Régionales: quand le PS rejoue la carte FN
Monte? Monte pas? A l'Elysée, on ne croit pas à une flambée du vote frontiste. Il n'empêche, le FN pourrait filer un sérieux coup de pouce au PS en se maintenant au second tour dans une dizaine de régions comme l'Alsace ou la Paca. Et en Provence, on sait apparemment très bien manier cette stratégie mitterrandienne de la triangulaire…
«Il ne faut surtout pas diaboliser Thierry Mariani. Nous, nous savons très bien qu’il est de la droite dure. Mais il n’est pas nécessaire de le rappeler aux électeurs, de leur rappeler l’histoire des tests ADN… » Cette phrase prononcée lors d'une réunion de militants de la région Paca par un membre du Secrétariat national du PS est claire. À la vue du CV de Thierry Mariani, les électeurs les plus « droitiers » pourraient être tentés de glisser un bulletin UMP dans l’urne en mars prochain. Mieux vaudrait qu’ils choisissent celui du Front national et de son vieux timonier, Jean-Marie Le Pen…
Après avoir finalement choisi de ne pas brûler sur l’autel du pragmatisme le principe de la retraite à 60 ans, certains au PS ont semble-t-il décidé de ne pas liquider un autre héritage de l’époque Mitterrand : l’agitation du chiffon noir Front national qui — triangulaires aidant — permet à la gauche de passer en tête au soir du second tour.
En Paca, la publication dans la presse d’un sondage commandé par le candidat socialiste et président sortant, Michel Vauzelle, vient d’ailleurs renforcer cette idée. En fin de semaine dernière, le patron de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a en effet rendu publics les résultats d'une enquête d’opinion réalisée par l'institut Isama lui conférant la victoire (quelle que soit la configuration au second tour) et créditant Jean-Marie Le Pen de 19% d’intentions de vote. Soit 7 points de plus que dans un sondage datant de fin octobre ! (voir graphique ci-dessous).
Troublante percée du Front national en seulement trois mois. Car si l’on se penche sur deux enquêtes réalisées exactement aux mêmes périodes (fin octobre 2009 et fin janvier 2010) en Languedoc-Roussillon, on ne constate pas une telle hausse du vote frontiste. Bien au contraire. Quand en Paca le FN gagne 7 points, en Languedoc-Roussillon il en perd 1, passant de 9% à 8%... (voir graphique ci-dessous) Le Sud-Est a beau être un formidable terrain de jeu pour l’extrême droite, la différence de progression a de quoi surprendre.
Jean-Marie Le Pen : et sa notoriété, c’est du poulet ?
Le sondage réalisé par Isama avait de quoi le réjouir. 19%, voilà pour lui une bonne nouvelle. Mais le patron du Front a quand même trouvé à redire ! En plus des intentions de vote, l'institut de sondages a également testé auprès des sondés la notoriété des candidats. Enfin, de certains candidats : celle de Jean-Marie Le Pen n'a pas été évaluée... Du coup, le leader frontiste s'est fendu d'une courte lettre à Jérôme Sainte-Marie pour se plaindre.
Le dirigeant d'Isama, lui, affirme que sa société s'est contentée de tester la renommée des « concurrents directs » de Michel Vauzelle. Explication peu convaincante : en plus de la notoriété du président socialiste sortant (connu de 77% des sondés), Isama a étudié celle de son concurrent de droite, Thierry Mariani (50%), celles de ses concurrents de gauche Jean-Marc Copolla (31%) et Laurence Vichniewsky (18%), ainsi que celle de… Jacques Bompard (43%), ancien du Front crédité de seulement 3% des intentions de vote ! Si Jean-Marie Le Pen pointe, lui, vraiment à 19% des intentions de vote et peut effectivement se maintenir au second tour, qu’est-il si ce n’est un « concurrent direct » ? Il fallait sans doute ne pas blesser l’orgueil du commanditaire du sondage, Michel Vauzelle, assurément moins connu que le dirigeant du Front national...
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|


Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte





Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter