lait d'beu qui revient sur ce « buzz » du moment : la prolifération de cette arme, vendue sous le manteau pour quelques euros, dans les quartiers chauds.
Le dernier joujou à la mode. Vous devez bien avoir entre 1.000 et 2.000 € qui traînent dans un tiroir ? C’est paraît-il le prix au marché noir. Sinon, que diable ! Empruntez, imitez les voyous : faites un casse. Tant pis si vous allez directement dans la case « prison » sans toucher les 20.000 € mais vous ne voudriez quand même pas passer pour un ringard ? Tout le monde doit avoir sa kalachnikov. L’équivalant de moderne de « la poule au pot » le dimanche du bon Henri IV. Ce serait la « Rollex de la pègre » en quand même beaucoup moins cher. Pour plagier Jacques Ségala - inventeur de « la force tranquille » pour Mitterrand en 1981 avant de virer sarkozyste à tout crin - « Si t’as pas ta kalach à 20 ans, cela vaudra dire que t’as raté ta vie ».
Et puis, ça peut servir tous les jours. Vous n’aimez pas votre voisin, votre petit chef vous fait tout plein de misères, un automobiliste vous fait une queue de poisson, un doigt d’honneur ou vous pique la place de parking de l’hypermarché, un parfait inconnu vous aurait dévisagé avec insistance ou pire, regardé de travers, et puis une fois qu’on est lancé, « la tête de l’autre » ne vous revient pas. Qu’à ne cela ne tienne ! Vous serez paré pour affronter tous les petits tracas de la vie quotidienne : Zou ! Une bonne rafale et l’on n’en parle plus. L’époque est à la violence gratuite. Participez à ce gigantesque happening si vous ne voulez pas mourir idiot. Ce serait trop bête, hein ! Surtout si c’est à cause d’une balle perdue.
Bon, assez plaisanté. Parce que la situation est plus que préoccupante : gravissime. Claude Guéant et Nicolas Sarkozy font mine de découvrir le problème. Comme s’il était nouveau !
La kalachnikov, nouvelle arme fétiche des malfrats (Le Monde 8 déc. 2012). J’ai retrouvé dans mes archives un article de Libération datant du 18 mai 2009 Des policiers visés par des tirs de fusil d’assaut . Cela se passait à La Courneuve, dans la bien connue « cité des 4.000 », celle-là même ou Sarkozy promit de « karchériser les voyous »… Maintenant, ce sont les forces de l’ordre qui s’y font « kalachnikoviser », tu parles d’une réussite !
Plus grave encore, je n’aurais garde d’oublier qu’une jeune fliquette du Val-de-Marne s’était fait descendre, elle aussi, à la kalachnikov. Une policière tuée dans une fusillade dans le Val-de-Marne (Libération 20 mai 2010). Elle appartenait à la police municipale et procédait à un banal contrôle de routine. Certainement moins protégée matériellement que ne le sont en règle générale les policiers appartenant à la BAC. De surcroît, les tirs ont fait plusieurs blessés parmi les usagers de la route, dont un automobiliste de 59 ans, grièvement blessé.
Ces tueries à l’arme automatique - qu’il s’agisse d’attaques contre les policiers sur la voie publique lato sensu ou de règlements de comptes entre malfrats - mettent en danger la vie des passants ou d’autres usagers de la route. Ces voyous défouraillant à tout va, sans doute au petit bonheur la chance - pas besoin d’être un tireur d’élite ! - les balles perdues risquent de ne pas l’être pour tout le monde. Des exemples à la pelle.
Il se trouvera bien parmi des lecteurs quelques personnes pour me trouver ultra-réac. Quoi ? S’intéresser aux victimes. Mais c’est du Sarkozy, ça Coco. Sauf que moi, je ne fais pas semblant et que nous avons tous le droit d’aller et venir dans les lieux publics sans prendre une bastos dans le buffet. Ces personnes changeraient vite d’avis si un(e) de leurs proches étaient touché. J’ai beau avoir 64 balais, je ne partage d’aucune façon la mentalité sécuritaire de Nicolas Sarkozy. On n’est pas forcé d’être vieux et con à la fois.
Et puis, ça peut servir tous les jours. Vous n’aimez pas votre voisin, votre petit chef vous fait tout plein de misères, un automobiliste vous fait une queue de poisson, un doigt d’honneur ou vous pique la place de parking de l’hypermarché, un parfait inconnu vous aurait dévisagé avec insistance ou pire, regardé de travers, et puis une fois qu’on est lancé, « la tête de l’autre » ne vous revient pas. Qu’à ne cela ne tienne ! Vous serez paré pour affronter tous les petits tracas de la vie quotidienne : Zou ! Une bonne rafale et l’on n’en parle plus. L’époque est à la violence gratuite. Participez à ce gigantesque happening si vous ne voulez pas mourir idiot. Ce serait trop bête, hein ! Surtout si c’est à cause d’une balle perdue.
Bon, assez plaisanté. Parce que la situation est plus que préoccupante : gravissime. Claude Guéant et Nicolas Sarkozy font mine de découvrir le problème. Comme s’il était nouveau !
La kalachnikov, nouvelle arme fétiche des malfrats (Le Monde 8 déc. 2012). J’ai retrouvé dans mes archives un article de Libération datant du 18 mai 2009 Des policiers visés par des tirs de fusil d’assaut . Cela se passait à La Courneuve, dans la bien connue « cité des 4.000 », celle-là même ou Sarkozy promit de « karchériser les voyous »… Maintenant, ce sont les forces de l’ordre qui s’y font « kalachnikoviser », tu parles d’une réussite !
Plus grave encore, je n’aurais garde d’oublier qu’une jeune fliquette du Val-de-Marne s’était fait descendre, elle aussi, à la kalachnikov. Une policière tuée dans une fusillade dans le Val-de-Marne (Libération 20 mai 2010). Elle appartenait à la police municipale et procédait à un banal contrôle de routine. Certainement moins protégée matériellement que ne le sont en règle générale les policiers appartenant à la BAC. De surcroît, les tirs ont fait plusieurs blessés parmi les usagers de la route, dont un automobiliste de 59 ans, grièvement blessé.
Ces tueries à l’arme automatique - qu’il s’agisse d’attaques contre les policiers sur la voie publique lato sensu ou de règlements de comptes entre malfrats - mettent en danger la vie des passants ou d’autres usagers de la route. Ces voyous défouraillant à tout va, sans doute au petit bonheur la chance - pas besoin d’être un tireur d’élite ! - les balles perdues risquent de ne pas l’être pour tout le monde. Des exemples à la pelle.
Il se trouvera bien parmi des lecteurs quelques personnes pour me trouver ultra-réac. Quoi ? S’intéresser aux victimes. Mais c’est du Sarkozy, ça Coco. Sauf que moi, je ne fais pas semblant et que nous avons tous le droit d’aller et venir dans les lieux publics sans prendre une bastos dans le buffet. Ces personnes changeraient vite d’avis si un(e) de leurs proches étaient touché. J’ai beau avoir 64 balais, je ne partage d’aucune façon la mentalité sécuritaire de Nicolas Sarkozy. On n’est pas forcé d’être vieux et con à la fois.
Argument de campagne
Au cours du printemps 2007, j’allais tous les jours chez le kiné après l’ablation du matériel chirurgical de mon coude gauche. Il était absolument effaré de ce que lui disaient les mémés qu’il soignait à domicile le matin. Selon le dernier qu’elles avaient entendu à la télévision, un coup c’était Le Pen, après de Villiers et ensuite Sarkozy. Toujours sur les questions de sécurité. Je pense qu’effectivement ce sont les personnes âgées qui lui ont apporté les 3 % qui ont fait la différence. Seront-elles encore sensibles à son discours sécuritaire en 2012 ? Je ne saurais le dire.
Et encore, s’il y avait eu quelque amélioration. Mais la méthode Sarko a fait les preuves de son inanité. Tout n’a fait qu’empirer en presque 5 ans, en n’ayant garde d’oublier qu’il fut ministre de l’Intérieur depuis 2005. Je suis persuadée de longtemps que les forces de l’ordre n’ont pas fait - sciemment ? - ce qu’il fallait lors de la fameuse « émeute de la Gare du Nord » le 27 mars 2007. Je connais en effet suffisamment cette gare. Il eût suffi en effet de fermer la gare et tous les accès du métro et notamment le long couloir qui permet de rejoindre le métro à Barbès parce que nous savons très bien que la plupart des casseurs sont venus en foule à la rescousse, appelés par portable. Cette émeute fut pur nanan pour Sarkozy. Que va-t-il nous sortir au printemps 2012 ?
Et encore, s’il y avait eu quelque amélioration sur le plan de la sécurité depuis 2007. Pas même la queue d’une. Pire : une aggravation sans précédent dans les annales, nonobstant les chiffres truqués par tous les ministres de l’Intérieur qui se sont succédés depuis 2007. Sarkozy pouvait bien se vanter d’avoir « tué le job ». Désormais, c’est dans la rue que l’on tue à tout va.
Le cas de Marseille est emblématique. Certes, la cité phocéenne a de longue date été ville de grande truanderie. Parce que mégapole cosmopolite, port où convergent les voyageurs et les immigrants venus de partout, les marchandises et donc les trafics en tout genre. Il suffit d’y ajouter les diverses mafias et leurs luttes pour prendre le pouvoir dans tel ou tel secteur, ce qui donne des scénarios dignes des meilleurs polar. Il est fort dommage que Jean-Claude Izzo soit mort en 2002. Nul doute qu’il eût ajouté quelques épisodes bien sentis à la saga de Fabio Montale.
Et encore, s’il y avait eu quelque amélioration. Mais la méthode Sarko a fait les preuves de son inanité. Tout n’a fait qu’empirer en presque 5 ans, en n’ayant garde d’oublier qu’il fut ministre de l’Intérieur depuis 2005. Je suis persuadée de longtemps que les forces de l’ordre n’ont pas fait - sciemment ? - ce qu’il fallait lors de la fameuse « émeute de la Gare du Nord » le 27 mars 2007. Je connais en effet suffisamment cette gare. Il eût suffi en effet de fermer la gare et tous les accès du métro et notamment le long couloir qui permet de rejoindre le métro à Barbès parce que nous savons très bien que la plupart des casseurs sont venus en foule à la rescousse, appelés par portable. Cette émeute fut pur nanan pour Sarkozy. Que va-t-il nous sortir au printemps 2012 ?
Et encore, s’il y avait eu quelque amélioration sur le plan de la sécurité depuis 2007. Pas même la queue d’une. Pire : une aggravation sans précédent dans les annales, nonobstant les chiffres truqués par tous les ministres de l’Intérieur qui se sont succédés depuis 2007. Sarkozy pouvait bien se vanter d’avoir « tué le job ». Désormais, c’est dans la rue que l’on tue à tout va.
Le cas de Marseille est emblématique. Certes, la cité phocéenne a de longue date été ville de grande truanderie. Parce que mégapole cosmopolite, port où convergent les voyageurs et les immigrants venus de partout, les marchandises et donc les trafics en tout genre. Il suffit d’y ajouter les diverses mafias et leurs luttes pour prendre le pouvoir dans tel ou tel secteur, ce qui donne des scénarios dignes des meilleurs polar. Il est fort dommage que Jean-Claude Izzo soit mort en 2002. Nul doute qu’il eût ajouté quelques épisodes bien sentis à la saga de Fabio Montale.
Pas si nouveau
Le phénomène des règlements de compte, avec des kalachnikov ou des armes automatiques de gros calibre ne date pas d’hier. J’en retrouve la trace dans plusieurs articles datant de 2009. Cela tient même de l’épidémie : 3 ou 4 cas apparemment sans liens entre eux - sinon que les victimes sont « connues des services de police » selon la formule consacrée ; fichée à « l’Evêché : la préfecture de police - dans la même semaine Marseille : trois assassinats mystérieux en une semaine (France-Soir 24 sept. 2009).
L’année avait d’ailleurs bien commencé Drogue - Sanglant règlement de comptes à Marseille (26 janv. 2009). 3 morts et deux blessés dans une même voiture. Là encore une kalachnikov parmi les armes utilisées. « On assiste à un emploi systématique d'armes de guerre de type Kalachnikov dans des contrats sanglants et ce au fil des semaines à Marseille » affirmait au sujet d’une de ces affaires un policier responsable syndical d’Alliance.
Faute de parvenir à régler ce problème, Nicolas Sarkozy fait valser les préfets ! Rien moins que trois en deux ans dans la région PACA… Le dernier en date, Alain Gardère, nommé le 24 août 2011, devrait échapper à sa vindicte : c’est un pote. Il reprochait au précédent, Gilles Lecler « un manque de résultats, en particulier à Marseille ». Il n’aura pas fait long feu : nommé en décembre 2010 et débarqué 8 mois plus tard.
Mais ne croyez pas que ce fût « la recrudescence du grand banditisme à Marseille (…) 50 assassinats ces deux dernières années, les trafics de stupéfiants en hausse constante, la montée des vols avec violence… Bref, une criminalité et une insécurité qui sont très loin de marquer le pas dans la seconde ville de France, à quelques mois de l'élection présidentielle ». Non, c’est autrement plus rocambolesque, ridicule et même, si je puis dire, « corsé » !
Puisque c’est Corse-Matin qui vend la mèche… Si le titre est savoureux, le contenu de l’article ne l’est pas moins. Gilles Leclair : nommé en Corse pour une pelouse il quitte Marseille pour un parking (19 août 2011). Ils rappellent en effet que Gilles Lecler avait été nommé en Corse à la fin de l’été 2008 coordonnateur des services de sécurité pour remplacer Dominique Rossi, débarqué pour n’avoir pas employé la manière forte contre les « envahisseurs » de la villa de Christian Clavier, ami de Nicolas Sarkozy.
Quant au « parking maudit » marseillais, c’est encore une sacrée galéjade. J’avais lu et enregistré l’info, il y a déjà un certain temps sur article déjà ancien de Judith Duportail mais sans supposer un seul instant que cela prendrait de telles proportions. Mais que voulez-vous, en Sarkozie les intérêts de Vinci - un des géants du BTP - valent certainement plus que la sécurité de la population. Un parking géré par une bande à Marseille (3 août 2011).
L’année avait d’ailleurs bien commencé Drogue - Sanglant règlement de comptes à Marseille (26 janv. 2009). 3 morts et deux blessés dans une même voiture. Là encore une kalachnikov parmi les armes utilisées. « On assiste à un emploi systématique d'armes de guerre de type Kalachnikov dans des contrats sanglants et ce au fil des semaines à Marseille » affirmait au sujet d’une de ces affaires un policier responsable syndical d’Alliance.
Faute de parvenir à régler ce problème, Nicolas Sarkozy fait valser les préfets ! Rien moins que trois en deux ans dans la région PACA… Le dernier en date, Alain Gardère, nommé le 24 août 2011, devrait échapper à sa vindicte : c’est un pote. Il reprochait au précédent, Gilles Lecler « un manque de résultats, en particulier à Marseille ». Il n’aura pas fait long feu : nommé en décembre 2010 et débarqué 8 mois plus tard.
Mais ne croyez pas que ce fût « la recrudescence du grand banditisme à Marseille (…) 50 assassinats ces deux dernières années, les trafics de stupéfiants en hausse constante, la montée des vols avec violence… Bref, une criminalité et une insécurité qui sont très loin de marquer le pas dans la seconde ville de France, à quelques mois de l'élection présidentielle ». Non, c’est autrement plus rocambolesque, ridicule et même, si je puis dire, « corsé » !
Puisque c’est Corse-Matin qui vend la mèche… Si le titre est savoureux, le contenu de l’article ne l’est pas moins. Gilles Leclair : nommé en Corse pour une pelouse il quitte Marseille pour un parking (19 août 2011). Ils rappellent en effet que Gilles Lecler avait été nommé en Corse à la fin de l’été 2008 coordonnateur des services de sécurité pour remplacer Dominique Rossi, débarqué pour n’avoir pas employé la manière forte contre les « envahisseurs » de la villa de Christian Clavier, ami de Nicolas Sarkozy.
Quant au « parking maudit » marseillais, c’est encore une sacrée galéjade. J’avais lu et enregistré l’info, il y a déjà un certain temps sur article déjà ancien de Judith Duportail mais sans supposer un seul instant que cela prendrait de telles proportions. Mais que voulez-vous, en Sarkozie les intérêts de Vinci - un des géants du BTP - valent certainement plus que la sécurité de la population. Un parking géré par une bande à Marseille (3 août 2011).
L'affaire du parking Vinci à Marseille
L’affaire se résume facilement. Vinci exploitait un parking de 80 places à Marseille. Fin 2010, un groupe de jeunes a pris l’habitude de taxer les clients le soir après le départ des gardiens. Tarif unique : 5 €. Mais sans doute alléché par cet argent facile, ils ont pourri la vie des gardiens - intimidations et violences pendant le jour. Pousse-toi de là que je m’y mette. Et ont réussi leur coup : Vinci à préféré - au moins momentanément - déguerpir. Ce qui mit le feu aux poudres et servit de "booster" au siège éjectable de Gille Lecler fut la diffusion d’un reportage télévisé sur le sujet, passé quelques jours avant son éviction et qui lis-je « émut jusqu'au plus haut sommet de l'État »… Respect !
Claude Guéant justifia le changement de préfet par la « nécessité de réfléchir à des stratégies nouvelles » dans la ville. « La situation à Marseille n'est pas satisfaisante (..) et cela n'est pas supportable ». Au moment du changement de préfet, selon un responsable d’Alliance « Il y a plus de kalachnikov à Marseille qu'à Kaboul » (La Provence 24 août 2011). « Aujourd'hui, ça tire dans tous les sens au gros calibre »… Eu égard au résultat constaté aujourd’hui, il n’a pas dû beaucoup réfléchir, le Guéant. Certes, « les saisies d'armes ont bien doublé dans le département, en un an, pour passer de 74 à 135, après la mise en place d'une cellule spécialisée au sein de la police judiciaire ». Mais l’on sait très bien - comme en matière de drogues - que les saisies représentent toujours la face émergée de l’iceberg.
Alain Gardère ne devrait pas sauter. Il la bâillait pourtant bien belle le 26 sept. 2011 après un nouveau règlement de comptes dans une cité comme le rapporte Romain Luongo Le sang coulera-t-il dans les cités de Marseille ? (La Provence) dans la Cité des Flamants. « Je vais mettre en place une action forte contre les trafics de drogue. On va les faire tomber petit à petit et ce sera une action systématique. Nous prendrons le temps qu'il faudra et de manière renouvelée, nous agirons. Le problème, c'est que ceux qui sont arrêtés sont remplacés immédiatement. C'est une guerre sans merci. Il faut que les trafiquants se lassent, avec une action en profondeur ». Sauf que les moyens de la police, à Marseille comme ailleurs sont dramatiquement insuffisants.
Claude Guéant justifia le changement de préfet par la « nécessité de réfléchir à des stratégies nouvelles » dans la ville. « La situation à Marseille n'est pas satisfaisante (..) et cela n'est pas supportable ». Au moment du changement de préfet, selon un responsable d’Alliance « Il y a plus de kalachnikov à Marseille qu'à Kaboul » (La Provence 24 août 2011). « Aujourd'hui, ça tire dans tous les sens au gros calibre »… Eu égard au résultat constaté aujourd’hui, il n’a pas dû beaucoup réfléchir, le Guéant. Certes, « les saisies d'armes ont bien doublé dans le département, en un an, pour passer de 74 à 135, après la mise en place d'une cellule spécialisée au sein de la police judiciaire ». Mais l’on sait très bien - comme en matière de drogues - que les saisies représentent toujours la face émergée de l’iceberg.
Alain Gardère ne devrait pas sauter. Il la bâillait pourtant bien belle le 26 sept. 2011 après un nouveau règlement de comptes dans une cité comme le rapporte Romain Luongo Le sang coulera-t-il dans les cités de Marseille ? (La Provence) dans la Cité des Flamants. « Je vais mettre en place une action forte contre les trafics de drogue. On va les faire tomber petit à petit et ce sera une action systématique. Nous prendrons le temps qu'il faudra et de manière renouvelée, nous agirons. Le problème, c'est que ceux qui sont arrêtés sont remplacés immédiatement. C'est une guerre sans merci. Il faut que les trafiquants se lassent, avec une action en profondeur ». Sauf que les moyens de la police, à Marseille comme ailleurs sont dramatiquement insuffisants.
Mort d'Eric Lales, policier en PACA
La preuve ? Une véritable « semaine sanglante » entre le 28 novembre et le 4 décembre 2011, dont entre autres articles sur le sujet parus dans La Provence, celui-ci donne le résumé Marseille : une semaine à feu et à sang (4 décembre 2011) « Marseille et sa violence exacerbée. En moins d'une semaine, trois fusillades à la kalachnikov l'ont encore placée au coeur de l'actualité. Trois morts, deux blessés graves, dont un policier dont les chances de survie restent toujours très infimes ».
Le malheureux policier, Eric Lales, 37 ans, marié et père de deux petites filles et semble-t-il très apprécié de ses collègues d‘Aix-en-Provence qui espèrent jusqu’à la fin qu’il s’en sortirait n‘aura pas survécu à ses blessures. Touché notamment d’une balle dans la tête et en dépit d’une intervention neurochirurgicale. Je ne peux m’empêcher d’être émue en pensant à ces vies brisées. Non seulement la sienne mais sans doute surtout celles de sa femme et de ses fillettes.
Mais je suis encore plus en colère en lisant la réaction d’un de ses collègues dans La Provence Fusillade de Vitrolles : tout le commissariat d'Aix respire au rythme d'Eric (1er déc. 2011) « Monter cambrioler des bouteilles d'alcool et des surgelés avec une kalachnikov, on va où ? ». Comment ne pas être d’accord avec ses propos ? Parce que c’est exactement cela. Rien à voir avec le grand banditisme sur fond de trafics de drogue ou autres. Juste une bande de minables qui écument les grandes ou moyennes surfaces de la région : un supermarché Intermarché à Saint-Martin-de-Crau et un magasin Picard à Venelles et un autre méfait dans la région d’Aubagne.
Tout cela me laisse néanmoins perplexe. Incontestablement la société actuelle verse dans la barbarie. Impossible de ne pas penser au Freud de « Malaise dans la civilisation » dont j’ai le souvenir qu’il affirmait que rien ne cédait plus vite que la mince couche de vernis culturel - moral si l’on veut.. La bête peut très vite réapparaître derrière l’humain. Par ailleurs, l’histoire nous enseigne que le déchaînement de telles violences - parfois encore pires : il suffit de penser à toutes les atrocités commises à l’époque mérovingienne - n’est nullement particulier à notre époque mais exista de tout temps et tout lieu.
C’est un constat mais nullement une justification, bien au contraire. Il a raison, monsieur le flic : « on va ou ? ». Le pire est toujours possible et si je connaissais le moyen d’arrêter cette spirale infernale, je serais drôlement fortiche.
Je suis interpellée par quelques phrases glanées au fil des articles. Notamment les propos de Jacques Dallest, procureur de la République de Marseille, au sujet de l’utilisation nouvelle des fusils d’assaut : « Il y a une espèce de fascination pour la kalachnikov, c'est un phénomène qui est récent. Mais ce n'est pas propre à Marseille » qui constate par ailleurs « qu’un certain nombre de jeunes veulent en découdre et sont prêts à mettre en péril la vie de fonctionnaires » et constate que ce ne sont pas les plus âgés les plus dangereux : « ce sont les mineurs les plus excités, ceux qui savent qu'ils risquent le moins sur le plan pénal ».
Je puis me tromper mais je ne pense pas qu’en l’occurrence le critère pénal soit en jeu. S’il était aussi dissuasif, nous le saurions depuis longtemps. Même au temps où existait la peine de mort, il empêcha point les criminels de poursuivre leurs desseins. Je ne puis m’empêcher de penser à un article lu il y a déjà pas mal d’années dans Le Monde et qui traitait de la jeune génération des militants terroristes de l’ETA. Beaucoup d’observateurs faisant remarquer que la cause basque leur importait peu. Ils avaient pris goût à la violence et étaient précisément « excités » à l’idée de faire couler le sang de leurs victimes.
Il me semble que nous en sommes là, aujourd’hui, avec ces jeunes. Et c’est sans doute le plus grave. On pourrait gloser à perte de vue, faire appel à la psychanalyse, à la sociologie et tout le tremblement, je ne pense pas que cela ferait beaucoup avancer le schmilblick. Ils sont passés en quelque sorte de l’autre côté du miroir dans un monde sans loi ni repères où la jouissance sadique des pulsions de mort abolit toute conscience du bien et du mal. Ils n’en sont pas moins méprisables.
Le malheureux policier, Eric Lales, 37 ans, marié et père de deux petites filles et semble-t-il très apprécié de ses collègues d‘Aix-en-Provence qui espèrent jusqu’à la fin qu’il s’en sortirait n‘aura pas survécu à ses blessures. Touché notamment d’une balle dans la tête et en dépit d’une intervention neurochirurgicale. Je ne peux m’empêcher d’être émue en pensant à ces vies brisées. Non seulement la sienne mais sans doute surtout celles de sa femme et de ses fillettes.
Mais je suis encore plus en colère en lisant la réaction d’un de ses collègues dans La Provence Fusillade de Vitrolles : tout le commissariat d'Aix respire au rythme d'Eric (1er déc. 2011) « Monter cambrioler des bouteilles d'alcool et des surgelés avec une kalachnikov, on va où ? ». Comment ne pas être d’accord avec ses propos ? Parce que c’est exactement cela. Rien à voir avec le grand banditisme sur fond de trafics de drogue ou autres. Juste une bande de minables qui écument les grandes ou moyennes surfaces de la région : un supermarché Intermarché à Saint-Martin-de-Crau et un magasin Picard à Venelles et un autre méfait dans la région d’Aubagne.
Tout cela me laisse néanmoins perplexe. Incontestablement la société actuelle verse dans la barbarie. Impossible de ne pas penser au Freud de « Malaise dans la civilisation » dont j’ai le souvenir qu’il affirmait que rien ne cédait plus vite que la mince couche de vernis culturel - moral si l’on veut.. La bête peut très vite réapparaître derrière l’humain. Par ailleurs, l’histoire nous enseigne que le déchaînement de telles violences - parfois encore pires : il suffit de penser à toutes les atrocités commises à l’époque mérovingienne - n’est nullement particulier à notre époque mais exista de tout temps et tout lieu.
C’est un constat mais nullement une justification, bien au contraire. Il a raison, monsieur le flic : « on va ou ? ». Le pire est toujours possible et si je connaissais le moyen d’arrêter cette spirale infernale, je serais drôlement fortiche.
Je suis interpellée par quelques phrases glanées au fil des articles. Notamment les propos de Jacques Dallest, procureur de la République de Marseille, au sujet de l’utilisation nouvelle des fusils d’assaut : « Il y a une espèce de fascination pour la kalachnikov, c'est un phénomène qui est récent. Mais ce n'est pas propre à Marseille » qui constate par ailleurs « qu’un certain nombre de jeunes veulent en découdre et sont prêts à mettre en péril la vie de fonctionnaires » et constate que ce ne sont pas les plus âgés les plus dangereux : « ce sont les mineurs les plus excités, ceux qui savent qu'ils risquent le moins sur le plan pénal ».
Je puis me tromper mais je ne pense pas qu’en l’occurrence le critère pénal soit en jeu. S’il était aussi dissuasif, nous le saurions depuis longtemps. Même au temps où existait la peine de mort, il empêcha point les criminels de poursuivre leurs desseins. Je ne puis m’empêcher de penser à un article lu il y a déjà pas mal d’années dans Le Monde et qui traitait de la jeune génération des militants terroristes de l’ETA. Beaucoup d’observateurs faisant remarquer que la cause basque leur importait peu. Ils avaient pris goût à la violence et étaient précisément « excités » à l’idée de faire couler le sang de leurs victimes.
Il me semble que nous en sommes là, aujourd’hui, avec ces jeunes. Et c’est sans doute le plus grave. On pourrait gloser à perte de vue, faire appel à la psychanalyse, à la sociologie et tout le tremblement, je ne pense pas que cela ferait beaucoup avancer le schmilblick. Ils sont passés en quelque sorte de l’autre côté du miroir dans un monde sans loi ni repères où la jouissance sadique des pulsions de mort abolit toute conscience du bien et du mal. Ils n’en sont pas moins méprisables.
Nicolas Sarkozy « au chevet » du policier mort
Je vous dirais qu’un autre fait m’a encore plus outrée et foutu la gerbe en même temps. En lisant une dépêche de l’AFP Contre les kalachnikov des truands, la police bientôt équipée de fusils à pompe (8 déc. 2011).
Nicolas Sarkozy venu sur place et annonçant lui-même à la presse la mort d’Eric Lales. Toujours se mettre en avant. Et cette phrase : « Je me suis rendu à l'hôpital, c'était ses derniers instants de vie, je veux dire bien sûr toute ma compassion à ses parents, à sa famille, pour ses collègues aussi ».
Littéralement obscène. Il se repaît de la mort d’autrui. J’ai immédiatement pensé à un insecte nécrophage et suis allée sur Google. J’ai incontinent trouvé la mouche idoine sur Wikipedia . Cela ne s’invente pas : Sarcophaga carnaria, autrement appelée « mouche grise de la viande ». Rien d’étonnant puisque sarcophage se traduit du grec « qui mange, détruit les chairs ». Il y a même redondance puisque carnaria - la racine n’est pas difficile à traduire : caro, carnis - veut dire chair en latin. Plus trivialement, elle doit assurément être de l’espèce « mouche à merde » selon l’expression courante usitée par les Solognots, les plus raffinés parlant de « mouche à miel ».
Quant aux fusils à pompe, 150 qui seront mis à la disposition des policiers marseillais, même s’ils présentent certains avantages par rapport à leur arme habituelle, cela me paraît cependant aussi ridiculement inapproprié que la vidéo-surveillance. Toujours privilégier les réponses matérielles au détriment des besoins en personnel. De surcroît, ce sera toujours l’éternelle question « du boulet et de la cuirasse ». Ceux qui manient le boulet prenant toujours de l’avance.
Enfin, une dernière remarque. Si les policiers de la BAC avaient agi dans le cadre d’une mission de maintien de l’ordre conventionnelle plutôt que d’être sur l’A7, Eric Lales n’aurait pas pris une balle dans la tête car il eut alors porté son casque, lequel devait vraisemblablement être rangé dans son sac, dans le coffre de la voiture.
Nicolas Sarkozy venu sur place et annonçant lui-même à la presse la mort d’Eric Lales. Toujours se mettre en avant. Et cette phrase : « Je me suis rendu à l'hôpital, c'était ses derniers instants de vie, je veux dire bien sûr toute ma compassion à ses parents, à sa famille, pour ses collègues aussi ».
Littéralement obscène. Il se repaît de la mort d’autrui. J’ai immédiatement pensé à un insecte nécrophage et suis allée sur Google. J’ai incontinent trouvé la mouche idoine sur Wikipedia . Cela ne s’invente pas : Sarcophaga carnaria, autrement appelée « mouche grise de la viande ». Rien d’étonnant puisque sarcophage se traduit du grec « qui mange, détruit les chairs ». Il y a même redondance puisque carnaria - la racine n’est pas difficile à traduire : caro, carnis - veut dire chair en latin. Plus trivialement, elle doit assurément être de l’espèce « mouche à merde » selon l’expression courante usitée par les Solognots, les plus raffinés parlant de « mouche à miel ».
Quant aux fusils à pompe, 150 qui seront mis à la disposition des policiers marseillais, même s’ils présentent certains avantages par rapport à leur arme habituelle, cela me paraît cependant aussi ridiculement inapproprié que la vidéo-surveillance. Toujours privilégier les réponses matérielles au détriment des besoins en personnel. De surcroît, ce sera toujours l’éternelle question « du boulet et de la cuirasse ». Ceux qui manient le boulet prenant toujours de l’avance.
Enfin, une dernière remarque. Si les policiers de la BAC avaient agi dans le cadre d’une mission de maintien de l’ordre conventionnelle plutôt que d’être sur l’A7, Eric Lales n’aurait pas pris une balle dans la tête car il eut alors porté son casque, lequel devait vraisemblablement être rangé dans son sac, dans le coffre de la voiture.
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