Régionales: une campagne au ras du bitume
Lundi 22 Février 2010 à 17:01 | Lu 12233 fois I 94 commentaire(s)
Tefy Andriamanana - Marianne
A moins d’un mois du premier tour, la campagne ne vole pas très haut. Au menu : boules puantes, gauloiseries, et candidats à la ramasse. Les électeurs risquent de se boucher le nez et de bouder les urnes.
Pour les Régionales, chacun a ses arguments de poids. En décembre dernier, Anne Hidalgo, tête de liste PS à Paris, diffusait sur le réseau Twitter une photo prise avec un téléphone portable lors d’une séance plénière du Conseil Régional où l'on voyait Valérie Pécresse, sa rivale UMP… en train de dormir. Ce qu'a bien sûr démenti l'intéressée.
Si Pécresse a prétendu envoyer en fait un SMS, il y a d'autres casseroles que l'UMP a eu du mal à cacher. Jeudi 21 janvier, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie et tête de liste UMP, déclarait à 20 Minutes vouloir « automatiser » la ligne 14 du métro. C'est bien. Sauf que la ligne 14 a toujours été entièrement automatique.
Anne Hidalgo, visiblement pro de la Twitter vanne, s’en était amusée sur le réseau de microblogging. La gaffe de Jouanno a d’ailleurs largement été relayée dans les médias et sur le Web.
Si Pécresse a prétendu envoyer en fait un SMS, il y a d'autres casseroles que l'UMP a eu du mal à cacher. Jeudi 21 janvier, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie et tête de liste UMP, déclarait à 20 Minutes vouloir « automatiser » la ligne 14 du métro. C'est bien. Sauf que la ligne 14 a toujours été entièrement automatique.
Anne Hidalgo, visiblement pro de la Twitter vanne, s’en était amusée sur le réseau de microblogging. La gaffe de Jouanno a d’ailleurs largement été relayée dans les médias et sur le Web.
Bourdes et moqueries en série
Bizarrement, une autre bourde de Jean-Paul Huchon sur le même sujet est, pour l’instant, restée beaucoup plus discrète. Comme l’a remarqué leMonde.fr, interrogé le 6 février sur France Bleu, le président sortant de la Région Ile-de-France déclarait vouloir prolonger cette ligne 14… jusqu’en Normandie.
Les UMP sont décidément bien mal lotis. Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, était venu en Bourgogne soutenir le candidat de la majorité François Sauvadet. Mais le ministre s'est trompé et a appelé à voter pour François Patriat… le président PS sortant. Une gaffe largement relayée dans les médias. Un bon sujet de fond en somme.
Les UMP sont décidément bien mal lotis. Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, était venu en Bourgogne soutenir le candidat de la majorité François Sauvadet. Mais le ministre s'est trompé et a appelé à voter pour François Patriat… le président PS sortant. Une gaffe largement relayée dans les médias. Un bon sujet de fond en somme.
Boules puantes
Mais dans cette campagne, il n’y a pas que des candidats gaffeurs et des adversaires moqueurs, il y aussi le bonnes vielles boules puantes qui risquent surtout de dégoûter les électeurs de la chose politique.
Début janvier, plusieurs candidats UMP en Île-de-France dont Yves Jégo, tête de liste en Seine-et-Marne, ont relayé une rumeur sur le Web à propos d’un conflit d’intérêt autour du fils de Jean-Paul Huchon qui vit à Santiago du Chili avec sa petite amie. La droite accusait le père Huchon d’avoir complaisamment versé une subvention au musée où travaille sa belle-fille. Sauf que l’info était bidon comme l’ont noté nos confrères d’Arrêt sur images (partenaire du magazine Marianne).
Nouvelle boule puante quelques jours plus tard. Yves Jégo, encore lui, lançait sur Twitter : « Prêts à confier les lycées de nos enfants à ceux qui plaident pour la légalisation du cannabis et la dépénalisation des drogues ? », prêtant à Europe écologie ces positions sur la drogue, accusation reprise par Pécresse. Sauf qu'une fois de plus, l’argument était bidon comme l’a montré le blog « Les Décodeurs » .
Retrouvez le déroulé de cette polémique fumeuse avec le Pearltrees réalisé par notre blogueur associé David de Reversus :
Début janvier, plusieurs candidats UMP en Île-de-France dont Yves Jégo, tête de liste en Seine-et-Marne, ont relayé une rumeur sur le Web à propos d’un conflit d’intérêt autour du fils de Jean-Paul Huchon qui vit à Santiago du Chili avec sa petite amie. La droite accusait le père Huchon d’avoir complaisamment versé une subvention au musée où travaille sa belle-fille. Sauf que l’info était bidon comme l’ont noté nos confrères d’Arrêt sur images (partenaire du magazine Marianne).
Nouvelle boule puante quelques jours plus tard. Yves Jégo, encore lui, lançait sur Twitter : « Prêts à confier les lycées de nos enfants à ceux qui plaident pour la légalisation du cannabis et la dépénalisation des drogues ? », prêtant à Europe écologie ces positions sur la drogue, accusation reprise par Pécresse. Sauf qu'une fois de plus, l’argument était bidon comme l’a montré le blog « Les Décodeurs » .
Retrouvez le déroulé de cette polémique fumeuse avec le Pearltrees réalisé par notre blogueur associé David de Reversus :
Gauloiseries
Les gauloiseries sont aussi au menu. Fin janvier, le PS diffuse un communiqué sur les propos de Francis Delattre, maire UMP de Franconville, à l’égard d’Ali Soumaré, tête de liste PS dans le Val d’Oise. « Je croyais que c’était un joueur de l’équipe réserve du PSG », s’amusait-il le 28 janvier lors d’un meeting dans sa ville, faisant référence au manque de notoriété du socialiste.
Une mauvaise blague jugée « raciste » par le PS, en pleine polémique Frêche à l’époque. Mais le maire a récemment réitéré ses attaques contre Soumaré en l’accusant de plusieurs actes de délinquance commis entre 1999 et 2009 en vertu d'un extrait de casier judiciaire dont la provenance pose question. Soumaré a porté plainte pour diffamation.
Les Bretons ne sont pas en reste. Selon un communiqué du PS du 19 février, lors d’un tractage des socialistes, Bernadette Malgorn, tête de liste UMP dans la région aurait demandé à Houssein Ibrahim Houmed, candidat PS, s’il était « Français » et s’il avait sa « carte nationale d'identité ».
Un récit démenti par l’intéressée, jointe par Marianne2. Elle a dit ignorer qui était Houssein Ibrahim Houmed avant leur accrochage. Et, selon elle, c’est le socialiste qui l’a « abordée de manière agressive ». « Il m’a dit ‘Les gens comme vous ne veulent pas que des gens comme moi votent’, je lui ai répondu ‘Si vous êtes français, vous pouvez voter’ ». Le socialiste l’aurait alors questionnée sur sa définition de ce qu’est être français, elle dit lui avoir répondu : « Si vous avez votre carte d’identité, c’est que vous êtes Français ».
Une fois la version de la candidate UMP parue dans les médias, le PS a bizarrement choisi de retirer le communiqué de son site. Un retrait fait à la demande de Jean-Yves Le Drian, président PS sortant de la Région Bretagne, selon Emile Josselin, responsable des contenu web du parti, interrogé par LePost.fr. Un joli retour de bâton pour la rue de Solférino.
Mais que ses adversaires se rassurent, Malgorn promet d’être un beau spécimen. Une vidéo assez spéciale d’une de ses réunions publiques tourne déjà sur le Net.
Une mauvaise blague jugée « raciste » par le PS, en pleine polémique Frêche à l’époque. Mais le maire a récemment réitéré ses attaques contre Soumaré en l’accusant de plusieurs actes de délinquance commis entre 1999 et 2009 en vertu d'un extrait de casier judiciaire dont la provenance pose question. Soumaré a porté plainte pour diffamation.
Les Bretons ne sont pas en reste. Selon un communiqué du PS du 19 février, lors d’un tractage des socialistes, Bernadette Malgorn, tête de liste UMP dans la région aurait demandé à Houssein Ibrahim Houmed, candidat PS, s’il était « Français » et s’il avait sa « carte nationale d'identité ».
Un récit démenti par l’intéressée, jointe par Marianne2. Elle a dit ignorer qui était Houssein Ibrahim Houmed avant leur accrochage. Et, selon elle, c’est le socialiste qui l’a « abordée de manière agressive ». « Il m’a dit ‘Les gens comme vous ne veulent pas que des gens comme moi votent’, je lui ai répondu ‘Si vous êtes français, vous pouvez voter’ ». Le socialiste l’aurait alors questionnée sur sa définition de ce qu’est être français, elle dit lui avoir répondu : « Si vous avez votre carte d’identité, c’est que vous êtes Français ».
Une fois la version de la candidate UMP parue dans les médias, le PS a bizarrement choisi de retirer le communiqué de son site. Un retrait fait à la demande de Jean-Yves Le Drian, président PS sortant de la Région Bretagne, selon Emile Josselin, responsable des contenu web du parti, interrogé par LePost.fr. Un joli retour de bâton pour la rue de Solférino.
Mais que ses adversaires se rassurent, Malgorn promet d’être un beau spécimen. Une vidéo assez spéciale d’une de ses réunions publiques tourne déjà sur le Net.
Harkis contre Nazis
Autre spécialité de cette campagne, le Point Godwin et autres exagérations douteuses. Le 4 février sur Europe1, Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports et tête de liste UMP dans le Poitou-Charentes avait comparé les membres du MoDem qui avaient rejoint Ségolène Royal contre l'avis de leur direction nationale à des Harkis. Il s’en était excusé quelques temps plus tard.
Et décidément en Poitou-Charentes, la campagne vole très haut. Toujours le 4 février, lors d’un meeting de soutien à Bussereau, Jean-François Douard (divers droite), maire de Lagord (Charente-Maritime), affirme que Royal dirige la région « de façon dictatoriale ». « C'est une dictature du prolétariat certes, mais c'est quand même une dictature. Je vous rappelle que le nazisme était aussi une dictature du prolétariat », avait-il déclaré.
Et décidément en Poitou-Charentes, la campagne vole très haut. Toujours le 4 février, lors d’un meeting de soutien à Bussereau, Jean-François Douard (divers droite), maire de Lagord (Charente-Maritime), affirme que Royal dirige la région « de façon dictatoriale ». « C'est une dictature du prolétariat certes, mais c'est quand même une dictature. Je vous rappelle que le nazisme était aussi une dictature du prolétariat », avait-il déclaré.
Le risque de l'abstention
Au niveau national, on a aussi des arguments de poids. Il y a quelques temps, l’UMP avait accusé les collectivités locales PS de mener des campagnes de « désinformation » contre la politique du gouvernement.
Marianne2 avait déjà dénoncé l’hyprocrisie de ces arguments étant donné que le gouvernement mène campagne à grands frais dans la presse pour faire la pub de ses mesures. La dernière campagne en date a coûté 975 000 euros et visait à promouvoir le Grand emprunt. (Dont les dispositions n’ont pas encore été votées, comme l'a noté Arrêt sur images).
Au PS, ce n’est guère mieux. Le 5 février, Benoît Hamon, à la façon d’un monsieur Météo, a présenté la « carte des divisions et des couacs » de l’UMP. Histoire de se mettre au niveau de ses adversaires.
Bref, une campagne qui vole bas, où les thématiques de fond ne sont quasiment pas abordées. Il est vrai qu'il est plus facile d’élever le taux d’abstention que le débat.
Marianne2 avait déjà dénoncé l’hyprocrisie de ces arguments étant donné que le gouvernement mène campagne à grands frais dans la presse pour faire la pub de ses mesures. La dernière campagne en date a coûté 975 000 euros et visait à promouvoir le Grand emprunt. (Dont les dispositions n’ont pas encore été votées, comme l'a noté Arrêt sur images).
Au PS, ce n’est guère mieux. Le 5 février, Benoît Hamon, à la façon d’un monsieur Météo, a présenté la « carte des divisions et des couacs » de l’UMP. Histoire de se mettre au niveau de ses adversaires.
Bref, une campagne qui vole bas, où les thématiques de fond ne sont quasiment pas abordées. Il est vrai qu'il est plus facile d’élever le taux d’abstention que le débat.
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