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Ridicule: quand les béni-oui-oui de l'UMP moquent les non-non de l'opposition

Samedi 17 Juillet 2010 à 16:01 | Lu 18392 fois I 51 commentaire(s)

Laureline Dupont
Journaliste politique à Marianne, chargée du suivi de la droite et du centre En savoir plus sur cet auteur

Malgré le fâcheux épisode du lipdub des Jeunes populaires, une militante UMP a décidé de (re)prendre des risques en lançant fin juin L'Observatoire des Béni-non-non.


L'UMP peut toujours compter sur ses militants pour assurer la propagande. Pendant que les jeunes pop', à bord de leur caravane bleue, se déchaînent pour attirer l'attention des pauvres vacanciers échoués sur les plages françaises, les militants restés au bercail exploitent tous les filons pour ternir l'image de l'opposition. A peine Nathalie Kosciusko-Morizet avait-elle prononcé ces mots : « Le PS c'est le club des Béni-non-non » que la présidente des Jeunes populaires de l'Essonne se ruait sur Internet pour lancer un site : l'Observatoire des Béni-non-non, avec, en bonus, applications Facebook, tee-shirts customisés, goodies et clip vidéo.

La créatrice du site, Sophie Rigault, est également élue UMP à la mairie de Saint-Michel-sur-Orge et grande admiratrice de NKM. « Quand Nathalie Kosciusko Morizet a utilisé l'expression « béni-non-non » dans France Soir puis sur Canal +, j'ai trouvé la formule sympa, j'en ai parlé avec des amis et on a décidé de créer un site autour de cette expression. » De bien nobles motivations pour un résultat fort instructif. On apprend par exemple que l'opposition ne forme qu'une masse indivisible dans laquelle se mêlent indistinctement le FN, le PG, le NPA et le PS. Un clip vidéo du meilleur effet compile tous les « non » prononcés face caméra par Cécile Duflot, Marine Le Pen, Ségolène Royal, Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélenchon, etc. Et peu importe si les images utilisées sont sorties de leur contexte et n'ont rien à voir avec le schmilblick. Un extrait de la vidéo tourné par l'étudiant de Sciences Po qui s'était attiré les foudres de Mélenchon est repris pour l'occasion. Difficile de comprendre le lien entre le « petite cervelle » prononcé par Méluche et les béni-non-non qui refusent toute réforme ? Peu importe ! l'essentiel est de donner à voir une image désastreuse de l'opposition. 

Et Sophie Rigault ne craint aucune contradiction. Jointe par Marianne2, elle claironne : « Je suis UMP et fière de l'être ». Pourtant sur le site, par la moindre référence au parti majoritaire. Ni logo, ni mention spéciale, juste une absence totale de critiques envers le Mouvement populaire. « Ce n'est pas le site de l'UMP, je l'ai fait en tant que citoyenne », une citoyenne ravie de pouvoir faire la promotion des réformes du gouvernement.

Et l'UMP le lui rend bien. Jean-Marie Caillaud, collaborateur de NKM au secrétariat d'Etat chargé de la Prospective et du développement de l'économie numérique, témoigne :« Nous avons aidé Sophie Rigault avec l'Atelier (ndlr : le club de réflexion de Nathalie Kosciusko Morizet). Nous avons financé la réalisation du site à hauteur de 50 000 euros. Nous pensons que c'est une très bonne initiative».
Il est vrai que dépenser 50 000 euros pour un site qui se contente de critiquer une opposition qui joue son rôle d'opposition, c'est super important. Non-non?








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