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Sarkopromesse n°4 : objectif zéro SDF en 2008

Bénédicte Charles | Mercredi 14 Janvier 2009 à 07:41 | Lu 9772 fois

En 2009, Nicolas Sarkozy veut moraliser le capitalisme. Mais que sont devenues ses bonnes résolutions de l'an dernier, voire d'il y a deux ans ? Ainsi, fin 2006, le candidat Sarkozy promettait qu'en 2008, plus personne ne mourrait de froid dans la rue. Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est raté.



Nous sommes le 18 décembre 2006. Le candidat Nicolas Sarkozy est à Charleville-Mézières. Le soir, à l’issue d’une journée de visites d’usines, devant plus de 4000 personnes, il tient au parc des expositions de la ville un meeting sur le thème de «la France qui souffre». Celle des ouvriers dont on délocalise les usines, auxquels il promet: « qu’on laisse les gens travailler, qu’on exonère les heures supplémentaires de charges sociales et patronales, qu’on donne plus de travail, il y aura plus de pouvoir d’achat, il y aura plus de croissance et il y aura moins de chômage », comme il le confiait à TF1 un peu plus tôt dans l'après midi.

Celle, aussi, des pauvres, des SDF : «Je veux si je suis élu président de la République que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid», jure-t-il. Et de poursuivre : «Le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine. Si on n'est plus choqué quand quelqu'un n'a plus un toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société, où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui s'en trouvera remis en cause».


«D'ici à deux ans»
: on y est. Et rien n'a changé. Christine Boutin a pourtant gesticulé. Le 26 novembre dernier, après un mois qui a vu cinq sans-abri mourir dans la rue, la ministre du Logement demandait une étude sur l'opportunité d'obliger les sans-abri à rejoindre les centres d'hébergement d'urgence en cas de grand froid (température inférieure à moins six degrés). Le tollé provoqué par cette annonce a permis à Nicolas Sarkozy de faire mine de s'occuper activement du problème, et surtout d'éviter qu'on lui demande des comptes sur ses promesses de 2006 : il a joué le rôle d'arbitre entre les ultra-humanitaires et les méga défenseurs des libertés individuelles. Ainsi déclarait-il le 28 novembre 2008 : «Il faut agir de façon à ce que plus personne ne meure de froid en 2008, dans l'un des pays les plus riches au monde. C'est un scandale». Avant d'ajouter : «Est-ce qu'un homme ou une femme en pleine nuit dans le bois de Vincennes, malade, peut-être ayant bu, vivant dans des conditions épouvantables depuis des semaines, est-ce qu'il a la lucidité de savoir s'il veut ou s'il ne veut pas» être hébergé. «Je propose que cette personne-là, on lui donne à manger, on lui propose de la soigner, on lui permette de prendre une douche ou un bain, on lui montre la chambre ou le lit qu'on lui propose. Si elle n'en veut pas, elle s'en va, elle reprend la rue, c'est le respect de la dignité de la personne» de son «autonomie» et de sa «liberté».
En somme, ceux qui restent dans la rue l'ont bien choisi, puisqu'ils ont refusé tout ce qu'on leur propose! C'est ça, le prix de la liberté : mourir de froid dans la rue.

Les SDF, ils n'ont qu'à rentrer chez eux
Depuis, on ne compte plus le nombre de sans-abri morts pour l'amour de la liberté… Pourtant, le 29 décembre, lors d'une réunion à Matignon, François Fillon lançait ce mot d'ordre : «zéro refus d'hébergement pour le réveillon» du 31 décembre. «Dans le contexte actuel des températures froides et négatives que connaît la France, (la ministre du Logement) Christine Boutin a demandé que les préfets se mobilisent pour adapter le dispositif d'accueil et d'hébergement des sans-abri. Cela se traduit par un renforcement des équipes mobiles de maraudes et par une augmentation de 10.714 places par rapport aux 99.600 déjà ouvertes et par l'ouverture de lieux d'accueils 24 heures sur 24. François Fillon a donné instruction pour qu'aucune demande d'hébergement ne soit refusée», indiquait Matignon. Ainsi, le Premier ministre admettait que le nombre de places d'accueil des sans-abri est tout à fait insuffisant pour faire face aux demandes de ceux qui acceptent de renoncer à leur « liberté Â» pour sauver leur peau. 

Quant à l'objectif des « zéro SDF en 2008 », il est considéré comme irréaliste jusque dans les rangs de l'UMP. Pour preuve, cette vidéo (voir ci-dessous) produite en décembre dernier par le parti du président qui pourtant affirmait, à l'issue de son discours de Charleville-Mézières en 2006 : « Il y a un serment que je vais faire à la France : je ne vous trahirai pas ».


Va, lis et reviens





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