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Sécurité: la bombe à trop grand retardement du PS?Gérald Andrieu - Marianne | Mercredi 11 Août 2010 à 12:01 | Lu 13322 fois
Ce devait être à la rentrée. Finalement, ce sera en janvier prochain que le PS dévoilera ses propositions en matière de sécurité. Au risque que la bombe que ses dirigeants disent concocter lui explose au visage.Fuir le débat ? Non, mais reprendre la main sur le calendrier ; refuser de se le voir imposer par l’Elysée ; se donner du temps pour ne pas céder à la « frénésie » ambiante. C’est ainsi que les rares socialistes (tous strauss-kahniens d’ailleurs) à garder le temple Solférino en cette période de congés justifiaient, la semaine dernière, la réplique toute en mesure et discrétion mise en place par le PS en matière de sécurité. Les réponses viendraient en septembre expliquait alors à Marianne Jean-Jacques Urvoas, le « Ciotti socialiste », dévoilant, au passage, une mesure qu’il souhaite voir porter par son parti : « Les directeurs départementaux de la sécurité restent en poste en moyenne deux ans. Il en va de même ou presque pour les préfets, procureurs, proviseurs de lycées. Sur le terrain, il n’y a plus que des gens sans mémoire. Nous devons au contraire privilégier les actions durables. Nous proposerons à ces personnels-là des “mandats”. Cela existe déjà en Belgique et fonctionnera sur la base du volontariat. Ils seront en mission à un poste pendant cinq ans et leur bilan sera jugé. » Mais Christophe Borgel, porte-parole par intérim, l’a annoncé en début de semaine. Le PS donne rendez-vous aux Français non plus à la rentrée, mais « fin 2010 – début 2011 ». Jean-Jacques Urvoas assume. Ce report de la réplique socialiste, il en a décidé conjointement avec Martine Aubry : « En septembre, les débats à l’Assemblée porteront sur les retraites. La sécurité ne doit pas être évoquée à ce moment-là, à la va-vite. Au PS, nous avons trop souvent cette culture du “il faut réagir”, jusqu’à ce que tombent deux dépêches AFP et c’est fini. D’autant qu'il serait dommage de se passer d’une véritable confrontation “projet socialiste contre bilan du gouvernement”… »
La stratégie a beau être intéressante, elle n’en est pas moins périlleuse. Le Parti socialiste survivra-t-il à cinq mois au cours desquels, sans nul doute, les « dézingueurs » de l’UMP répèteront à l’envi : « Angélisme du PS ». Les Français accepteront-ils d’attendre encore plusieurs semaines des socialistes qu'ils jugent absents déjà depuis de si longues années sur ce dossier ? La bombe à retardement élaborée par « Solfé » n’explosera-t-elle pas entre les mains des artificiers socialistes ? Réponse en janvier donc. Ou peut-être avant, si la pression devient trop forte. Urvoas, en tout cas, se dit prêt : « Je crois que nous devons respecter les temps que nous nous sommes donnés. Mais si le débat doit être avancé, nous ne le fuirons pas. »
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