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Serge Dassault : Kadhafi est chaleureux !Bernard Maris | Mercredi 12 Décembre 2007 à 07:36 | Lu 11838 fois
Pur la première fois, le PDG de Dassault a pu exporter ses coûteux Rafale. Cela mérite bien quelques compliments.
Le chef d’Etat libyen prend, mercredi 12 décembre, son petit déjeuner, organisé par le Medef au Ritz, avec une centaine de patrons adhérents. « Pecunia non olet », l’argent n’a pas d’odeur disaient les Romains, l’argent est neutre disent les économistes. L’argent a d’autant moins d’odeur qu’il s’agit d’affaires militaires, autrement dit de marchandises qui ne servent pas à tuer, mais à sauver des vies, à éviter la guerre. Les achats de la Libye vont faire du bien non seulement à l’aéronautique civile, avec la commande de 21 Airbus, mais à l’aéronautique militaire avec la commande d’avions de combat Rafale et de 35 hélicoptères fabriqués par l’européen Eurocopter. Eurocopter est une filiale d’EADS. Mais contrairement à Airbus qui envisage de se délocaliser en zone dollar, Eurocopter fabrique depuis longtemps ses appareils en collaboration avec les acheteurs locaux. C’est ainsi qu’il a pu équiper une partie de l’armée américaine pour des petits et moyens hélicos. Il travaille également en collaboration avec le chinois Chinese Avic II pour produire un hélico de 7 tonnes capable de transporter 15 personnes. Tout ça pour vous dire que cette belle invention française, qui, entre parenthèses, est aussi une horreur écologique, rapportera de l’argent à la France, certes, mais créera pas mal d’emplois au Texas ou en Chine.
C’est différent pour les Rafale... que la France, en plus, n’a pas encore réussi à exporter... L’achat des Rafale par la Lybie tombe à point pour garnir le carnet de commandes d’un groupe qui n’arrivait pas à les vendre, sauf à l’armée française. L’armée, le budget de la défense, a commandé 296 Rafales. Le Maroc devait acheter des Rafales, mais a préféré au dernier moment des F 16 américains. Le ministre de la défense, Hervé Morin avait déclaré qu’il était trop cher et trop compliqué pour expliquer l’échec commercial du Rafale. C’est vrai qu’il coûte 50 millions d’euros à l’unité, mais que son « coût budgétaire » (si vous ajoutez le développement et le soutien après vente) est de 96 millions d’euros (le double). Soit près de cent millions à la charge du contribuable... Et que pense le patron du groupe Dassault du Colonel Kadhafi ? Eh bien Monsieur Dassault l’a jugé «assez chaleureux, plus chaleureux qu’il ne le pensait.» A cinquante ou cent millions d’euros l’unité vendue, on sent la température monter. Nota bene : Dassault avait vendu 17 Mirages F1 à la Lybie en 1970 qui n’avait pas décollé faut de pièces détachées. Peut-être Monsieur Dassault vend-il ses Rafale en espérant qu’ils ne décolleront jamais. ------- Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.
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