Sarkozy ne sombre pas dans le jeunisme...
Jeudi 5 Février 2009 à 21:22 | Lu 9174 fois I 41 commentaire(s)
Sylvain Lapoix
Le Président est-il si perturbé par l’agitation des étudiants et des jeunes travailleurs dans les rues ? Quoiqu’il en soit, les quelques mentions des jeunes dans l’émission Face à la crise n’évoquaient que la fainéantise, le risque inconsidéré et la dépense sociale.
Devant les caméras de télé, le Président voulait être l’homme de la situation, solide dans l’effort, travailleur : « je ne suis pas comme l’étudiant qui se met à travailler une semaine avant les examens. » Merci pour eux, qu'ils retournent à leur bachotage.
A moins que ce soit cette jeunesse qui le rejette qu’il n’arrive pas à supporter. Sinon, pourquoi lancer cette remarque au milieu d’une tirade sur la crise financière : « les traders ce sont tous ces jeunes gens, qui sont dans les salles de marché devant des écrans » et qui prennent des risques inconsidérés sans jamais payer ! Prendre des jeunes pour incarner le risque inconsidéré et l’irresponsabilité qui ont présidé à l'avènement de la crise, voilà un choix loin d’être innocent. A moins que le Président ne connaisse les salles de marché qu’au travers le film Wall Street avec Charlie Sheen. Et puis Madoff ne vient pas de passer son permis de conduire...
Une dernière mention étrange : « on a un problème à Gandrange, y’a beaucoup de jeunes et on a un problème de formation ». Depuis quand les seuls jeunes utilisent toutes les ressources de la formation ? N’est-ce pas justement dans les zones de défection industrielle que toutes les générations tentent de se réinsérer par la formation ? Aux yeux de Nicolas Sarkozy, il semblerait que non : les dépenses de formation, ce sont ces jeunes cons. Fainéants, inconscients et consommateurs d’aide sociale : les jeunes ne seraient-ils pas responsables de la crise, tant qu’on y est ?
A moins que ce soit cette jeunesse qui le rejette qu’il n’arrive pas à supporter. Sinon, pourquoi lancer cette remarque au milieu d’une tirade sur la crise financière : « les traders ce sont tous ces jeunes gens, qui sont dans les salles de marché devant des écrans » et qui prennent des risques inconsidérés sans jamais payer ! Prendre des jeunes pour incarner le risque inconsidéré et l’irresponsabilité qui ont présidé à l'avènement de la crise, voilà un choix loin d’être innocent. A moins que le Président ne connaisse les salles de marché qu’au travers le film Wall Street avec Charlie Sheen. Et puis Madoff ne vient pas de passer son permis de conduire...
Une dernière mention étrange : « on a un problème à Gandrange, y’a beaucoup de jeunes et on a un problème de formation ». Depuis quand les seuls jeunes utilisent toutes les ressources de la formation ? N’est-ce pas justement dans les zones de défection industrielle que toutes les générations tentent de se réinsérer par la formation ? Aux yeux de Nicolas Sarkozy, il semblerait que non : les dépenses de formation, ce sont ces jeunes cons. Fainéants, inconscients et consommateurs d’aide sociale : les jeunes ne seraient-ils pas responsables de la crise, tant qu’on y est ?
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