Sarkozy au bout du rouleau ?
Dimanche 29 Mars 2009 à 07:00 | Lu 20824 fois I 106 commentaire(s)
Régis Soubrouillard
Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Il ne suffit pas de parler beaucoup pour savoir penser. Nicolas Sarkozy parle beaucoup, mais son langage est aussi confus que sa pensée est brouillonne.
Cette semaine, les mariannautes ont fait le même diagnostic que Marianne2.fr en ce qui concerne l’état de fatigue de notre président de la République. Visionnant les images de son discours aux salariés d’Alstom, dans le Doubs, Marianne2 estimait que Nicolas avait vraisemblablement besoin d’un petit peu de repos. L’article, lu par plus de 30.000 mariannautes, insistait sur le langage et la pensée, eux aussi très fatigués, du président. Deux exemples suffiront pour se remettre dans l’ambiance : « j’préfère qu’vous savez qu’vous soyez avec un actionnaire que vous connaissez ici…» ou « comme y’aura l’allongement de la durée de la vie, y’aura de plus en plus de gens qui voudront partir faire des tours en croisière ». Un déluge verbal reflet d'une pensée obscure quasi-délirante.
Nombreux sont les mariannautes qui ont moqué le comportement du président ou se sont demandés s’il était dans son état normal. Ahurissant –c’est son pseudo- s’énerve et juge Nicolas Sarkozy « pathétique, effrayant, ahurissant...pitoyable. A chaque fois, je n'arrive pas à croire que cela est possible, que ce charlot ait pu être élu à la tête de la 5ème puissance mondiale...les mots manquent pour décrire la vulgarité, le ridicule, la démagogie,..(liste qui ne peut être exhaustive) de ce guignol pitoyable censé nous gouverner...Mais je me pose une question: Force-t-il tant que cela sa profonde et véritable nature de concessionnaire de bagnoles d'occas comme le prétend Marianne? »
A président médiocre, language médiocre
Pavi tente de relativiser la médiocrité du verbe présidentiel : «il ne faut pas en rajouter sur sa médiocrité en français, celle-ci est dérisoire en comparaison avec ses profondes lacunes en matière d'économie, de psychologie, d'humanisme... les Français ont élu un type à leur image, sans doute... désespérant de nullitude ».
Beaucoup de mariannautes avouent leur honte de voir la France représentée par un tel personnage. Ainsi de Jpeps : « Et vous de quoi avez vous encore besoin pour admettre que vous avez un président qui n'est pas capable de parler autrement s'il n'a pas une feuille à lire rédigée par un sbire. Certes et malheureusement, ce président n'est pas le seul homme d'état inculte et ignare, aventurier de la politique. Il y en a d'autre ... et en France nous avons failli avoir Bernard TAPIE, très aimé par les foules aussi celui là mais en plus sympathique. Si la planche ne lui avait été savonné, il aurait pu finir président ! ».
Une façon de s'exprimer approuvée par le peuple ?
C’est un profond mépris pour le peuple que perçoit Zebredegrevy dans cette façon « d’adapter » sa langue à son public. Le parler médiocre serait réservé au peuple médiocre or, « le peuple de France, les prolétaires, pour parler un langage qui peut sembler daté, a toujours infiniment respecté la belle langue, voué un culte à Victor Hugo, Zola ou Aragon pour ne citer que quelques lettrés, beaucoup plus proches des gens que notre nabot. Le peuple de France, sans tarder, lui renverra énergiquement l'odieux mépris qu'il se croit obligé d'afficher, qui le rapetisse encore davantage et donne malheureusement une image détestable de notre pays. Comme écrivait Voltaire à Rousseau : « Écrasons l'infâme… ».
Ram estime, pour sa part, que la population se reconnaît dans cette façon de parler : « Chers marianautes, ne vous leurrez pas, une frange sûrement plus importante de la population approuve cette façon de s'exprimer, supérieure à ces environ 4% de posts prosarko sur ce forum.... ».
Bloup-Bloup préfère épingler l’auteur de l’article, pour finalement en remettre une couche sur le président : « Vous seriez un bon journaliste, vous auriez fait ce que j'ai fait, vous seriez allé compulser les archives de l'INA pour comparer Sarkozy 1985 à Sarkozy 2009. Et qu'auriez-vous constaté ? Qu'il était aussi vulgaire à 30 ans qu'aujourd'hui. Sauf qu'à l'époque, il avait l'excuse de l'âge, du parler « jeune » pour ne pas être capable de prononcer les négations. A 54 ans, l'intellect fatigué, les cernes en bas des joues, il ne se donne plus la peine de feindre. Il faut dire aussi que ses fréquentations ont déteint sur sa politique ».
Vandamme ou Sarko ?
Pour finir, Michael Specht s’est livré à un comparatif du « parler Sarko » et du parler « Van Damme ». A tout prendre, ce mariannaute estime que « les phrases de Van Damme sont beaucoup plus poétiques et surréalistes, le langage de Sarkozy est tout simplement vulgaire et médiocre. Quelques phrases-types de Van Damme pour comparaison :
« Moi, Adam et Eve, j'y crois plus tu vois, parce que je suis pas un idiot : la pomme ça peut pas être mauvais, c'est plein de pectine... ».
- « Je suis fasciné par l'air. Si on enlevait l'air du ciel, tous les oiseaux tomberaient par terre...Et les avions aussi...En même temps l'air tu peux pas le toucher...ça existe et ça existe pas...ça nourrit l'homme sans qu'il ait faim...it's magic...l'air c'est beau, en même temps tu peux pas le voir, c'est doux et tu peux pas le toucher...l'air c'est un peu comme mon cerveau... ».
- « T'as pas besoin d'un flash quand tu photographies un lapin blanc qui a déjà les yeux rouges ».
Y a pas photo…
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