Sarkozy et la crise: des sondages contradictoires et fiers de l'être
Lundi 14 Septembre 2009 à 12:45 | Lu 14118 fois I 54 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Pas facile d'être un sondeur en temps de crise. Secoué par la conjoncture, le « vrai gens » représentatif ne sait plus trop quoi penser de la gestion sarkozyste de la crise. Résultat: des sondages qui se contredisent et des éditorialistes qui abandonnent leur fonction pour devenir des VRP de la fiabilité et de la vertu sondagière.
En cette rentrée politique, les sondages se suivent et ne ressemblent déjà plus pour pour l’exécutif. Preuve en est, ce matin, avec deux sondages respectivement commandés par Les Echos et Libération.
Portant tous deux sur l’action de Sarkozy durant la crise, les deux enquêtes livrent des résultats radicalement différents. Les Français des Echos saluent « l’action de Sarkozy » à une courte majorité (52%) selon ce sondage réalisé par BVA. Pourtant, toujours selon BVA, 63% des personnes interrogées estiment que l'argent public investi par la France pour faire face à la crise a été plutôt mal employé (contre 29% qui pensent qu'il a été plutôt bien employé; 8% ne se prononçant pas) et 56% affichent leur scepticisme quant à l’efficacité des sommets internationaux.
Une appréciation largement négative de la politique économique du gouvernement, mais un avis plutôt positif porté sur le principal inspirateur de cette politique. On pourrait voir là une première contradiction. Il en faut plus pour faire douter un sondeur. Directeur général adjoint de BVA, Gaël Sliman ne se démonte pas : « Nicolas Sarkozy n’est pas en phase avec les attentes de la population. Les Français apprécient qu’il y ait un capitaine, mais le cap n’est pas le bon, selon eux ». Quand l’incohérence devient évidence par la force du...sondeur.
Portant tous deux sur l’action de Sarkozy durant la crise, les deux enquêtes livrent des résultats radicalement différents. Les Français des Echos saluent « l’action de Sarkozy » à une courte majorité (52%) selon ce sondage réalisé par BVA. Pourtant, toujours selon BVA, 63% des personnes interrogées estiment que l'argent public investi par la France pour faire face à la crise a été plutôt mal employé (contre 29% qui pensent qu'il a été plutôt bien employé; 8% ne se prononçant pas) et 56% affichent leur scepticisme quant à l’efficacité des sommets internationaux.
Une appréciation largement négative de la politique économique du gouvernement, mais un avis plutôt positif porté sur le principal inspirateur de cette politique. On pourrait voir là une première contradiction. Il en faut plus pour faire douter un sondeur. Directeur général adjoint de BVA, Gaël Sliman ne se démonte pas : « Nicolas Sarkozy n’est pas en phase avec les attentes de la population. Les Français apprécient qu’il y ait un capitaine, mais le cap n’est pas le bon, selon eux ». Quand l’incohérence devient évidence par la force du...sondeur.
Les règles de l'art du sondage...
Dans Libération, Viavoice, n’est pas sur la même ligne puisque 58% des Français de Libé jugent négatif le bilan de Sarkozy face à la crise. Libé, Les Echos : qui croire, qui représente les Français ?
Selon Laurent Joffrin, directeur non-partisan de la rédaction de Libération, l’évidence s’impose d’elle même. Evoquant son sondage à lui, dans son édito, Joffrin s’enflamme : « Voilà un sondage qu’on peut difficilement qualifier de partisan. Non seulement il a été réalisé, comme tous ceux que nous publions dans les règles de l’art du sondage. Mais encore les réponses des gens de droite et de gauche se rejoignent largement ».
Passons sur la remarque de Laurent Joffrin qui tacle au passage ses petits camarades en sous-entendant que certaines enquêtes ne sont pas réalisées dans les règles de l’art du sondage. Cet art millénaire de la constitution du panel représentatif et de l’enquête téléphonique que se transmettent de père en fils les maîtres artisans de l’étude d’opinion. La démonstration de l’aspect non partisan du sondage Libé- Viavoice est d’une toute autre dimension. Si l’on suit la démonstration du directeur de Libé, c’est parce que les réponses des « gens de droite et de gauche » se rejoignent que le sondage n’est pas partisan et qu’il gagne en crédibilité. Autant dire qu’il invalide par là même les résultats de milliers de sondages politiques –ceux de Libé inclus- qui osaient laisser apparaître, des balbutiements de mésententes entre gens de gauche et de droite. Un vrai travail de salubrité d’opinion publique.
Selon Laurent Joffrin, directeur non-partisan de la rédaction de Libération, l’évidence s’impose d’elle même. Evoquant son sondage à lui, dans son édito, Joffrin s’enflamme : « Voilà un sondage qu’on peut difficilement qualifier de partisan. Non seulement il a été réalisé, comme tous ceux que nous publions dans les règles de l’art du sondage. Mais encore les réponses des gens de droite et de gauche se rejoignent largement ».
Passons sur la remarque de Laurent Joffrin qui tacle au passage ses petits camarades en sous-entendant que certaines enquêtes ne sont pas réalisées dans les règles de l’art du sondage. Cet art millénaire de la constitution du panel représentatif et de l’enquête téléphonique que se transmettent de père en fils les maîtres artisans de l’étude d’opinion. La démonstration de l’aspect non partisan du sondage Libé- Viavoice est d’une toute autre dimension. Si l’on suit la démonstration du directeur de Libé, c’est parce que les réponses des « gens de droite et de gauche » se rejoignent que le sondage n’est pas partisan et qu’il gagne en crédibilité. Autant dire qu’il invalide par là même les résultats de milliers de sondages politiques –ceux de Libé inclus- qui osaient laisser apparaître, des balbutiements de mésententes entre gens de gauche et de droite. Un vrai travail de salubrité d’opinion publique.
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