Sarkozy: une campagne présidentielle qu'il souhaite mener seul contre tous
Jeudi 8 Décembre 2011 à 12:01 | Lu 7126 fois I 18 commentaire(s)
Journaliste politique à Marianne, chargée du suivi de la droite et du centre En savoir plus sur cet auteur
C'est décidé, la campagne de Nicolas Sarkozy sera « personnelle » ou ne sera pas. Pendant que son adversaire socialiste égraine les 163 noms de son organigramme de campagne, le candidat de la droite à la présidentielle se jure de constituer l'équipe la plus réduite possible.
(Louison)
« Ce sera un combat d’homme à homme ! », jubile un sarkozyste convaincu. « Il montera seul sur le ring », se réjouit un autre, admiratif par anticipation de la lutte acharnée et, en apparence (l'homme peut quand même s'appuyer sur un gouvernement et sur l'UMP), solitaire, que s’apprête à mener son héros.
Nicolas Sarkozy a le sens de la mise en scène. Lui qui s’auto-décerne le prix du meilleur capitaine de navire pendant la tempête financière et économique ne compte pas se lancer dans cette campagne présidentielle publiquement entouré de marins bavards et tapageurs. Ni son bilan, ni sa campagne -qu’il se remet à espérer flamboyante- ne doivent passer pour des œuvres trop collectives. La victoire est plus glorieuse quand elle n’est pas partagée, croit le monarque.
Pour résister aux assauts de l’armée mexicano-hollandaise, composée de quelque 163 responsables thématiques, le président-candidat compte donc sur ses fantassins officieux. Pas question de s’embarrasser d’une équipe de campagne pléthorique, les cohortes sarkozystes monteront au front sans que les rôles des uns et des autres n’aient été préalablement définis. « Regardez Hollande, c’est un nid à emmerdes son organigramme !, observe un conseiller élyséen. Chacun veut sortir son épingle du jeu, le mille-feuille peut exploser à tout moment. »
En refusant de désigner des snipers officiels, Sarkozy espère aussi démultiplier le nombre des snipers potentiels. « Nous serons tous sur le terrain à nous battre pour lui », assure, d’ores et déjà, le député Eric Ciotti.
Avec de tels mousquetaires, inutile de nommer des porte-parole. « La pensée du président ne doit pas être réduite à une expression et à une personne », assure un proche du chef de l’Etat. Seul Brice Hortefeux, l’ami dévoué, devrait être habilité à relayer le discours du candidat mais de manière officieuse et tout en prenant soin de « ne pas parler plus fort » que le directeur de campagne. « Ce sera une campagne très personnelle », conclue un parlementaire. Tellement personnelle que le futur candidat a déjà prévu de refuser tous les débats pré-élection -excepté un ou deux avec François Hollande- pour ne pas écorner son image de président sortant. A la place, il y enverra... ses soutiens. Campagne impersonnelle à l'horizon ?
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