Connectez-vous S'inscrire
Marianne2

Royal: moi d'abord le PS après!

Elie Arié - Tribune | Samedi 28 Août 2010 à 16:01 | Lu 21924 fois

La soudaine vivacité médiatique de Ségolène Royal agace Elie Arié qui n'y voit qu'une occasion pour l'ancienne candidate de s'assurer un avenir politique radieux. Tant pis si le PS en prend pour son grade du moment qu'elle assure ses arrières.



Offensive médiatique de la dernière chance, tous azimuts (interview à Libé et à Marianne le 27 Août, passage à la télé le même soir, etc.) de Royal...du niveau que l'on voit: nous y reviendrons.

Mais sans doute trop tard pour la présidentielle: elle milite désormais pour une entente avec Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn en vue des primaires, (entente dont les deux autres ne veulent pas) ;Ségolène Royal espérait revenir au premier plan à l'occasion des élections régionales de mars 2010. Mais, dans les sondages, l'ex-candidate arrive désormais derrière ses rivaux : il ne s'agit plus, pour elle, que de tenter de négocier une bonne place en cas de victoire du PS en 2012.

Ne minimisons pas les rôles de ces sondages : ils n’ont strictement aucune valeur prédictive à près de deux ans de la présidentielle, ils ne font qu’indiquer le résultat d’une présidentielle qui aurait eu lieu le jour où ils ont été réalisés, dans des conditions totalement artificielles (avant les primaires, sans campagne électorale, sans que la totalité des candidats soient connus, pas plus que le contexte politique, économique et social du moment où ils se dérouleront, etc.) ; une présidentielle se joue dans les trois derniers mois, et ce ne sont pas Balladur, Jospin et Royal qui me démentiront ; il n’en reste pas moins que ces sondages totalement artificiels pèsent désormais très lourd dans la désignation, par chaque parti, de son candidat : par la seule faute des partis, ils fonctionnent désormais comme une prédiction autoréalisatrice.

Mais de quelle arme use Royal pour tirer la couverture médiatique à elle ? Toujours la même depuis 2007 :un simplisme destiné à attirer la sympathie et l’enthousiasme de ceux qui ont une approche simpliste de la politique (un petit coup d’œil sur les commentaires du forum de soutien de son association Désirs d’ Avenir est édifiant et vaut le détour ; aujourd’hui, c’est l’argument du « PS laxiste en matière sécuritaire » qui est mis en avant, sans grandes différences avec les propos de Sarkozy, voir des Le Pen père et fille ; discours feignant d’ignorer l’action du gouvernement Jospin en la matière, et que celui-ci vient de rappeler dans une Tribune Libre du « Monde ».
Il n’y a guère de différence, sur le fond, entre les discours développées par Sarkozy et Royal : les deux continuent à accréditer la thèse du « PS laxiste » ; si c’est de bonne ( ?) guerre de la part d’un adversaire politique comme Sarkozy, cela en dit long sur la stratégie de Royal : « périsse le PS plutôt que le peu qui me reste d’avenir politique personnel ! ».

Ajoutons que Ségolène Royal n'a jamais eu et n'aura jamais une « autre politique Â» à proposer: et elle évitera d'ailleurs toujours soigneusement de le faire.

La stratégie de Royal a consisté à jouer d'une sorte de populisme de gauche, pour attirer à elle les non-politisés, qui considèrent comme des trouvailles géniales : "l'ordre juste", "mettre l'économie au service de l'homme", "tout Euro dépensé doit être un Euro utile" "la politique par la preuve" "gagnant-gagnant", etc.

Le populisme n'est pas chez elle une nature, mais plutôt une stratégie; ; et, pour moi, c'est une circonstance aggravante, pour une candidate de gauche ("ce sont des cons, disons-leur des conneries").

Elle vient de se surpasser à La Rochelle, par un numéro à la Billy Graham, car ce sont les évangélistes américains qui inspirent sa technique oratoire; alors, vous pensez bien qu'elle ne gâchera jamais ces effets par des propositions crédibles, mais nécessairement ardues et chiffrées, sur la retraite, le déficit de l'assurance-
maladie, etc., totalement absentes de son « pacte » de 2007, car elles obligeraient à réfléchir et casseraient l'ambiance.



MOT-CLÉS : aubry, ps, royal, sarkozy, sondages



Le Mag

A partir de 5,99 € abonnez-vous à Marianne Numérique

S'abonner


La newsletter Marianne La page fan Facebook Marianne Marianne sur Twitter Marianne sur votre Mobile