Sarkozy: le fossé s'élargit avec la populationJuan | Mercredi 18 Février 2009 à 06:56 | Lu 21326 fois
Juan «calcule» l'intervention du Président prévue ce soir après la concertation avec les syndicats: faux dialogue pour les uns et vrais parachutes pour les autres.
Nicolas Sarkozy prépare sa grande réunion du 18 février avec les organisations syndicales. Le Figaro révèle déjà quelques probables annonces. Mais loin du discours officiel, le fossé semble grand entre le monde réel et notre classe dirigeante.
Fausse annonce ou vrai clivage Lundi 16 février, à 19h37, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il «recevra au palais de l’Élysée, le jeudi 19 février 2009 à 18 heures, les présidents des collectivités locales et les parlementaires des départements d’outre-mer afin de faire un point sur la situation de ces territoires dans le contexte de la crise économique.» Il faut dire que la situation dérape. Yves Jego pouvait se montrer fatigué ce week-end. Des grévistes ont dressé des barrages routiers. Et des échauffourées ont eu lieu. Un cinquantaine de manifestants ont été arrêtés puis relâchés. «Du concret pour ceux qui souffrent le plus de la crise», titrait lundi le Figaro à propos de l'état d'esprit supposé du chef de l'Etat à quelques heures de sa réunion sociale. D'après le quotidien de Sarkofrance, Un proche du Monarque a prévenu qu'il y aurait au moins une annonce «qui surprendra tout le monde.» Laurent Wauquiez a également promis, dans un entretien à la Tribune : «Il y aura des mesures très concrètes, opérationnelles, parmi les pistes évoquées par le président de la république autour du chômage partiel, de l'aide aux victimes de la crise ou des mesures vers les classes moyennes comme le chèque emploi service universel préfinancé.»Finalement, voici ce que les uns et les autres croient savoir : 1- Sarkozy serait prêt à reprendre l'idée de la CFDT d'un «fonds d'investissement social»: ce dernier financerait une formation rémunérée pour les chômeurs, les salariés en chômage partiel et les jeunes sans diplôme 2- Sarkozy envisagerait le versement d'une «prime exceptionnelle» de 200 à 300 euros «pour tous ceux (jeunes, fins de CDD…) qui ne pourront pas prétendre à une indemnisation, ayant cotisé moins de quatre mois dans la période récente», 3- Plutôt que de toucher à l'impôt sur le revenu, Sarkozy pencherait pour une augmentation des allocations familiales sous condition de revenus. 4- Il souhaiterait enfin «financer des chèques emploi-service à destination des personnes âgées et des familles monoparentales». Les syndicats attendent aussi que l'Etat se montre exemplaire dans la répartition des bénéfices des entreprises où il détient de fortes participations, comme Areva (91%), Aéroports de Paris (60%), EDF (84%) ou même France Télécom (26%). Nicolas Sarkozy n'avait-il pas annoncé le 5 février dernier qu'il souhaitait discuter «du partage du profit entre actionnaires et salariés au sein de l'entreprise», car «le compte n'y est pas pour les salariés» ? En 2008, l'Etat actionnaire a perçu 5,6 milliards de dividendes (sur 14 milliards d'euros de bénéfices dans ses différentes participations), contre 1,4 milliard en 2005. Le virage social s'annonce donc limité: pas touche au bouclier fiscal, aux défiscalisations d'heures supplémentaires, aux offres raisonnables d'emploi, à la suppression progressive des pré-retraites, etc. Et le dialogue social a ses limites : l'Elysée a d'ores et déjà exclu certains syndicats, tels SUD et la FSU, qu'elle juge illégitimes. En déplacement à la gare Saint Lazare à Paris, un nouvel incident le 16 février a été révélateur de l'attitude véritable du gouvernement : Christian Mahieux, secrétaire fédéral de Sud-Rail était ceinturé par un service de sécurité, alors qu'il faisait signer une «Pétition nationale pour légaliser la grève de la gratuité» à quelques mètres de Roger Karoutchi et Dominique Bussereau qui visitaient les lieux. «Je l'ai pas vu, je suis désolé: ce sont des gens tellement sérieux et tellement compétents que j'aurais le plaisir à travailler avec eux», a ironisé le secrétaire d'Etat aux Transports. Un goût décomplexé pour l'argent SI à 50 ans on n'a pas une Rolex, c'est qu'on a raté sa vie. Ainsi s'exprimait le publicitaire Jacques Seguéla le 13 février dernier sur France 2. Il s'étonnait des moqueries contre la montre Rolex de Nicolas Sarkozy. Lundi soir, chez Morandini sur Direct8, il précisait que sa boutade ne visait que les dirigeants publics ou privés. Jean-Pierre Jouyet a quitté son secrétariat d'Etat aux Affaires européennes en décembre. Il est devenu président de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF). Le 19 janvier, un décret au Journal Officiel, signé par le ministre du Budget, lui octroyait une augmentation de salaire de 71 000 euros annuels, rétroactive au 15 décembre dernier. Le traitement de Jean-Pierre Jouyet est ainsi porté à 220 000 euros. Sylvain Lapoix commente, pour Marianne2, cette surprenante augmentation : Cette grosse augmentation de 71000€ paraît d’autant plus inexplicable que le poste de président de l'AMF ne fait pas partie des moins bien rémunérés, au contraire ! Il appartient à la catégorie des fonctionnaires « hors échelle », réservée aux directeurs et hauts corps d’Etat, dont le barème des salaires s'échelonne de 48320,65€ à 82326,10€ annuels brut, hors indemnités, logement de fonction et autres avantages en nature — et hors bonus, bien sûr !Xavier Bertrand a lui aussi bénéficié d'un joli parachute : il est le premier ministre à profiter du "paquet électoral", cette loi votée en décembre qui permet aux ministres de retrouver automatiquement leur siège au Sénat, à l'Assemblée ou au Parlement européen, en application de la réforme des institutions de juillet 2008. Xavier Bertrand est ainsi redevenu député lundi 15 février. Faux dialogue pour les uns, vrais parachutes pour les autres. Ensemble, tout est possible... Retrouvez tous les articles de Sarkofrance
Voir les 185 commentaires
Dans la même rubrique :
|
|
||

Imprimer
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Accueil
Envoyer
Partager
Digg
Del.icio.us
Wikio
Facebook
Google
MySpace
Twitter
LinkedIn
Viadeo







