Relance verte ne rime pas avec décroissance
Lundi 5 Janvier 2009 à 11:15 | Lu 10203 fois I 32 commentaire(s)
Bernard Maris
Avec France Inter, la chronique économique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. Le temps est à la relance. Les idées de décroissance semblent donc peu adaptées à la situation... Aux Etats-Unis, la mode est plutôt à l'économie verte, promise par Barack Obama. Un système vertueux, s'il peut profiter à tous.
James Hansen, climatologue en chef de la NASA, va-t-il inspirer Obama en matière d'économie verte ? (photo : World Development Movement - flickr -cc)
Ce n'est pas le moment de parler de décroissance avec tous les plans de relance en cours... Les Etats-Unis se préparent à une relance de 750 à 1000 milliards de dollars, ce qui est considérable, près de 7% du PIB (ces 1000 s’ajoutent aux 750 déjà engagés pour soutenir le secteur financier).
Nouvelles orientations
L’Allemagne prévoit un deuxième plan de relance, de l’ordre de 40 milliards d’euros qui s’ajouteraient aux 31 du premier. La France aussi, pense à une seconde relance. Bref, l’ambiance n’est pas à la modération et à la frugalité. Et pourtant... Et pourtant les Etats-Unis se préoccupent de donner un contenu à cette nouvelle croissance, notamment grâce aux 3 millions d'emplois de la « croissance verte » promise par Barack Obama.
S’agira-t-il d’une croissance vraiment verte ? Respectant l’environnement et limitant les émissions de gaz à effet de serre ? James Hansen - le climatologue en chef de la Nasa - vient d’écrire une lettre à Michelle et Barack, à propos, je cite, du « sujet le plus important de notre temps ». Quel sujet ? La terre se réchauffe, dangereusement.
Nouvelles orientations
L’Allemagne prévoit un deuxième plan de relance, de l’ordre de 40 milliards d’euros qui s’ajouteraient aux 31 du premier. La France aussi, pense à une seconde relance. Bref, l’ambiance n’est pas à la modération et à la frugalité. Et pourtant... Et pourtant les Etats-Unis se préoccupent de donner un contenu à cette nouvelle croissance, notamment grâce aux 3 millions d'emplois de la « croissance verte » promise par Barack Obama.
S’agira-t-il d’une croissance vraiment verte ? Respectant l’environnement et limitant les émissions de gaz à effet de serre ? James Hansen - le climatologue en chef de la Nasa - vient d’écrire une lettre à Michelle et Barack, à propos, je cite, du « sujet le plus important de notre temps ». Quel sujet ? La terre se réchauffe, dangereusement.
James a confié sa missive à John Holdren, pour être sûr qu’elle aboutisse rapidement à Barack et à son épouse. John Holdren, souvenez-vous, physicien renommé de Harvard, est le premier conseiller scientifique de la Maison Blanche. Il fait partie du « green team » de Barack aux cotés du prix Nobel de physique, Steven Chu, secrétaire à l’énergie.
Lettre à Obama
Dans la lettre de John figure le projet d’une taxe carbone, proportionnelle à l’empreinte carbone de chacun. James Hansen pense que le système d’attribution de quotas de carbone, de quotas de pollution autrement dit aux enchères, est insuffisant. Il propose de taxer tous les produits à proportion de leur empreinte carbone. Il veut « décarboner » l’économie. Vous direz, une taxe de plus, prévue, d’ailleurs par le Grenelle de l’environnement. Oui. Mais cette taxe, pour James Hansen, n’irait pas à l’Etat féderal. Elle serait redistribuée intégralement aux ménages, avec une demi part pour les enfants. De sorte que le ménage qui favorise peu la production de carbone, serait favorisé. Si son empreinte carbone est inférieure à la moyenne, il gagnerait même de l’argent.
Ce système pourrait avoir d’autres vertus. D’abord, de favoriser les produits locaux par rapport aux produits nécessitant du transport. Une manière de relocaliser l’économie. James Hansen fait remarquer que sa taxe découragerait également l’immigration illégale... puisque seuls les les citoyens légalement déclarés pourrait la percevoir... Mais le but n’est pas de lutter contre l’immigration, mais contre le carbone, « fléau de notre société », dit James Hansen...
La phrase : « L’idéologie environnementaliste est aussi dangereuse que le communisme. » Vaclav Klaus, président de l’Europe.
Retrouvez les chroniques de Bernard Maris sur France Inter
Lettre à Obama
Dans la lettre de John figure le projet d’une taxe carbone, proportionnelle à l’empreinte carbone de chacun. James Hansen pense que le système d’attribution de quotas de carbone, de quotas de pollution autrement dit aux enchères, est insuffisant. Il propose de taxer tous les produits à proportion de leur empreinte carbone. Il veut « décarboner » l’économie. Vous direz, une taxe de plus, prévue, d’ailleurs par le Grenelle de l’environnement. Oui. Mais cette taxe, pour James Hansen, n’irait pas à l’Etat féderal. Elle serait redistribuée intégralement aux ménages, avec une demi part pour les enfants. De sorte que le ménage qui favorise peu la production de carbone, serait favorisé. Si son empreinte carbone est inférieure à la moyenne, il gagnerait même de l’argent.
Ce système pourrait avoir d’autres vertus. D’abord, de favoriser les produits locaux par rapport aux produits nécessitant du transport. Une manière de relocaliser l’économie. James Hansen fait remarquer que sa taxe découragerait également l’immigration illégale... puisque seuls les les citoyens légalement déclarés pourrait la percevoir... Mais le but n’est pas de lutter contre l’immigration, mais contre le carbone, « fléau de notre société », dit James Hansen...
La phrase : « L’idéologie environnementaliste est aussi dangereuse que le communisme. » Vaclav Klaus, président de l’Europe.
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