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Sarkozy, la pédagogie du videPhilippe Cohen | Jeudi 5 Février 2009 à 21:23 | Lu 31274 fois
Le Président devait rassurer les Français. Il a essayé.
C’est la crise du siècle. Mais ce n’est pas l’intervention télévisée du siècle. Certes, cette dix-huitième intervention du Chef de l’état, comme l’a bien compté sur France 2 Edwy Plénel, n’était pas malhabile. L’avait-on, annoncé depuis quatre jours sur tous les tons et les antennes ! Le Président devait être pé-da-go-gi-que ! Eh bien, il l’a été. Mais qu’est ce que la pédagogie si ce n’est expliquer à des « bourrins qui ne comprennent rien à l’économie » qu’on va s’occuper d’eux et qu’ils doivent donc cesser de s’inquiéter et surtout de manifester.
J’exagère ? Passons sur les approximations et les mensonges comme celui sur le fait que les aides bancaires ne coûtent rien aux Français. Passons aussi sur sa solidarité - de futur consultant, sans doute ? - envers son ministre des Affaires étrangères. On a montré au Chef de l’état des Français révoltés par le dumping social de la Chine ou des pays de l’Est. Nicolas Sarkozy a immédiatement approuvé et montré son opposition au libre-échange. Mais qu’en a-t-il déduit ? Un projet de suppression de la taxe professionnelle qui a toujours figuré dans tous les programmes libéraux depuis vingt ans et qu'il avait d'ailleurs lui-même promis de mettr en place «à terme» lors de son discours de Toulon. De l’art de faire du neuf avec du vieux. Et surtout d’éviter – avec la complicité des journalistes – le débat qui monte partout dans le monde : celui sur le protectionnisme et notamment sur le protectionnisme européen. De ce point de vue, les rodomontades du président sur les garanties qu’il va demander aux entreprises qui investissent en France paraissent bien maigrelettes.
L’opposition a proposé que le plan d’investissement soit accompagné par un plan concernant la consommation. Mais sur ce point, le Président a été désespérément fidèle à son camp, la droite, c’est-à -dire à sa clientèle sociale : il refuse de remettre en cause le bouclier fiscal, et promet de soulager les foyers de classes moyennes de la première tranche de l’économie, tout en refusant toute augmentation du Smic. Or, la première tranche imposable représente 2 à 3 millions de Français et les smicards sont près de 4 millions.
Hélas, il faudra sans doute attendre l’échec du plan de relance pour que Sarkozy et son gouvernement envisagent enfin des mesures qui visent à autre chose qu’à rafistoler un système qui a largement fait faillite.
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