Si la Belgique éclatait, la note serait salée
Mercredi 10 Septembre 2008 à 08:24 | Lu 9559 fois I 38 commentaire(s)
Gérald Andrieu
Un ancien collaborateur de deux ministres de l’Economie estime que l’éclatement de la Belgique coûterait 7,2 milliards d’euros par an. Un luxe que le pays ne peut pas décemment s’offrir.
Rudy Aernoudt est en croisade : il veut convaincre ses concitoyens que la scission de la Belgique est une aberration. Lui qui a été successivement à la tête des cabinets de deux ministres libéraux de l’Economie (l’un wallon et l’autre flamand) tente depuis des années de démonter les arguments des partisans de l’éclatement du pays. Et il vient de remettre le couvert dans le journal Le Soir. Cette fois, il frappe là où ça fait mal : au porte-monnaie.
Rudy Aernoudt a tout simplement calculé le coût financier que pourrait engendrer la scission de la Belgique. Et la note s’avère très salée : si le pays venait à divorcer en trois régions distinctes (la Flandre, la Wallonie et Bruxelles), cela coûterait, chaque année, aux Belges, la bagatelle de 7,2 milliards, soit pas moins de 2,3% du PIB ! Ce chiffre, qu’il convient de prendre avec des pincettes, a tout même de quoi refroidir sérieusement les ardeurs scissionnistes.
Aucune région ne mourra
mais toutes seront touchées
D’autant que Rudy Aernoudt ne s’arrête pas là. Il estime également, qu’en cas d’autonomie, aucune région ne serait épargnée, pas même la réputée très travailleuse Flandre. En revanche, il précise que c’est la Wallonie qui serait la plus touchée et pourrait devoir gérer une ardoise annuelle de 4,89 milliards d’euros. Outre ce trou abyssal dans ses finances, Rudy Aernoudt évoque une autre fâcheuse conséquence pour la région francophone si elle venait à se retrouver isolée du Nord. Selon lui, le nombre de Wallons sous le seuil de pauvreté passerait de 16 à 27%.
Avec ces chiffres, on pourrait estimer que Rudy Aernoudt apporte de l’eau au moulin des séparatistes. Mais en apôtre de la "belgitude", Rudy Aernoudt ne s’est pas contenté d’évaluer le coût financier de l’éclatement du plat pays. Il s’est aussi penché sur une autre hypothèse. Elle tient en quelques mots. Imaginons que le système fédéral actuel soit rendu "plus efficace" qu’il ne l’est aujourd’hui. Si, par exemple, les dépenses inutiles causées par le chevauchement des compétences étaient traquées une à une. Et si encore les "100 000 à 200 000 chômeurs wallons" acceptaient "les 150 000 emplois vacants en Flandre". Bref, si la Belgique tournait avec la rectitude d’une montre suisse, le plat pays pourrait épargner près de 14 milliards d’euros chaque année.
La plupart des commentateurs politiques belges contestent les chiffres et la méthode utilisés par Rudy Aernoudt. En revanche, ses conclusions sont, elles, très partagées : le divorce est un luxe que la Belgique ne peut s’offrir. Elle va devoir continuer à faire vivre le mariage de raison qui la constitue…
Rudy Aernoudt a tout simplement calculé le coût financier que pourrait engendrer la scission de la Belgique. Et la note s’avère très salée : si le pays venait à divorcer en trois régions distinctes (la Flandre, la Wallonie et Bruxelles), cela coûterait, chaque année, aux Belges, la bagatelle de 7,2 milliards, soit pas moins de 2,3% du PIB ! Ce chiffre, qu’il convient de prendre avec des pincettes, a tout même de quoi refroidir sérieusement les ardeurs scissionnistes.
Aucune région ne mourra
mais toutes seront touchées
D’autant que Rudy Aernoudt ne s’arrête pas là. Il estime également, qu’en cas d’autonomie, aucune région ne serait épargnée, pas même la réputée très travailleuse Flandre. En revanche, il précise que c’est la Wallonie qui serait la plus touchée et pourrait devoir gérer une ardoise annuelle de 4,89 milliards d’euros. Outre ce trou abyssal dans ses finances, Rudy Aernoudt évoque une autre fâcheuse conséquence pour la région francophone si elle venait à se retrouver isolée du Nord. Selon lui, le nombre de Wallons sous le seuil de pauvreté passerait de 16 à 27%.
Avec ces chiffres, on pourrait estimer que Rudy Aernoudt apporte de l’eau au moulin des séparatistes. Mais en apôtre de la "belgitude", Rudy Aernoudt ne s’est pas contenté d’évaluer le coût financier de l’éclatement du plat pays. Il s’est aussi penché sur une autre hypothèse. Elle tient en quelques mots. Imaginons que le système fédéral actuel soit rendu "plus efficace" qu’il ne l’est aujourd’hui. Si, par exemple, les dépenses inutiles causées par le chevauchement des compétences étaient traquées une à une. Et si encore les "100 000 à 200 000 chômeurs wallons" acceptaient "les 150 000 emplois vacants en Flandre". Bref, si la Belgique tournait avec la rectitude d’une montre suisse, le plat pays pourrait épargner près de 14 milliards d’euros chaque année.
La plupart des commentateurs politiques belges contestent les chiffres et la méthode utilisés par Rudy Aernoudt. En revanche, ses conclusions sont, elles, très partagées : le divorce est un luxe que la Belgique ne peut s’offrir. Elle va devoir continuer à faire vivre le mariage de raison qui la constitue…
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