Marianne2

Sarkozy candidat unique aux élections européennes

Sylvain Lapoix | Jeudi 23 Avril 2009 à 08:04 | Lu 15277 fois

Du Conseil national de l'UMP en janvier où ont été nommées les têtes de liste au tract de campagne dont il fait la couverture, le président de la République envahit les élections européennes. Et personnalise, une fois de plus, un scrutin qui ne le concerne pas !



Première page du tract officiel de campagne de l'UMP.
Première page du tract officiel de campagne de l'UMP.
Il aurait pu au moins laisser Michel Barnier faire son tract tranquille. Las : «je ne veux pas de cette merde !», aurait lancé, selon le Canard enchaîné, Nicolas Sarkozy en découvrant le papier jaune et vert proposé par le ministre-candidat aux européennes. Ce sera donc le tract de l'Elysée qui sera distribué à 3 millions d'exemplaires : un feuillet bleu et blanc où apparaît le président de la République et une citation «Quand l'Europe veut, l'Europe peut.» Le tract de Sarkozy, les mots de Sarkozy, l'image de Sarkozy. Mais la campagne des autres...

L'Europe : il l'a, il veut la garder !
Depuis la présentation des têtes de liste au Conseil national de l'UMP le 24 janvier, le Président intervient sur chaque point de la campagne européenne son parti, depuis la date de départ de ses ministres de leur poste jusqu'à la place des partis de la majorité dans les listes en passant par les couleurs des tracts. Et que répond Michel Barnier quand on lui demande comment l'Europe peut lutter contre le crise ? «Nicolas Sarkozy a mené la voie au G20», se contente de répéter la tête de liste Île-de-France.

Tract officiel de l'UMP (double page intérieure)
Tract officiel de l'UMP (double page intérieure)
Résultat, l'opposition ne trouve à se situer politiquement que contre Nicolas Sarkozy, comme le montrait la campagne de buzz du Parti socialiste mettant en avant le «personnage» maniéré et bling bling du Président comme homme-orchestre du scrutin. Une méthode qui donne un argument de choix pour les candidats UMP face à leurs adversaires : «s'opposer au président de la République, ça ne fait pas un programme pour les élections européennes», soufflait le ministre de l'Agriculture. Or c'est pourtant sur cette base que l'UMP fait campagne.

Pendant quelques jours durant la présidence française du Conseil européen, la rumeur avait couru que Nicolas Sarkozy voulait faire sauter la présidence tchèque pour conserver le poste six mois de plus. Une idée grotesque pour qui connaît le B.A.BA des institutions mais qui avait séduit les journalistes voyant un attribut de plus de la superpuissance sarkozyenne. Le Président français n'a-t-il pas tout fait pour s'arroger la paternité de toutes les initiatives européennes et de tous les plans de lutte contre la crise du Continent ces derniers mois ? «Le 7 juin, votez», annonce le tract. Manque de chance pour les électeurs, Sarkozy a déjà pris le scrutin en otage.



Accueil Accueil    Envoyer Envoyer    Imprimer Imprimer    Partager Partager


Dans la même rubrique :
< >

Mardi 9 Février 2010 - 15:34 Identité nationale: le sauve-qui-peut de l'UMP

Mardi 9 Février 2010 - 14:01 Quand les féministes défendent le voile intégral au nom de la «liberté»









© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72