Seillière : « Oyez braves gens, la crise est finie! »
Jeudi 18 Juin 2009 à 13:36 | Lu 7801 fois I 62 commentaire(s)
Sylvain Lapoix
Invité sur France inter ce matin, le patron du Medef européen exultait : victoire de la droite le 7 juin, reconduction de Barroso... Pour lui, tout prouve qu'il a eu raison et le système ne changera pas d'un iota.
Le soir du 7 juin, les jeunes militants UMP chantaient comme des supporters de foot au siège du parti : « on a gagné, on a gagné ! » Plus sobrement, onze jours plus tard, Ernest Antoine-Seillière saluait la victoire de la droite aux européennes comme un signe : « les forces de gauche qui contestent le libéralisme ne se sont pas lancées dans une critique de l'économie de marché et d'ailleurs pendant la consultation des européennes, on a assisté à une montée de la droite qui était peu prévisible dans une crise de ce type, s'est félicité le patron de Business Europe, le Medef des 27. Quand la droite monte pendant la crise économique, c'est un changement ! » Un changement qui donne le sourire au Baron qui tire son bilan de l'année écoulée : « le système restera ce qu'il est ! » Et que les petits anticapitalistes mauvais perdant aillent bouffer leurs « manuels ».
Travailler gratos : une simple question de mentalité !
(capture : Dailymotion.fr / FranceInter.com)
Le nouveau président du directoire du groupe Wendel n'est pas non plus ingrat : il s'est efforcé de remercier « l'entrée massive des Etats dans le système financier et le système économique » sans quoi il craignait un chaos. Mais maintenant, tout est rentré dans l'ordre. L'ordre économique, bien entendu, car pour Seillière, le désordre était simplement financier et est déjà réglé, là encore grâce aux Etats.
Le patron des patrons européens salue d'ailleurs le discours de Nicolas Sarkozy à l'OIT, en soulignant la nécessité de la protection sociale. Enfin, pas n'importe quoi non plus : « quand on voit l'état dans lequel sont les systèmes de retraite, l'allongement du temps de travail dans la durée de la vie est quelque chose qui s'imposera dans la nécessité financière. » Vous n'avez qu'à vivre moins longtemps !
Quant à la polémique sur la proposition de British Airways de faire travailler gratuitement ses salariés pendant un mois, elle fait lever ses yeux au ciel : « ce qui m'a frappé, c'est la différence de culture qu'il y a de société à société en Europe, ça n'a pas le caractère un peu absurde qu'on lui a donné ! Proteste le Baron. Ca revient en réalité à accepter une réduction de 10% de ses revenus dans l'année ! » Pour lui, contrairement à ce que croient les Français et leur « contexte socio-économique », cette belle initiative n'est qu'une façon de protéger l'emploi. Et puis, si les pauvres ne peuvent pas se priver de 10% de leur salaire, qu'ils empruntent ! Il se trouvera bien quelques banquiers pour inventer des produits de tritrisation adossés à leurs crédits. Voilà comment Sellière réinvente le mouvement perpétuel...
Le patron des patrons européens salue d'ailleurs le discours de Nicolas Sarkozy à l'OIT, en soulignant la nécessité de la protection sociale. Enfin, pas n'importe quoi non plus : « quand on voit l'état dans lequel sont les systèmes de retraite, l'allongement du temps de travail dans la durée de la vie est quelque chose qui s'imposera dans la nécessité financière. » Vous n'avez qu'à vivre moins longtemps !
Quant à la polémique sur la proposition de British Airways de faire travailler gratuitement ses salariés pendant un mois, elle fait lever ses yeux au ciel : « ce qui m'a frappé, c'est la différence de culture qu'il y a de société à société en Europe, ça n'a pas le caractère un peu absurde qu'on lui a donné ! Proteste le Baron. Ca revient en réalité à accepter une réduction de 10% de ses revenus dans l'année ! » Pour lui, contrairement à ce que croient les Français et leur « contexte socio-économique », cette belle initiative n'est qu'une façon de protéger l'emploi. Et puis, si les pauvres ne peuvent pas se priver de 10% de leur salaire, qu'ils empruntent ! Il se trouvera bien quelques banquiers pour inventer des produits de tritrisation adossés à leurs crédits. Voilà comment Sellière réinvente le mouvement perpétuel...
Barroso : un type qui n'encombre ni les Etats, ni les entreprises
Un peu éberlué, Nicolas Demorand relance Seillière qui le cloue sur place : « dans le dialogue social, ce qui peut paraître comme fou, peut s'avérer être la mesure qu'il va falloir accepter ! » Tout change, rien ne change. A écouter le Baron, on en vient à se demander si le débat a vraiment eu lieu sur le capitalisme, si Continental Clairoix a fermé et le taux de chômage espagnol doublé en quelques mois.
Surtout quand il prend la défense de l'actuel président de la Commission européenne comme si c'était son petit frère : « Jose-Manuel Barroso n'a pas démérité dans la crise », explique-t-il avant de louer la façon dont il laissait Etats et entreprises oeuvrer à leur guise. Comme Warren Buffet qui voit dans la crise un mauvais rêve du capitalisme, Ernest Antoine-Seillière reste perché en haut de sa colline à guetter les oracles qui lui signaleront le retour « à la normal » du système qui l'a fait noble. Et de résumer : « rien n'est désespéré dans la vie économique et tout ça reprendra. » A commencer par le règne des Barons de l'industrie.
Surtout quand il prend la défense de l'actuel président de la Commission européenne comme si c'était son petit frère : « Jose-Manuel Barroso n'a pas démérité dans la crise », explique-t-il avant de louer la façon dont il laissait Etats et entreprises oeuvrer à leur guise. Comme Warren Buffet qui voit dans la crise un mauvais rêve du capitalisme, Ernest Antoine-Seillière reste perché en haut de sa colline à guetter les oracles qui lui signaleront le retour « à la normal » du système qui l'a fait noble. Et de résumer : « rien n'est désespéré dans la vie économique et tout ça reprendra. » A commencer par le règne des Barons de l'industrie.
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