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Sénatoriales : Mélenchon joue à la « dégonfle »

Mercredi 3 Août 2011 à 12:01 | Lu 16351 fois I 0 commentaire(s)

Chloé Demoulin - Marianne

Ecarté des positions éligibles par « l'union de la gauche » et menacé de disparaître du Sénat, le parti de Jean-Luc Mélenchon réplique et évoque la présentation de listes dissidentes en Ile-de-France. Un petit jeu sans conséquences ?


Rira bien qui rira le dernier. Ce pourrait être le slogan des prochaines sénatoriales qui se tiendront en septembre. Certes, à droite, Pierre Charon – conseiller en communication déchu de Nicolas Sarkozy – fait  trembler l’UMP en menaçant de présenter une liste dissidente à Paris. Mais en matière de bisbilles, malgré les apparences, la gauche n’est pas en reste. 

Cette fois, c’est de Jean-Luc Mélenchon et de son Parti de gauche (PG) que vient la fronde. Ecarté de la cuisine interne de « l’union de la gauche » menée par le PS, le PCF et Europe-Ecologie-Les Verts (EELV), le PG menace lui aussi de présenter une liste concurrente dans la capitale. Ce qui risque de coûter un siège de sénateur au chef du PCF, Pierre Laurent, qui occupe la neuvième place en position éligible sur la liste d’union.

Raison invoquée ? Dans le traditionnel marchandage qui précède toute élection, les socialistes, les communistes et les écologistes ont vraisemblablement fait leur tambouille dans leur coin. Résultat, ils n’ont pas daigné laisser de positions éligibles à leurs petits camarades du PG, qui risquent de disparaître de facto du Sénat. Mais à ce petit jeu, le PG ne compte pas se laisser faire.

Coup de pression

« On est modeste » se défend Alexis Corbière, secrétaire national du PG, pour qui « le minimum » serait que « les (deux) élus sortant soient reconduits ». « Ce qu’ils nous proposent, c’est que nous disparaissions », s’emporte-t-il, soupçonnant le PS de vouloir priver le PG de toute représentation politique en cas de victoire de la gauche aux sénatoriales.

La stratégie de « nuisance » lancée à Paris devrait donc être étendue au reste de l’Ile-de-France - sauf dans le 93 et le 94, où les grands électeurs sont traditionnellement acquis au PCF. Mais à vrai dire, ce coup de pression vise essentiellement l’Essonne (91) où le PG veut absolument sauvegarder le siège de sa sénatrice sortante, Marie-Agnès Labarre.

C’est précisément dans l’ex fief de Jean- Luc Mélenchon - après quelques petits arrangements politiques pris au niveau national et autres considérations paritaires - que « l’union de gauche » a « oublié » le PG en se créant une liste sur mesure. « Encore en juin, témoigne un militant du 91, Michel Berson (PS bien implanté, ndlr) devait prendre la tête de liste et Marie-Agnès Labarre aurait été rééligible en seconde position ». Mais c’était sans compter avec le « parachutage » du N°2 de EELV, Jean-Vincent Placé, en tant que tête de liste, suivi de près, en deuxième position, par la sénatrice PS, Claire-Lise Campion (parité oblige) et en troisième position par le communiste Bernard Verra.

Sacrifices côté PS

« Pas très gentil » peut-on lire du côté des militants du PCF qui jugent que Jean-Luc Mélenchon n’est pas très reconnaissant « maintenant qu’il est candidat à la présidentielle » du Front de gauche. Pourtant la menace de candidatures dissidentes présentées par le PG plane depuis des mois, bien avant que le PCF n’adoube son champion pour 2012. Ce serait « le baiser de Judas ! » s'était déjà inquiétée en mai dernier, Lydie Benoit, chargée des élections du PCF.

« C’est comme avec les grèves, explique un sympathisant du PG de Paris, le PCF est en position de force. Pourquoi ils négocieraient avec nous ? Si la gauche perd, il nous rendrons responsables. Et si elle gagne, ils le prendront pour eux. » Les proches de Jean-Luc Mélenchon veulent donc croire à un retour à la table des négociations et à des sacrifices côté PS - si ce n'est PCF - d’ici septembre. Mais à ce petit jeu de « à qui se dégonflera le premier », rien n'est sûr. Et c’est toute la gauche qui risque d’y perdre.







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