Si Sardou vote Hollande, Sarkozy est vraiment foutu...
Mercredi 26 Octobre 2011 à 18:01 | Lu 22858 fois I 42 commentaire(s)
David Desgouilles - blogueur associé
Déçu par le Président, Michel Sardou a déclaré au Parisien qu'il ne soutenait plus Sarkozy, n'excluant même plus un vote à gauche. Ce revirement politique ne surprend pas David Desgouilles pour lequel le clivage droite gauche ne signifie plus grand chose aujourd'hui.
(Delsaut - Wikimedia commons)
Michel Sardou est un grand naïf. Je me souviens d’un Sept sur Sept de 1993. Il était l’invité d’Anne Sinclair et il avait espéré tout haut qu’Edouard Balladur, premier ministre de la seconde cohabitation, deviendrait ensuite celui d’un Jacques Chirac élu deux ans plus tard. Pourtant très jeune, j’avais trouvé bien candide ce conscrit de mon père, qui côtoyait tout ce beau linge bien davantage que le jeune militant provincial que j’étais (1).
Près de vingt ans après, cette touchante naïveté n’a pas disparu. Sardou narre avec étonnement sa « convocation » à l’Elysée après qu’il eût des mots sévères envers l’hôte des lieux. Cela doit faire plus de trente ans qu’il connaît Nicolas Sarkozy, et il découvre comment fonctionne le personnage. Bernard-Henry Lévy avait expliqué, sur France Info il y a deux ans environ, sa relation au Président en ces termes : « On est avec lui ou contre lui. Il ne peut pas imaginer qu’on soit son ami et qu’on ne le soutienne pas politiquement ». Et BHL d’ajouter qu’il savait lui, dissocier amitié et proximité politique, ce qui l’avait amené à soutenir Royal en 2007 malgré son amitié pour Nicolas Sarkozy, ce dernier ne pouvant l’accepter. Sardou, l’ami, découvre aujourd’hui ce trait de caractère -guère flatteur- du Président. Sardou l’électeur, en revanche, semble déjà déçu depuis quelques mois. Dans un entretien accordé au Parisien en mai 2010, il n’était déjà guère tendre avec le Président : « J’y ai cru, je n’y crois plus. Quand on vous promet quatorze réformes et que l’on en fait pas une…Je suis déçu. » Au point qu’aujourd’hui, lorsqu’on lui demande s’il pourrait voter à gauche, il répond : « Pourquoi pas ? »
Près de vingt ans après, cette touchante naïveté n’a pas disparu. Sardou narre avec étonnement sa « convocation » à l’Elysée après qu’il eût des mots sévères envers l’hôte des lieux. Cela doit faire plus de trente ans qu’il connaît Nicolas Sarkozy, et il découvre comment fonctionne le personnage. Bernard-Henry Lévy avait expliqué, sur France Info il y a deux ans environ, sa relation au Président en ces termes : « On est avec lui ou contre lui. Il ne peut pas imaginer qu’on soit son ami et qu’on ne le soutienne pas politiquement ». Et BHL d’ajouter qu’il savait lui, dissocier amitié et proximité politique, ce qui l’avait amené à soutenir Royal en 2007 malgré son amitié pour Nicolas Sarkozy, ce dernier ne pouvant l’accepter. Sardou, l’ami, découvre aujourd’hui ce trait de caractère -guère flatteur- du Président. Sardou l’électeur, en revanche, semble déjà déçu depuis quelques mois. Dans un entretien accordé au Parisien en mai 2010, il n’était déjà guère tendre avec le Président : « J’y ai cru, je n’y crois plus. Quand on vous promet quatorze réformes et que l’on en fait pas une…Je suis déçu. » Au point qu’aujourd’hui, lorsqu’on lui demande s’il pourrait voter à gauche, il répond : « Pourquoi pas ? »
Un clivage droite gauche qui n'existe plus
Et là, les amis, c’est quand même une révolution. Fermez les yeux et imaginez l’auteur du « Temps des Colonies », de « Je suis pour », des « Deux écoles » et de « Vladimir Illitch » dans l’isoloir écarter le bulletin de Nicolas Sarkozy pour glisser celui de François Hollande dans l’enveloppe. Je le fais en même temps que vous. Vous y parvenez ? J’y suis parvenu sans peine. Non, je ne me drogue pas ! Et vous aussi, vous y êtes arrivés, ne mentez pas ! Parce que voter à gauche lorsqu’on est de droite en 2012, parce qu’on ne croit pas -ou qu’on ne croit plus- à son candidat, c’est aussi facile que voter à droite quand on était de gauche en 2007 parce qu’on n’imaginait pas sa candidate présidente. Parce que ce qui était inimaginable en 1974 ou en 1981 quand le clivage droite-gauche signifiait encore quelque chose, ne l’est plus à notre époque.
Ceci nous le savions déjà si on avait étudié les campagnes référendaires de 1992 et de 2005, lorsqu’on tentait d’expliquer les raisons qui poussent des ouvriers votant autrefois pour le PCF à choisir Marine Le Pen ou que, plus récemment, le projet démondialisateur d’Arnaud Montebourg intéressait, voire mobilisait, au delà des sympathisants socialistes. Mais le fait qu’un chanteur aussi populaire que Sardou envisage aussi crûment de voter à gauche constitue un signe dans les deux sens du terme. Le signe de l’obsolescence politique de ce clivage, mais aussi un signe las adressé à tous les fans de l’auteur du « France » : « Je suis comme vous, j’ai compris, ils défendent la même politique. Désormais, je fais comme vous, je zappe !».
(1) Sardou, pas mon père !
Ceci nous le savions déjà si on avait étudié les campagnes référendaires de 1992 et de 2005, lorsqu’on tentait d’expliquer les raisons qui poussent des ouvriers votant autrefois pour le PCF à choisir Marine Le Pen ou que, plus récemment, le projet démondialisateur d’Arnaud Montebourg intéressait, voire mobilisait, au delà des sympathisants socialistes. Mais le fait qu’un chanteur aussi populaire que Sardou envisage aussi crûment de voter à gauche constitue un signe dans les deux sens du terme. Le signe de l’obsolescence politique de ce clivage, mais aussi un signe las adressé à tous les fans de l’auteur du « France » : « Je suis comme vous, j’ai compris, ils défendent la même politique. Désormais, je fais comme vous, je zappe !».
(1) Sardou, pas mon père !
Retrouvez les autres articles de David Desgouilles sur son blog.
Voir les 42 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72

Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter