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Sarkozy débordé par la crise sociale!Juan | Jeudi 19 Février 2009 à 07:00 | Lu 22771 fois
Par Juan. Il ne l'avait pas prévue. Il ne la maîtrise pas. Pire: il doit céder devant elle. La crise économique, c'est le cauchemar de Sarko.
Pour la seconde fois ce mois-ci, Nicolas Sarkozy est intervenu à la télévision. Une grosse dizaine de minutes pour tenter de masquer l'irréparable : le chef de l'État est débordé par la crise sociale. Idéologiquement, politiquement, sociologiquement. Il a dû céder sur le fond, mais à aucun moment il n'a voulu reconnaître sa défaite.
Il est 20 heures ... Sarkozy apparaît à l'écran, costume sombre, chemise blanche, cravate noire. Qui enterre-t-on ce soir ? Il lâche un soupir avant de démarrer son allocution: « Nous sommes au milieu de la crise. » Visiblement, il a des informations que nous n'avons pas. Sarkozy s'abrite derrière une belle excuse, « la France résiste plutôt mieux qu'ailleurs ». Il omet de dire qu'il n'a pas eu le temps de détruire, en 19 mois de présidence, tous les filets qui nous protègent encore. Pendant quelques minutes à peine, Sarkozy tente de faire oublier sa capitulation. Il récuse toute «politique de facilité» et pense à « nos p'tites entreprises ». Pourquoi faut-il que l'ex-maire de Neuilly avale ses syllabes pour faire « populo » ? Quelques minutes plus tard, il lâche sa première contradiction, en parlant de cette « crise mondiale dont personne ne peut prévoir jusqu'à quand elle durera ». On croyait en être à la moitié... Exercice difficile pour celui qui voulait botter les fesses des fainéants et remettre la France au travail, il a dû lâcher. Le voici qui égrène ses mesures sociales et parle de « l'esprit de justice ». Sarkozy cède... Le chef de l'État chiffre donc ses mesures à 2,6 milliards d'euros. Près de deux fois plus que le Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch. A peine un tiers du soutien quasi-bancaire accordé à Renault et PSA, la veille de l'annonce par ce dernier de 6 à 7 000 suppressions de postes en France cette année... Nicolas Sarkozy s'est mis en première ligne. Point de fusible. Par ses annonces, il court-circuite tantôt le Parlement, tantôt les partenaires sociaux, tantôt le gouvernement. Faut-il que le roi soit nu... ou narcissique !
« La justice, ce doit être une priorité en ce moment. » Une vraie révélation... non ? 7 minutes se sont écoulées, il n'a pas parlé de la Guadeloupe ... mais masque. Le président préfère recouvrir ces mesures, si contraires à son programme, d'un traditionnel vernis de campagne : il pense « à ceux qui travaillent dur pour faire vivre leurs familles » ; il ajoute qu'« il faut continuer à revaloriser le travail ». Il clame encore que remettre « la valeur travail au cœur de notre économie est une nécessité ». Le voici même qui rappelle et menace : « les réformes doivent continuer », et notamment celles de l'hôpital, des lycées, des universités, de la formation professionnelle. Pire, l'État est « devenu trop lourd ». Tel un fauve blessé, il crie encore qu'il nous propose « le seul chemin qui vaille», « celui de l'effort, de la justice, du refus de la facilité. » La messe est dite. Sarkozy est le Chirac autiste de décembre 1995. Il est bientôt 20h10, Nicolas Sarkozy n'a pas parlé de la Guadeloupe. C'est normal, « aujourd'hui c'était ma réponse » aux inquiétudes sociales, prévient-il. Les Antilles, c'est demain. Jusqu'au bout, il veut montrer qu'il maitrise l'agenda, qu'on ne lui impose rien. Les Antillais attendront bien 24 heures de plus. La crise économique a sonné le glas du programme présidentiel idéologique. Élu sur le thème fameux « travailler plus pour gagner plus », Nicolas Sarkozy avait déjà battu retraite il y a un an, un jour de janvier 2008 quand il avouait devant des journalistes souriants que « les caisses étaient vides ». Il y a 5 mois, quasiment jour pour jour, la banque Lehman Brothers disparaissait. On a attendu Nicolas Sarkozy 10 jours durant, avant qu'il ne réagisse à Toulon fin septembre. Le monarque était tétanisé par une crise qui le dépasse et qu'il a aggravée. Depuis 5 mois, il résiste. Il avait fait la réponse traditionnelle de la droite face à la crise : il faut sauver les entreprises pour sauver vos emplois. C'était « le plan de relance par l'investissement ». Mercredi 18 février, il a cédé. Il a dû jouer «social» et mettre un genou à terre. Un genou seulement. Retrouvez tous les articles de Sarkofrance
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