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Sarkozy communique, les médias se défilent

Aliocha - Blogueuse associée | Vendredi 17 Juillet 2009 à 20:01 | Lu 10424 fois

Le 14 juillet, le président a fait le job: une communication réussie, une omniprésence médiatique, un succès digne de celui de Johnny. Le jeu du président est dangereux pour l'avenir du journalisme. Mais ne pas en suivre les règles est dangereux pour une carrière. Entre les deux, les journalistes semblent avoir fait le choix de la lâcheté.



(photo: cgo2 - Flickr - cc)
(photo: cgo2 - Flickr - cc)
Il n’aura échappé à personne je suppose que le 14 juillet fut l’occasion pour notre président, largement épaulé par mes confrères de la télévision, de mener une opération de séduction en montrant sa grande armée et sa jolie épouse. De quoi faire oublier la crise, le chômage et le reste.

Ah ! Qu’il est doux d’être Français le 14 juillet.

J’avais manqué ces grands moments de journalisme pour cause de déconnexion totale avec le monde. J’aurais préféré je crois ne jamais voir cela. Mais puisque c’est fait, voyons ce que l’on peut en dire.

L’art de passer à la télévision sans danger

Nicolas Sarkozy a, dit-on, souhaité rompre avec le traditionnel discours du 14 juillet, jugé ringard. Dont acte. Je ne suis pas certaine pour autant d’apprécier la modernité qu’il nous propose. Quelle meilleure façon en effet d’éviter les sujets qui fâchent que de faire diffuser sur France 5 un reportage glorifiant, avant de profiter du défilé pour assimiler son image à l’idée de puissance, pour laisser place ensuite à la contemplation de la reine douce et belle, puis à un show de Drucker bête à pleurer. Du pain et des jeux. La recette est connue depuis l’antiquité. Ce qui l’est moins, et que j’ai découvert à la Justice avec Rachida Dati, c’est d’occuper l’antenne sans jamais répondre aux journalistes. Je vous explique.

Le joli tour de passe-passe!

J’ai connu en tout six gardes des sceaux : Toubon, Guigou, Lebranchu, Perben, Clément et Dati. Les 5 premiers avaient l’habitude d’organiser régulièrement des conférences de presse à la chancellerie à chaque fois qu’un événement le justifiait, le plus souvent l’annonce d’une réforme ou une réaction sur l’actualité. Ils se prêtaient donc au feu nourri des questions de la presse. Avec Dati tout a changé. Les conférences de presse se sont réduites à moins de 5 en deux ans, d’ailleurs peu prisées par les journalistes. « Comment ?, songerez-vous, mais pourtant on la voyait souvent à la télévision ! ». En effet, on la voyait en déplacement parlant aux uns et aux autres, visitant ceci, s’exprimant là, mais jamais ou presque face à des journalistes. Pour les journalistes, il y avait l’admirable directeur de la communication qui répondait avec une bonne volonté louable à toutes les questions, techniques comme politiques, à croire que c’était lui en réalité le garde des sceaux.

Les journalistes seuls coupables

Vous saisissez l’intérêt de la manoeuvre ? Occuper le terrain médiatique dans ce qu’il a de plus favorable, l’image, et fuir ses dangers, les questions. J’ai bien peur que l’Elysée ne verse dans le même stratagème. « Haro sur le président ! » crieront les anti-sarkozystes, « quelle honte » s’indigneront mes confrères. Au risque de décevoir, j’ai bien du mal à reprocher au chef de l’Etat son talent médiatique. Il n’est pas fautif. Ceux qui sont fautifs, c’est nous les journalistes, et personne d’autre. Sommes-nous menacés d’emprisonnement si nous résistons ? Risquons-nous nos vies ? Que nenni, nous risquons nos jobs tout au plus, mais surtout de déplaire, de n’être plus en cour, de nous faire brocarder lors d’une conférence de presse et peut-être même humilier. Oui, et alors ? Je crains malheureusement que nous risquions au final bien plus que cela, quelque chose qui nous dépasse, dont nous sommes les dépositaires provisoires, pour tout dire je crains que nous ne risquions l’avenir du journalisme.

Lâcheté collective

La vérité c’est que nous sommes d’une immense et désespérante lâcheté collective. La vérité c’est que l’individualisme nous mène quotidiennement à supporter l’humiliation de l’un d’entre nous en nous félicitant secrètement que la foudre soit tombée juste à côté, sans saisir que c’est nous tous qu’on insulte. La vérité c’est qu’on critique ceux qui sont déjà à genoux avec l’illusion que nous, bien sûr, nous sommes encore debout. L’illusion, l’illusion seulement. Quant à ceux qui se croient très forts en pratiquant l’antisarkozysme de principe, ils me semblent être en réalité les premières victimes du système. Leurs critiques aussi systématiques qu’aveugles ne sont pas plus pertinentes que les léchages de pompe des autres. Dans les deux cas, la passion éloigne d’une critique distante et raisonnée.

Je crois au fond que nous payons notre refus déjà ancien d’avoir un conseil ou un ordre de journalistes. Faute d’avoir une structure qui nous rassemble, chacun défend sa vision du métier, sa carrière, ses intérêts propres. Et les rares fois où il s’agit de s’exprimer de façon collective, comme lors des Etats généraux de la presse, alors les seuls représentants que trouve l’Etat, ce sont quelques patrons de presse plus soucieux de l’avenir de leur groupe, voire seulement de leur poste que de celui de leur métier (sauf rares exceptions). C’est pourquoi je nourris beaucoup d’espoir à l’égard du futur code de déontologie. Non pas que j’y voie la promesse d’une profession entièrement vertueuse à brève échéance, la solution miracle à la crise que nous traversons, ou bien une quelconque marque de supériorité à l’égard des journalistes amateurs qui fleurissent sur la toile, mais parce que c’est l’espoir de pouvoir développer enfin un esprit commun autour de valeurs partagées. Cet esprit collectif qui nous fait aujourd’hui si cruellement défaut. L’initiative vient de la présidence de la République me répondra-t-on, elle est forcément viciée à la base. Allons, Sarkozy n’a rien inventé, ça fait des décennies qu’on en parle. Ne sombrons pas une fois de plus dans le piège de la haine irraisonnée. C’est un chantier nécessaire. A nous d’en profiter pour marteler le principe d’indépendance, c’est lui qui est le plus en danger, comme vient de l’illustrer cet étrange 14 juillet qui fut loin d’être le symbole de notre liberté.

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Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

67.Posté par PIPO 35 le 21/07/2009 19:24

J'ai bien aimé l'article de Marianne sur Johnny il y a quelques temps.
L'idole des jeunes ,toujours dans le sens du manche au niveau politique et musical, il a été hippie et yéyé quand c'était la mode, puis a eu recours aux compositeurs du moment :Berger, Goldman entre autres.
Aujourd'hui, dire qu'on aime ce chanteur fait passer pour un beauf.

Lorsque j'ai vu des images de Springsteen à Carhaix, je me suis dit : "Jojo est devenu un plouc"
...

66.Posté par ARAMIS le 21/07/2009 12:12

A vous lire, je me demande si c'est le seul cadre de la profession journalistique que vous analysez ou l'ensemble de la population qui se matérialise entre anti ou pro sarkozistes sous l'impulsion du mélangeur patenté, visant à diviser en permanence pour mieux règner. Au niveau des journalistes, il y a belle lurette que le constat de larbinat est fait par une très grande majorité de français. Anti Sarko depuis longtemps (c'est à dire anti conn...

65.Posté par patrons-voyous le 21/07/2009 08:52

Un code de déontologie ? Très bien !

Soyez concrète plutôt que de vous lamenter. Prenez en un d'un pays étranger ( étatsunien par exemple, là bas, les journaleux ressemblent plus à des pitbulls qu'à des bassets) , adaptez le, appliquez le à vous même, et proposez à vos confrères de l'adopter.

Montrez l'exemple et vous serez imitée.

Au bout de quelques années, ce code, s'il est bien fichu, s'imposera de lui même.

Maintenant à vous de nous démon...
http://patrons-voyous.fr/

64.Posté par Jean-Claude le 21/07/2009 05:49

Ah ! mes pauvres gens ! Vous avez effectivement intérêt à redresser la barre, car ce n'est pas seulement votre métier que vous déshonorez c'est la démocratie que vous contribuez à abattre et vous étiez le lien entre le pouvoir et la population vous ne l'êtes plus et c'est bien tard. De combien vos ventes toutes opinions confondues se sont cassées la gueule et ça va être pire si vous continuez. Le figaro un torche-cul quand on manque de papier ...

63.Posté par xano97 le 21/07/2009 00:21

Comme quoi il ne faut jamais désespérer; nous assistons ici, peut-être, à un début de reconquête. Du moins je l'espère. Enfin une journaliste qui reconnait que les membres de sa profession sont les valets consentants du pouvoir en place. A leur corps défendant ? Pas sûr... Depuis le début de la campagne présidentielle, par défiance vis àvis de Ségolène Royal, ils ont adoubé Sarkozy. Voilà celui-ci encensé, glorifié, flatté, mis sur un piédesta...

62.Posté par Revendik le 20/07/2009 19:42

@Lyz
Merci pour ce témoignage, ca ne doit pas être très facile de se mettre à nu comme ça.
Mais non d'une pipe, maintenant, il faut vous secouer. Ressaisissez-vous et réagissez.
De telles abbérations mensongères sont divulguées par tous ces "ministres godillots", qu'il n'est pas supportable , pour nous, comme pour vous, que vous en soyez devenus les complices.

61.Posté par Lyz le 20/07/2009 19:23

Bel article, et bonne question, longuement débattue à ce que je lis par ailleurs dans les autres commentaires.
Pourquoi attendre une déontologie commune, édictée, oups, éditée pour chacun?
Dans ma petite rédaction régionale, où en passant, je n'ai jamais vu l'ombre du moindre avantage fiscal, ou de ce statut de privilégié évoqués par certains commentateurs, et personnellement avec mon smic pour 45h travaillées par semaine ça me ferait plaisir,...

60.Posté par mentonnais le 20/07/2009 16:19

Journalistes vous n'avez plus de possibilitées d'êtres libres, comme tous français qui travaillent pour des patrons assujettis au pouvoir en place, c' est tiens toi tranquille ou casse toi.

Nous le voyons le resultat dans la presse locale, aucun article contre les petits barons locaux, même sur des sujets tres graves, alors comment voulez vous donner des vérités au niveau le plus haut .

la presse de certains pays reste libre du fait de la libe...
http://www.mentonnais.org

59.Posté par nanou le 20/07/2009 16:14

Très bon article!!!!!pour ceux qui ne connaissent pas le "fameux film " de PIERRE CARLES : PAS VU PAS PRIS , je l'ai revu récemment il est visible sur Dailymotion , déjà en 1994 c'était pas propre les journalistes et le pouvoir !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
http://nanougk.over-blog.fr

58.Posté par Libremax le 20/07/2009 16:03

On s'en fou Marianne veille !! ;-DD

57.Posté par Alien D le 20/07/2009 15:48

... Quid des journalistes Joseph Tual, Carine Azzopardi etc... "poursuivis" en Sarkozie pour une vidéo "off" du "Petit Père des People" ?

56.Posté par Sasori le 20/07/2009 15:37

@Mariette : merci pour votre commentaire.
Vous exprimez l'opinion d'une possible minorité encore silencieuse puisque non "agissante". Le verbe de la colère est couvert par les éructions répétées du Guignol, 1 er du nom.
Encore un effort, Français, et nous saurons nous unir dans nos contradictions contre cette régression de la démocratie à l'aube de 2012.

P.S : Si j'ai bien suivi le fil de votre pensée, vous deviez parler de William Golding et ...

55.Posté par jocelyne ouang le 20/07/2009 15:27

Je n'envie pas les americains SAUF SAUF le fonctionnement de leurs journalistes.Les points presse ou les politiques sont pousses dans leur retranchement;la DEONTOLOGIE si chere soit disant a notre pays.Quand on tient des Etats Generaux de la presse,chez nous c'est pour parler gros sous (n'est ce pas mr Joffrin??? ces sous c'est aussi les miens meme si Sarkozy et tant d'autres le considerent comme leur bien personnel)
Quand les journalistes REP...

54.Posté par titi le 20/07/2009 09:26

52. Posté par Indalecio le 20/07/2009 00:28
Je m'incline...., but no body’s perfect
Personne n'ait parfait : e s t , et non a i t , personne n'était parfait....Merci

53.Posté par Indalecio le 20/07/2009 00:28

@Albert Cohen (37)

Qu'il est loin le temps des Camus et Sartre...
Piètres philosophescertes, mais excellents journalistes et contradicteurs!


Pardon ?!

52.Posté par Indalecio le 19/07/2009 23:59

Les 20 premiers messages pour lire au moins deux commentateurs qui confondent les verbes être et avoir...

51.Posté par pallorcher le 19/07/2009 23:32

Article trés intéressant qui remet les pendules à l'heure. Dans cette période difficile ou les journalistes ne sont pas les biens venus, je trouve assez réconfortant de lire ces lignes.

50.Posté par titi le 19/07/2009 19:04

37. Posté par Albert Cohen le 18/07/2009 12:55
Qu'il est loin le temps des Camus et Sartre...
Pietres philosophes certes, mais excellents journalistes et contradicteurs!

Enfin il nous reste, Drucker, JCN, BHL, et le Grand Pujadas!!!!
De quoi se plaint-on ?
Vous oubliez Morandini, Apathie et l'ex de Charlie Hebdo nommé à FI pour ses compétences reconnues au sommet.. !!!

49.Posté par BA le 19/07/2009 14:21

Un article hilarant ! A pleurer de rire ! Lisez cet article :

« Regardez Carla Bruni-Sarkozy, belle de scène.

Vidéo : à New-York, la première dame était dans l’angoisse et dans le vent.
Happy Birthday, Mister Mandela… Carla Bruni-Sarkozy a exceptionnellement quitté samedi son habit de First Lady pour revêtir sa panoplie de rock star lors d’un concert caritatif en plein cœur de Manhattan.

Oublié l’épouse top-model en retrait, la parfaite hôtess...
http://www.gala.fr/l_actu/on_ne_parle_que_de_ca/regardez_carla_bruni-sarkozy_belle_de_scene_1839...

48.Posté par Kiosk le 18/07/2009 22:09

Joffrin a été insulté, mais par un ignare et ça s'est su. Ce que l'on retient surtout aujourd'hui, c'est que SoKrazy ignorait l'existence de la monarchie élective. Du coup, il s'est couvert de ridicule, une fois de plus, et pour longtemps. En effet, les livres d'histoire oublieront Joffrin, mais l'anecdote peut rester. Or, SoKrazy sera, lui, dans les livres d'histoire (dans l'annexe Bêtisier).

http://kiosque.fr.cr

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