Si même Libé comprend qu'il se passe quelque chose à gauche...
Jeudi 11 Juin 2009 à 07:01 | Lu 5199 fois I 17 commentaire(s)
Aimée Joubert et Marc Cohen - Causeur.fr
Un véritable cataclysme d'après Aimée Joubert et Marc Cohen, collaborateurs du site Causeur.fr, le résultat du scrutin aurait même permis à Laurent Joffrin de sortir de sa torpeur idéologique: c'est parce qu'elle a gagné idéologiquement que la sociale-démocratie n'a plus d'avenir politique.
Décidément ce scrutin européen n’aura pas été avare de surprises. La dernière en date et pas la moindre nous vient de quelqu’un que nous avons abondamment moqué ici : Laurent Joffrin, qui est soudain sorti de sa torpeur idéologique, a balancé aux orties ses œillères binaristes et renoué avec un sens de la complexité dont on le croyait définitivement privé. À preuve, l’édito qu’il a publié ce matin dans Libé, d’une profondeur de vue réelle, et qui commence ainsi : « La social-démocratie perd parce qu’elle a gagné. »
L’objet du papier est donc la crise de la gauche européenne, laminée d’après lui par la Crise avec un C majuscule. Et plus précisément laminée par les vigoureuses réponses étatistes mises en place l’automne dernier par nos dirigeants européens, pourtant supposés « ultralibéraux » (notamment Sarkozy et Merkel, donc, mais aussi Barroso). Non seulement, nous explique Laurent Joffrin, ceux-ci ont évité le pire (un remake aggravé de la crise de 1929), mais ils ont au passage siphonné le fond de commerce de la gauche tradi : « Sarkozy est-il ultralibéral quand il fait sauter sans hésitation la plupart des normes monétaires et budgétaires en vigueur ? En caricaturant l’adversaire, on se caricature soi-même».
L’objet du papier est donc la crise de la gauche européenne, laminée d’après lui par la Crise avec un C majuscule. Et plus précisément laminée par les vigoureuses réponses étatistes mises en place l’automne dernier par nos dirigeants européens, pourtant supposés « ultralibéraux » (notamment Sarkozy et Merkel, donc, mais aussi Barroso). Non seulement, nous explique Laurent Joffrin, ceux-ci ont évité le pire (un remake aggravé de la crise de 1929), mais ils ont au passage siphonné le fond de commerce de la gauche tradi : « Sarkozy est-il ultralibéral quand il fait sauter sans hésitation la plupart des normes monétaires et budgétaires en vigueur ? En caricaturant l’adversaire, on se caricature soi-même».
Un délire sarkophobe pas à la hauteur des enjeux
À notre avis, c’est justement cette caricature de l’Autre et donc d’eux-mêmes qui a servi de viatique électoral aux socialistes européens, et notamment français. Qu’on se souvienne (Joffrin a préféré l’oublier, mais bon, on ne va pas trop lui en demander non plus) du piteux délire sarkophobe et bobocentré du Zénith des Libertés, en plein essor du mouvement social. Qu’on se souvienne aussi de l’argument massue du PS pour le 7 juin « Contre l’Europe de Sarkozy et Barroso ». Face à l’ampleur des problèmes, face aux questions et aux angoisses de l’électorat populaire, l’argument était un peu court, même agrémenté d’une magnifique photo en gros plan d’Harlem Désir, Catherine Trautmann ou Vincent Peillon. Comme le dit Joffrin : « La gauche de gouvernement, déjà usée par les compromis pratiqués lors de ses passages au pouvoir, se retrouve sans voix, sur la scène publique comme dans les urnes. Son programme historique a été réalisé pour l’essentiel: elle n’en a plus. C’est la raison profonde de la crise structurelle des socialistes européens». Le diagnostic est glaçant, et nous le partageons.
Lire la suite sur le site de causeur.fr
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