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Séveno, « l’ami » de Djouhri, quitte ses fonctions à République solidaire

Mercredi 21 Septembre 2011 à 17:45 | Lu 8746 fois I 0 commentaire(s)

Laureline Dupont - Marianne

Intronisé numéro 3 de République solidaire deux mois plus tôt, Hervé Séveno, proche d'Aexandre Djouhri, vient d'annoncer qu'il quittait ses fonctions pour se consacrer à la « consultation » des patrons de PME. Inattendu.


Aussitôt nommé, aussitôt démissionnaire. Hervé Séveno, « ami et attaché de presse », du très controversé Alexandre Djouhri, selon les mots de Pierre Péan, l'auteur de la République des mallettes, a annoncé son départ du secrétariat général adjoint de République solidaire dans un communiqué de presse envoyé le 20 septembre aux militants villepinistes, et passé pour l’heure inaperçu. 

Nommé le 7 juillet dernier à ce poste par Dominique de Villepin, cet ancien policier, professionnel de l’intelligence économique, avait pour mission de remettre un peu d’ordre et de professionnalisme dans le mouvement. Plusieurs cadres espéraient voir cette désignation s’accompagner d’un affaiblissement du leadership de Brigitte Girardin. Le Bureau politique du 19 septembre, auquel Séveno était présent, devait officialiser sa prise de fonction attendue par de nombreux responsables RS. Au lieu de ça, Villepin a présenté aux journalistes sa nouvelle équipe, sans jamais prononcer le nom de Séveno. Le lendemain, ce dernier annonçait sa démission et son « engagement auprès des patrons de PME-PMI ». Un scénario inattendu et très éloigné de celui prévu quelques semaines plus tôt. 

« République solidaire, sous la direction de Jean-Pierre Grand, doit réorganiser son fonctionnement, argue Séveno contacté par Marianne2. Je reste à sa disposition et je suis toujours membre de RS. » Membre ? Certes, mais désormais invisible dans l’organigramme du Bureau politique du mouvement. Officiellement, Séveno va désormais faire du lobbying en faveur des PME. « Il me paraissait logique de remettre en jeu les fonctions qui m’étaient attribuées par Dominique de Villepin dès lors qu’il quitte la présidence du parti. » Sauf que, sitôt Villepin libéré de la présidence de son parti, un nouveau président ainsi qu’un nouveau secrétaire général ont été nommés. Dans ces conditions, la logique aurait voulu que le secrétaire général adjoint, numéro 3 du parti, soit également désigné dans la foulée. 

« Mon souhait de m’engager auprès des patrons de PME est un vieux projet, lance Séveno comme pour couper l’herbe sous le pied de ceux qui jugeraient sa démission un peu précipitée. J’espère pouvoir faire entendre la voix de cette force économique majeure de notre pays. » Mais pourquoi si soudainement ? 

Et si Dominique de Villepin tentait tout simplement de faire le ménage au sein de République solidaire ? Sa proximité avec Alexandre Djouhri, décrit par Péan comme un intermédiaire nomade, chargé d’apporter sur un plateau des contrats d’Etat permettant l’octroi de rétrocommissions pour financer la vie politique, lui porte préjudice. Souhaite-t-il déconnecter au maximum République solidaire de Djouhri et des « affaires » et décourager les malveillants qui auraient l'idée de fourrer leur nez dans les comptes du parti ? On peut légitimement se poser la question. 
De son côté, Séveno réfute tout « lien économique avec Alexandre Djouhri » et s’énerve : « Vous allez très loin dans l’analyse ! Je n'avais pas compris que vous alliez m'interroger sur le livre de Pierre Péan que j'appelle Pierre Néant. Que les choses soient claires, je ne suis pas arrivé à RS par l’intermédiaire de Djouhri, ce sont des amalgames douteux. Je n'accepterais pas d'être mis en cause mal à propos et que mon départ du secrétariat général adjoint soit relié d'une quelconque manière à ma vie privée. » 

Monsieur Hervé Séveno nous répond :

« Un article publié depuis le 21 septembre 2011 sur votre site sous le titre « Séveno, « l’ami » de Djouhri, quitte ses fonctions à République Solidaire » me met en cause dans des conditions qui me conduisent à vous demander de porter à la connaissance de vos lecteurs que c’est à la demande du Président de République Solidaire que j’ai accepté, en juillet dernier, de prendre les fonctions de Secrétaire Général adjoint de République Solidaire. Il est donc naturel et légitime que je remette en cause mes fonctions dès lors que le Président qui m’a sollicité démissionne. Toute autre interprétation ou insinuation relève de la pure invention, sans aucun rapport avec la réalité ».







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