Si j'étais le spin doctor de... Martine Aubry
Lundi 7 Avril 2008 à 00:05 | Lu 9332 fois I 15 commentaire(s)
Luc Mandret
Dans le costume du «spin doctor» à l'américaine, Luc Mandret, jeune blogueur impertinent, déringuardise les politiques.
Martine Aubry, la maire de Lille, facilement réélue dans la capitale du Nord, notamment par un accord de second tour avec le MoDem. Petit tour d'une femme et de sa politique.
Stop aux mauvaises habitudes alimentaires
Premier déficit de popularité de Martine Aubry : son image. Politique tout d'abord, et j'y reviendrai plus tard. Mais également son apparence physique et son caractère. Un physique banal et pas très sexy, presque transparent. Certes, Martine Aubry refuse le diktat de l'apparence et le reproche souvent à ses adversaires politiques, Ségolène Royal au premier plan. Pourtant, peu de choses suffiraient pour transformer Martine, de la bonne copine en executive woman. Passage chez un bon coiffeur pour une coupe qui ressemble à quelque chose: quelques centimètres de plus en longueur, une coloration châtain avec de légères mèches ton sur ton. On aboutirait ainsi à un visage plus affiné, mettant en valeur des yeux qu'elle a fort jolis. Passage ensuite dans les boutiques de vêtements : avec des chaussures à talons et des vestes cintrées, Martine Aubry prendrait de la hauteur et sa silhouette deviendrait plus élancée. Oserait-elle les couleurs (sobres mais inattendues) qu'elle perdrait quelques années. Enfin, il y a un grand mystère quant à ce que Martine Aubry a fait à son visage. Chirurgie guère réussie ? Trop de nourriture ? Le fait est que son visage est flasque. Il faut perdre tout de suite ces mauvaises habitudes.
Larguer le boulet des 35 heures
Un caractère difficile à gérer, sec et quelque peu autoritaire, notamment véhiculé par le fait que Martine Aubry bénéficie d'une capacité de travail monumentale, et demande les mêmes qualités à ses proches. Malheureusement cela transparaît dans ses apparitions. Quelques cours de media training seraient les bienvenus, afin qu'elle se détende et n'effraie pas ses spectateurs.
Il semble impératif que Martine Aubry, femme ô combien brillante et intelligente, cesse de traîner derrière elle un énorme boulet : les 35 heures. Pas question ici de disserter sur les bienfaits ou non de cette réforme. Mais inconsciemment, les français pensent une seule chose en voyant, en entendant Martine Aubry : les 35 heures. Deux étapes pour se libérer de ce poids. Tout d'abord un faux lapsus et une avancée. Il lui faut un faux lapsus (totalement téléguidé) montrant des remords sur cette réforme. Résultat, on reparle des 35 heures, elle prend la main, devient incontournable durant quelques jours, on se bat pour connaître le fond de sa pensée. Vient l'avancée : il lui faut surprendre tout le monde en ne parlant pas des 35 heures, mais d'une nouvelle réforme du travail, de propositions à marteler.
Se repositionner à la droite du PS
Combien de fois a-t-on pu entendre de Martine Aubry qu'elle est un véritable mystère sur la scène politique française. Que veut-elle ? Ou va-t-elle ? Que pense-t-elle ? Que vise-t-elle ? Son animosité (voire sa haine) envers Ségolène Royal ne fait aucun mystère. Aubry conchie cette politique de la démagogie et de la communication. Mais elle aime le pouvoir, et hurle de voir moins brillant qu'elle mieux réussir. Mais pour revenir sur le devant de la scène, elle devra casser son positionnement politique au sein du PS. Ce qu'elle semble avoir commencé à faire d'ailleurs. Longtemps Martine positionnée au centre de l'échiquier politique socialiste. A sa gauche, Mélenchon, Emmanuelli ou Hamon, voire même Montebourg ; à sa droite des Strauss-Kahn, Royal, Cambadélis ou Valls. Lors des décisions et attributions des postes au sein du Parti Socialiste, la pomme se coupait environ au centre, une moitié à la gauche du PS, la seconde à la droite, et rien ou presque pour le centre. En acceptant une alliance de second tour avec le MoDem, Aubry semble vouloir se repositionner à la droite de l'échiquier politique socialiste. En piétinant les plate-bandes de Ségolène Royal, Martine Aubry va vouloir prendre la place toute chaude en l'éradiquant sur le domaine des idées. Obligeant Royal à se trouver une autre place. Car le prochain congrès du PS se jouera sur le terrain des problématiques et du débat de fond. Et l'on ne pourrait que conseiller une alliance avec Delanoë : le maire de Paris occupant la gauche du PS, la maire de Lille la droite. Leurs forces en commun, ils pourraient se positionner comme les rassembleurs d'un large éventail des chapelles idéologiques.
Mobiliser les réseaux
Enfin et pour revenir définitivement sur le devant de la scène, Martine Aubry va devoir s'emparer d'un véritable sujet, un cheval de bataille. Tout se joue sur une problématique: l'insécurité en 2002, le pouvoir d'achat en 2007. Il lui faut un sujet de présidentielles. Le pouvoir d'achat serait une erreur : trop de personnes se le sont déjà approprié. Eviter aussi les sujets polémiques susceptibles de diviser. Exit donc l'immigration, les sans-papiers, l'Europe. Alors, pourquoi pas le logement, un sujet consensuel à souhait, pouvant rassembler de l'extrême gauche au centre droit, compréhensible en quelques phrases par tous les français, tous les français. Elle devra ensuite convaincre ses amitiés, nombreuses au sein de nombreux lobbies et appareils de pouvoir, mettre en ordre de bataille ses réseaux qui devraient lui ouvrir très facilement les portes des médias. Avec son nouveau look et un sujet phare, rien ne pourra arrêter Martine Aubry si elle utilise ses nombreuses armes : son extrême intelligence, son regard de tueuse et son sourire enjôleur.
Et vous, si vous étiez le spin doctor de Martine Aubry, que lui conseilleriez-vous ?
Demain, découvrez les conseils de Luc Mandret à Rachida Dati]b.
Retrouvez ici le blog de Luc Mandret.
Stop aux mauvaises habitudes alimentaires
Premier déficit de popularité de Martine Aubry : son image. Politique tout d'abord, et j'y reviendrai plus tard. Mais également son apparence physique et son caractère. Un physique banal et pas très sexy, presque transparent. Certes, Martine Aubry refuse le diktat de l'apparence et le reproche souvent à ses adversaires politiques, Ségolène Royal au premier plan. Pourtant, peu de choses suffiraient pour transformer Martine, de la bonne copine en executive woman. Passage chez un bon coiffeur pour une coupe qui ressemble à quelque chose: quelques centimètres de plus en longueur, une coloration châtain avec de légères mèches ton sur ton. On aboutirait ainsi à un visage plus affiné, mettant en valeur des yeux qu'elle a fort jolis. Passage ensuite dans les boutiques de vêtements : avec des chaussures à talons et des vestes cintrées, Martine Aubry prendrait de la hauteur et sa silhouette deviendrait plus élancée. Oserait-elle les couleurs (sobres mais inattendues) qu'elle perdrait quelques années. Enfin, il y a un grand mystère quant à ce que Martine Aubry a fait à son visage. Chirurgie guère réussie ? Trop de nourriture ? Le fait est que son visage est flasque. Il faut perdre tout de suite ces mauvaises habitudes.
Larguer le boulet des 35 heures
Un caractère difficile à gérer, sec et quelque peu autoritaire, notamment véhiculé par le fait que Martine Aubry bénéficie d'une capacité de travail monumentale, et demande les mêmes qualités à ses proches. Malheureusement cela transparaît dans ses apparitions. Quelques cours de media training seraient les bienvenus, afin qu'elle se détende et n'effraie pas ses spectateurs.
Il semble impératif que Martine Aubry, femme ô combien brillante et intelligente, cesse de traîner derrière elle un énorme boulet : les 35 heures. Pas question ici de disserter sur les bienfaits ou non de cette réforme. Mais inconsciemment, les français pensent une seule chose en voyant, en entendant Martine Aubry : les 35 heures. Deux étapes pour se libérer de ce poids. Tout d'abord un faux lapsus et une avancée. Il lui faut un faux lapsus (totalement téléguidé) montrant des remords sur cette réforme. Résultat, on reparle des 35 heures, elle prend la main, devient incontournable durant quelques jours, on se bat pour connaître le fond de sa pensée. Vient l'avancée : il lui faut surprendre tout le monde en ne parlant pas des 35 heures, mais d'une nouvelle réforme du travail, de propositions à marteler.
Se repositionner à la droite du PS
Combien de fois a-t-on pu entendre de Martine Aubry qu'elle est un véritable mystère sur la scène politique française. Que veut-elle ? Ou va-t-elle ? Que pense-t-elle ? Que vise-t-elle ? Son animosité (voire sa haine) envers Ségolène Royal ne fait aucun mystère. Aubry conchie cette politique de la démagogie et de la communication. Mais elle aime le pouvoir, et hurle de voir moins brillant qu'elle mieux réussir. Mais pour revenir sur le devant de la scène, elle devra casser son positionnement politique au sein du PS. Ce qu'elle semble avoir commencé à faire d'ailleurs. Longtemps Martine positionnée au centre de l'échiquier politique socialiste. A sa gauche, Mélenchon, Emmanuelli ou Hamon, voire même Montebourg ; à sa droite des Strauss-Kahn, Royal, Cambadélis ou Valls. Lors des décisions et attributions des postes au sein du Parti Socialiste, la pomme se coupait environ au centre, une moitié à la gauche du PS, la seconde à la droite, et rien ou presque pour le centre. En acceptant une alliance de second tour avec le MoDem, Aubry semble vouloir se repositionner à la droite de l'échiquier politique socialiste. En piétinant les plate-bandes de Ségolène Royal, Martine Aubry va vouloir prendre la place toute chaude en l'éradiquant sur le domaine des idées. Obligeant Royal à se trouver une autre place. Car le prochain congrès du PS se jouera sur le terrain des problématiques et du débat de fond. Et l'on ne pourrait que conseiller une alliance avec Delanoë : le maire de Paris occupant la gauche du PS, la maire de Lille la droite. Leurs forces en commun, ils pourraient se positionner comme les rassembleurs d'un large éventail des chapelles idéologiques.
Mobiliser les réseaux
Enfin et pour revenir définitivement sur le devant de la scène, Martine Aubry va devoir s'emparer d'un véritable sujet, un cheval de bataille. Tout se joue sur une problématique: l'insécurité en 2002, le pouvoir d'achat en 2007. Il lui faut un sujet de présidentielles. Le pouvoir d'achat serait une erreur : trop de personnes se le sont déjà approprié. Eviter aussi les sujets polémiques susceptibles de diviser. Exit donc l'immigration, les sans-papiers, l'Europe. Alors, pourquoi pas le logement, un sujet consensuel à souhait, pouvant rassembler de l'extrême gauche au centre droit, compréhensible en quelques phrases par tous les français, tous les français. Elle devra ensuite convaincre ses amitiés, nombreuses au sein de nombreux lobbies et appareils de pouvoir, mettre en ordre de bataille ses réseaux qui devraient lui ouvrir très facilement les portes des médias. Avec son nouveau look et un sujet phare, rien ne pourra arrêter Martine Aubry si elle utilise ses nombreuses armes : son extrême intelligence, son regard de tueuse et son sourire enjôleur.
Et vous, si vous étiez le spin doctor de Martine Aubry, que lui conseilleriez-vous ?
Demain, découvrez les conseils de Luc Mandret à Rachida Dati]b.
Retrouvez ici le blog de Luc Mandret.
Voir les 15 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter