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Sauvadet : « Je ne soutiendrai pas une initiative qui favoriserait le retour de la gauche »

Samedi 10 Septembre 2011 à 17:00 | Lu 5655 fois I 0 commentaire(s)

Laureline Dupont et Lisa Vignoli - Marianne

En marge des tables rondes de la première université de l'Alliance qui se tient ce week-end à La Grande Motte, François Sauvadet distille ça et là sa -nouvelle- petite musique très personnelle. Pour le ministre de la Fonction publique, la question de la pertinence d'une candidature centriste, susceptible de favoriser le retour de la gauche au pouvoir, doit être posée. Pourtant, n'est-ce pas le même Sauvadet qui jugeait, en avril dernier, une candidature centriste « inéluctable » ?


Au milieu des militants du Nouveau centre et du Parti radical réunis ce week-end à La Grande Motte, François Sauvadet paraît assez isolé. Et pour cause, le centriste a fait le déplacement avec dans sa valise des déclarations fracassantes. Lui qui, quelques mois plus tôt, « disait oui à une candidature à la présidentielle d'un centriste » , souhaite aujourd'hui que ses petits camarades de l'Ares se posent la question de la nécessité d'un candidat du Centre. Sa crainte ? Que la gauche accède au pouvoir à cause de l'éparpillement des candidatures de droite. Et peu importe si en avril, il martelait : « Les dispersions ne pèsent pas dans la vie politique française. La droite populaire, celle qui est la plus proche de thématiques qui nous posent question, s'est organisée, à nous de nous organiser. »  Après tout, la contradiction est un art en politique.  

Marianne : Pourquoi mettre en question, aujourd'hui, la pertinence d'une candidature centriste ?
François Sauvadet : J'ai toujours maintenu la même position, j'ai été de ceux qui ont créé le Nouveau centre parce que le NC est un parti de gouvernement et que nous sommes dans une coalition. Je ne veux pas du retour de la gauche, quand j'entends Hollande dire qu'il faudrait 50 à 60 000 fonctionnaire recrutés de plus, c'est totalement irresponsable, ce n'est pas sérieux. Je militerai toujours pour que nous soyons dans des alliances avec un parti de gouvernement. Notre allié c'est l'UMP. J'ai voulu l'Alliance parce que c'est une confédération de partis, je pense que si l'on veut peser dans la vie politique française, c'est nécessaire. A partir de là, la question de la présidentielle se pose, je ne veux pas du retour de la gauche donc je ne soutiendrai pas une initiative qui permettrait ou favoriserait le retour de la gauche, car je pense qu'elle s'est disqualifiée dans la période de crise.

Quand prendrez-vous votre décision de soutenir ou non un candidat centriste ?
F.S. : Aujourd'hui, on a un calendrier, qui sait ce qui va se passer dans deux mois, au plan international, national, dans les situations boursières ? Cela oblige à beaucoup de responsabilités. Je sais qu'Hervé Morin respectera ce calendrier, chacun peut se présenter si il le souhaite. Le NC prendra sa décision à l'automne, lors d'un congrès et ensuite nous en discuterons dans le cadre de l'Alliance, si d'autres veulent y aller plus tôt, qu'ils y aillent, ce sera une initiative individuelle, en tout cas moi je ne les suivrais pas.

Vous soutiendrez une candidature Morin ?
F.S. : La question d'une candidature Morin sera examinée au congrès, et je souhaite que la question de l'opportunité ou non d'une candidature du Centre dans le contexte actuel soit posée. Ensuite, en fonction de la réponse qu'on apportera, on se choisira le meilleur pour porter notre message. Mais je ne referme pas la porte. Cohn-Bendit a posé la même question chez les Verts. Moi ce que je veux c'est qu'on ait un groupe parlementaire qui soit renforcé, j'ai été président de groupe, mon objectif est d'avoir 70, 80 parlementaires la prochaine fois. Quoi qu'on fasse, les législatives seront dures, il faut les préparer, ainsi que les territoriales de 2014, et l'élection de 2017. Je n'ai pas aimé les mots de Jean-Christophe Lagarde, on est dans une famille politique, on peut avoir des opinons divergentes et se respecter. Faisons en sorte de protéger l'Alliance, ça va être dur à faire vivre mais c'est une nécessité si on veut peser dans la vie politique demain.

Selon vous, quelle est la meilleure candidature centriste ?
F.S. : Réponse en novembre.

Mais d'ici là, Borloo se sera peut-être déclaré...
F.S. : Si Borloo s'est prononcé, ce sera pour moi une réponse personnelle. Pour qu'elle soit partagée, il faut en parler dans un contexte et des délais qui permettent d'apprécier la situation internationale et nationale.

Vous croyez à sa candidature ?
F.S. : Je n'ai jamais mis en doute le caractère ou le tempérament de Jean-Louis. Je me situe sur un plan politique : n'accélérons pas le calendrier ce serait une faute, on ne sait pas ce qui peut se passer en 3 mois. Il faudra qu'on veille à ce qu'une candidature ne favorise pas l'arrivée de la gauche au pouvoir parce que ce n'est pas ce que je souhaite pour mon pays. 








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