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Sarkozy règle ses comptes perso avec l'école

Mercredi 28 Janvier 2009 à 15:45 | Lu 21891 fois I 101 commentaire(s)

Bénédicte Charles

Après La Princesse de Clèves (sa pire note en fiche de lecture), le président de la République s'en prend au bac économique (son pire souvenir de baccalauréat). Il rejoint en cela un illustre prédécesseur : Michel Sardou qui, en 1992, avait consacré une chanson à son bac, le bac G, «bac à bon marché». A ceci près que Sarko ne maîtrise pas l'art de la rime.


(photo ne*-flickr-cc)
(photo ne*-flickr-cc)
Mardi 27 janvier, à Châteauroux, à l’occasion d’un discours devant les salariés de PGA Electronique, Nicolas Sarkozy a averti : « J’ai demandé qu’on prenne un peu plus de temps pour faire la réforme du lycée, et on la fera ! Pourquoi on la fera ? Parce que tous les ministres de l’Education Nationale, ils ont arrêté. Une manifestation, et on arrête », s’est plaint le chef de l’Etat. Voulait-il parler de Xavier Darcos qui, en décembre dernier, a fait machine arrière sur sa réforme du lycée ? Officiellement c’est pour « restaurer l’esprit de consensus » que le ministre de l’Education nationale a pris cette décision. Mais les mauvaises langues affirment que cette reculade devait beaucoup à la crainte d’un effet de contagion des émeutes qui secouaient alors la Grèce.

Sardou avait son bac G, Sarkozy a son bac B
Mais les émeutes helléniques remontent à plus d’un mois. Le danger s’est éloigné. Aussi Nicolas Sarkozy a-t-il renoué avec ses habitudes et s’est-il appliqué, 48 heures avant la grande journée de grève, à se mettre à dos les élèves de la filière économique (ES) du bac — qui ne comptent pas parmi les moins politisés des lycéens. « Il y a une filière économique pour vos enfants. C'est une blague, a affirmé le président. Parce que la filière économique ES, mettez vos enfants dedans, et ils ne peuvent pas se permettre de se présenter dans les meilleures écoles économiques. Alors qu'est-ce que cela veut dire ? On dit à son gosse, fais la filière économique, tu pourras faire de l'économie et à l'arrivée ils ne peuvent pas se présenter [aux concours]. Ce n'est pas admissible » (1). Et Sarkozy sait de quoi il parle, puisqu’il est lui-même titulaire d’un bac B, l’ancienne appellation du bac ES. Il n’en a vraisemblablement pas gardé un bon souvenir.

Ce n’est pas la première fois que le président règle ses comptes personnels avec l’éducation nationale. Déjà, en juillet dernier, il s’en était pris à l’étude des grandes œuvres littéraires, et plus particulièrement à La Princesse de Clèves, sous prétexte qu’il avait « beaucoup souffert sur elle » (l’œuvre, s’entend):

Nicolas Sarkozy ayant redoublé sa sixième, souhaitera-t-il faire disparaître cette classe (au profit d’un CM3, par exemple) ? De même, interdira-t-il aux élèves de première année de maternelle d’apporter leur goûter à l’école sous prétexte qu’en 1958 il s’est fait voler le sien, et par une fille en plus (comble de l’humiliation) ?


(1) D’après Le Monde.fr, en 2008, les bacheliers ES représentaient 30 % des admis à HEC, 23 % à l'Essec et 31 % à l'ESCP-EAP.








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