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Sarkozy vole au secours de la presse

Vendredi 23 Janvier 2009 à 18:02 | Lu 11874 fois I 103 commentaire(s)

Régis Soubrouillard
Régis Soubrouillard
Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

Lors de ses voeux à la presse, le président a présenté ses mesures d'aides au secteur. Pas d'annonces fracassantes mais surtout rien qui ne saurait fâcher la profession. Des belles paroles, des euros et des promesses d'indépendance qui ont rassuré les sceptiques. Face à l'urgence de la situation, Sarkozy en est convaincu, les plus critiques viendront lui manger dans la main.


Les voeux à la presse de Sarkozy
Les voeux à la presse de Sarkozy
Demandez le programme ! Lors de ses vœux à la presse, Nicolas Sarkozy a présenté son plan d’aide face aux industriels, aux éditeurs, aux représentants des syndicats et aux journalistes réunis à l’Elysée. Le président a félicité et remercié chacun des participants aux Etats-Généraux de la presse. Des paroles sans doute pénibles à prononcer, quand on sait dans quel mépris le président tient le monde du journalisme.

Mais face à l’urgence de la situation, même les plus critiques ont rangé leurs couteaux depuis quelques temps : Olivennes, le patron du Nouvel Obs, mais aussi Laurent Joffrin, tous deux présents à l'Elysée, se sont faits plus discrets ces derniers temps.  Toujours aussi taquin, Sarkozy n’a pu s’empêcher, sourire en coin, de noter qu’il tenait la presse dans sa main : « La première condition de l’indépendance c’est de pouvoir gagner de l’argent, faire des projets et se développer. Il y a une urgence créée par l’effondrement des perspectives publicitaires pour 2009 et vous verrez que certains de ceux qui n’ont pas voulu, au nom de l’indépendance, participer aux travaux des états généraux seront moins sourcilleux quand il s’agira de participer à la mise en œuvre des mécanismes qui auront été définis sans eux ». On ne saurait être plus clair.
 
L'Etat, dernier recours !
Et quand il s’agit de séduire, Sarkozy sait aussi mettre la main au portefeuille. C’est un plan d’aide sur trois ans de près de 600 millions d’euros que le chef de l’Etat a dévoilé. Une somme qui paraîtra dérisoire comparée aux sommes accordées aux banques, mais le secteur n’a plus les moyens de faire la fine bouche. Face à l’intérêt de moins en moins marqué du privé pour ce domaine d’activités, l’Etat apparaît comme l’ultime recours.

Le président n’a pas fait d’annonces fracassantes, tout juste rassuré les copains, apprivoisé les sceptiques, et expliqué aux plus critiques qu’ils ne feront rien sans lui.
En fin de discours, le président s’est permis un lapsus : « Je ne serai pas celui qui assisterai impuissant à la disparition de groupes de presse ».
Les groupes de presse certes, mais les journaux…

Sept mesures largement inspirées du Livre vert publié après les généraux de la presse.

- Histoire de ne pas braquer d’emblée les journalistes, Sarkozy n’a pas remis sur la table la question de l’assouplissement des lois anti-concentration mais le président a annoncé qu'il allait lever, via des «conventions bilatérales», «le seuil maximal de 20% de capital pour un investisseur non-communautaire dans une entreprise de presse française».

- Les dépenses de communication de l'Etat et des institutions publiques vers la presse écrite seront doublées. Soit une progression de 20 millions d’euros.

- Le régime des droits d'auteur des journalistes sera adapté au numérique, avec le remplacement d'un droit lié à la publication dans un support par un droit lié à un temps d'exploitation.

-Des exonérations de charges sociales seront mises en place pour aider les marchands de journaux et les sociétés de portage seront aidées financièrement

- L'augmentation des tarifs postaux pour la presse sur la période 2009-2015 est reportée d'un an. Le manque à gagner pour la poste sera intégralement compensé par l'Etat». Le coût de la mesure s'élève à 24 millions d'euros.

- Un statut d'éditeur de presse en ligne sera créé et l'Etat aidera équitablement presse en ligne et presse écrite, presse gratuite et presse payante. Ce statut donnera le droit au régime fiscal des entreprises de presse. Les éditeurs en ligne devraient être «exonérés de taxes professionnelles». Le chef de l'Etat a également assuré que les aides de l'Etat au développement de la presse en ligne seront «renforcées».

- Enfin un abonnement gratuit pour chaque jeune de 18 ans. Le journal sera «payé par l'éditeur, le transport par l'Etat», ce qui reviendra en tout à 6 millions d'euros pour l'Etat.








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