Marianne2 2012

Sarkozy et Aubry dans le même parti!

Jeudi 18 Mars 2010 à 14:01 | Lu 8857 fois I 105 commentaire(s)

Elie Arié - Tribune

Les partis sont structurés autour de valeurs passées...Voilà pourquoi ils ne parviennent pas à présenter de véritables projets, selon Elie Arié qui propose une réorganisation de la vie politique en deux pôles selon leur réponse au référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe (TCE).


Une grande occasion a été ratée, après le referendum sur le TCE : celle de recomposer la vie politique française à partir du vrai clivage sur l’essentiel, le clivage entre le OUI et le NON, dont découle tout le reste de la politique à mener ; il y a aujourd’hui davantage de points communs que de différences entre, d’une part, un Mélenchon, un Chevènement, un Fabius, un Emmanuelli, une Marie- George Buffet, et, d’autre part, une Aubry, une Royal, un Hollande, un DSK, un Fillon, un Sarkozy ; chacun des membres de ces deux groupes devrait se retrouver dans le même parti, ce qui les sépare étant moins important que ce qui les réunit.



On peut même s’interroger, à propos du camp « souverainiste » et anti-néolibéral, sur la place que devraient y tenir un De Villiers, qui décline ce projet sur le mode catholique intégriste, et un Le Pen, qui le décline sur le mode populiste et racialiste, mais qui réussit ainsi à capter les voix des couches populaires qui sont les principales victimes du néolibéralisme mondialisé et maastrichtien.


Or, rien n’a bougé : Emmanuelli, Royal, Fabius et DSK sont toujours dans le même parti, et De Villiers, farouche adversaire du traité de Lisbonne, a rejoint le camp de Sarkozy, qui l’a fait ratifier par le Parlement ; c’est pourquoi ni les uns, ni les autres, n’arriveront jamais à présenter un projet commun sans esquiver leurs divergences sur l’essentiel, à moins de se renier : ceci ne trompe personne, et voilà pourquoi l’abstentionnisme a encore de beaux jours devant lui.



Reste à comprendre pourquoi cette recomposition du paysage politique fondée sur l’essentiel ne s’est pas opérée après le referendum sur le TCE, et pourquoi la vie politique française reste structurée en partis politiques dont la composition est héritée des réponses qu’ils apportaient aux questions posées à une période révolue, celle de la guerre froide, de l’avant-mondialisation et de l’avant-Maastricht.



La réponse est simple, triviale et terre-à-terre : si un des rôles d’un parti est d’appliquer une politique lorsqu’il est au pouvoir, son autre rôle essentiel est d’y parvenir et de faire élire en permanence des gens aux différents niveaux - municipal, départemental, régional, national, européen ; et cette fonction dépend de tout un réseau de solidarités, de militants, d’élus locaux, d’influences, d’amitiés personnelles, etc., qui ne se reconstruisent pas du jour au lendemain ; et, à l’évidence, ce second rôle, qui est celui du court terme dans un pays où il y a une élection importante tous les ans, n’a pu être sacrifié, et a pris le pas sur le premier. Personne, à part quelques marginaux qui se sont condamnés à le rester, comme Chevènement, Mélenchon, Dupont Aignan, n’est disposé à entamer une traversée du désert qui risque d’être définitive à l’échelle d’une carrière politique humaine.



Et cette nécessité d’être élu passe avant toutes les autres considérations de crédibilité : comment ne pas s’inquiéter de voir le Parti Socialiste, qui se veut « progressiste » s’allier à ce parti réactionnaire, au vrai sens du terme, qu’est Europe- Écologie, partisan de la « croissance verte » qui n’est qu’une astuce sémantique pour éviter le terme de « décroissance » (avec tout ce qu’il implique de désindustrialisation, de destruction d’emplois et de baisse du niveau de vie), au nucléaire civil, au développement des infrastructures (autoroutes), à toute innovation (nanotechnologies, OGM, etc.), et défenseur de l’absurde taxe carbone chère à Sarkozy et d’une démagogie à court terme qui sacrifie l’avenir ( hostilité à ITER en Paca, défenseur de la voiture électrique qui ne sera qu’un gadget pour bobos, et du pass Navigo à 65 € en Île de France qui coûtera 500 millions par an et empêchera les investissements nécessaires à l’amélioration des conditions de transport, etc. )



Et voilà pourquoi votre fille est muette...et 53 % des électeurs aussi.








LES PLUS de Marianne
  • Revue Web personnalisée
  • Les Unes de Marianne2
  • Le MAG en PDF 24h avant !

Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr


Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez