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Régimes spéciaux : tout ça pour 200 millions...

Bernard Maris | Mardi 13 Novembre 2007 à 07:25 | Lu 18241 fois

Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. La fin des régimes spéciaux ? Un gain ridiculement petit. Sortez vos calculettes.



Régimes spéciaux : tout ça pour 200 millions...
On a le sentiment, avec le conflit qui se prépare d’une bagarre plus symbolique qu’autre chose. C’est vrai, les salariés de la SNCF et de la RATP (ce seront eux qui seront au front mercredi et sans doute jeudi) partent plus vite en retraite que l’ensemble des salariés français. Mais guère. A la RATP, on part, en moyenne, à 55 ans, à la SNCF à 57,7 ans. Or l’âge moyen du départ à la retraite en France est de 58,8 ans. Un an plus tard qu’à la SNCF. C’est en France que l’on part le plus tôt à la retraite en Europe, où l’âge moyen du départ est de 61,1 ans. Mais en Suède vous partez à 64 ans, en Norvège à 63, au Royaume Uni à 62,3 en Irlande à 65 en moyenne etc

Si l’on voulait vraiment rééquilibrer les régimes de retraite, la première chose à faire serait de ne pas renvoyer par force les gens chez eux. Or les entreprises pratiquent systématiquement les pré-retraites. Et elles répugnent toujours à embaucher des seniors, sauf dans les métiers très qualifiés.
La deuxième chose à faire serait de mettre tous les gens au travail, de faire baisser drastiquement le chômage.
Globalement, le coût pour l’Etat de ces régimes spéciaux est-il si important que ne le dit le gouvernement?… Le déficit des régimes spéciaux est de 5 milliards d’euros, un peu plus que le déficit du régime général, 4 milliards. Mais si la réforme passe, le gouvernement va économiser environ 200 millions d'euros la première année, un milliard dans cinq ans, et deux milliards dans dix. Je rappelle que les entreprises bénéficient de 18 milliards d’euros d’exonérations de charges sociales par an, qui, par définition, ne vont pas à la Sécu, et qui ont un effet plus que douteux sur l’économie et l’emploi.

Cela dit, le débat sur le financement des retraites inclut également une question de principe sur l’âge du départ à la retraite... Oui, depuis 2003, une loi Fillon déjà, il est prévu le rapport entre la vie active et la vie de retraité ne doive plus bouger ; jusqu’ici on admettait que les gains d’espérance de vie allaient au temps libre, désormais c’est fini. Comme on passait en 2003 les deux tiers de sa vie au travail, on estime que pour chaque année nouvelle gagnée, 9 mois iront au travail, et 3 à la retraite. Pourquoi ? Mystère. Au nom de quoi les progrès sur la mort devraient-ils être affectés au travail ?


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Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.


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