Régionales PACA: Michel Vauzelle joue bye bye Solferino… Jean-Claude Bouildé - Marianne | Lundi 23 Novembre 2009 à 11:01 | Lu 8668 fois
Le parachutage à Toulon de Razzy Hammadi échoue et Michel Vauzelle s'affiche plus que jamais comme un seigneur qui contrôle son fief. Du coup, ça fait réfléchir aussi les communistes qui trainent des pieds pour appliquer la ligne du Front de gauche.
Les portables s’affolent dans le cabinet de Michel Vauzelle et dans les diverses fédérations du PS de PACA. C’est désormais officiel, l’ancienne icône du MJS national ambitionne un retour aux sources dans le Var. Mais voilà, tout le monde ne l’entend pas comme ça, et sa candidature apparaît rapidement comme un boulet pour Vauzelle et ses camarades. Jeudi soir, l’affaire semble entendue, Razzy Hammadi ne fait plus partie de la liste varoise. Un premier coup de semonce de la part des militants locaux est alors envoyé vers Solferino, le siège du PS. En substance, le message est clair et se résume ainsi : « Nous pouvons garder la région, ne nous plombez pas ! ».
A croire que Martine Aubry est dure d’oreille, on joue la montre et on se donne rendez-vous pour samedi lors une seconde commission électorale. Et là, coup de théâtre ! On remet sur la table la candidature de Razzye Hammadi, mais cette fois-ci, sur le quota de place du courant de Martine avec un arrangement à douze bandes qui implique un jeu de chaises musicales dans toute la PACA. Finalement, sans succès, c’est le coup de grâce, Michel Vauzelle et ses militants sont maîtres chez eux. Pas question d’imposer qui que ce soit venu de Paris. N’en déplaise à Aubry, le parachutage forcé est un usage dépassé en PACA. Les communistes s’affranchissent des « sauciflards » ?
Il a voté non au référendum européen et ne s’est pas rendu à Versailles pour introniser Sarkozy. Des actes politiques qui ne suffisent pas à convaincre les communistes de faire liste commune en PACA avec l’édile socialiste. Convaincus de flirter avec les 10% à l’arrivée, les caciques des listes Front de gauche autonomes concrétisent bel et bien leur souhait de faire cavalier seul.
Toutefois, et ce n’est pas coutume dans l’ancienne annexe française stalinienne, des voix s’élèvent et c’est le parfum de la division qui se fait jour. Elus sortants, Vice Président de la région, jeunes cadres du PC, les appels internes rendus de plus en plus souvent publics se multiplient. A cela, il faut ajouter l’alliance incertaine avec les trotkistes du NPA. Les vieux militants en perdent leur latin. Certains jeunes annoncent déjà une mort en trompe l’œil pour ce « dernier » combat. Une chose est sûre, dans les réseaux du Front de gauche, on s’interroge sur la possibilité de passer les 5%, seuil fatidique afin de préserver au moins un élu. Rappelons que lors des européennes, Marie-Christine Vergiat, tête de liste Front de Gauche avait fait un score flatteur de… 6%, ce qui lui avait permis d’être élue à la surprise générale. Falco fait campagne pour Vauzelle, Estrosi aussi ?
Est-ce par esprit revanchard ou pour signifier que son absence est tragique pour la droite provençale ? Une certitude cependant, Hubert Falco a reçu Michel Vauzelle comme un Prince lors de sa dernière sortie varoise en signifiant bien que la région dirigée par le socialiste avait toujours été là quand il le fallait. Devant les gens du coin, cette marque de reconnaissance n’a pas de secret. « On a compris le message » s’est même fendu l’un d’entre eux après les discours. Le préféré de Sarkozy va devoir s’y faire, Thierry Mariani n’est pas en terrain conquis quand il se rend dans le Var, les Alpes-Maritimes ou les Bouches-du-Rhône, bien au contraire serait-on tenté de préciser. Le « sarko désigné » puis élu par les militants UMP pour emmener la liste du parti présidentiel en PACA va devoir jouer des coudes pour s’imposer, si ce n’est déjà pas trop tard. Pour lui, sorti du Vaucluse, le Sud-est est un terrain miné.
Du côté du sous-ministre de l’Industrie, le son de cloche est légèrement différent mais se traduit de la même manière. Christian Estrosi se positionne pour une autre échéance, celle de 2014 et du renouvellement concomitant des conseils généraux et régionaux. Il n’a pas du tout intérêt à voir émerger une autre figure de droite sur la scène régionale. Maintenant que Falco est grillé dans la Sarkozie, et que le Président s’évertuerait à le lui faire comprendre au quotidien, l’éclosion du député du Vaucluse Thierry Mariani an cas de victoire lui interdirait toute ambition régionale. Si l’union est de mise dans les discours, sur le terrain, le Maire de Nice ne ménage pas ses efforts pour bien faire comprendre que la véritable échéance n’est pas celle de mars prochain… Au jeu de qui en fera le plus pour faire perdre son camp, pas sûr finalement qu’on arrive à départager les vainqueurs.
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