Raffarin ment sur la Chine, Muhlmann s'excuse...
Samedi 8 Janvier 2011 à 12:01 | Lu 32502 fois I 61 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Invité mardi soir de l'émission de Guillaume Durand, Face aux Français, l'ancien Premier Ministre a vivement contesté avoir dit un jour que la Chine avait quitté la route de la de la dictature, arguant d'une erreur de traduction mal interprétée. Pas très convaincant, la phrase a été prononcée le 28 avril 2008 au micro de Jean-Michel Aphatie, dans un français parfaitement compréhensible.
Echange savoureux mardi soir, tard, sur le plateau de « Face aux Français », l’émission de Guillaume Durand. Sont invités Jean-Pierre Raffarin et Pierre Arditi, pour un débat supposé politique. Les échanges entre le people de gauche et le politique de droite n’auront guère d’intérêt. C’est bien plus tard après une heure et demi d’émission que l’affaire se corse.
Guillaume Durand décide d’évoquer la question qui fâche : la Chine, avec Nicolas Dupont Aignan en plateau. On connaît les positions ultra sino-philes de Jean-Pierre Raffarin. Co-animatrice de l’émission, Géraldine Muhlmann revient sur le parcours « chinois » de Raffarin, sa première visite en Chine dans les années 70 et surtout cette phrase prononcée en avril 2008 : « La Chine a quitté la route de la dictature ». Raffarin interrompt l’animatrice aussi sec : « je n’ai jamais dit ça. Je conteste cette phrase !».
Muhlmann défend bizarrement son bout de gras « Ah bon, je l’ai trouvé alors c’est une mauvaise source. Je vous prie de m’en excuser Je l’ai pourtant trouvé sur le net et à plusieurs reprises et c’était plutôt bien sourcé ». (NDLR : à visionner sur le site de France 2 à partir de 1h35)
L’ancien premier ministre n'en démord pas et poursuit sa laborieuse démonstration : « c’est une chose que je n’ai pas dite. C’est très difficile dans ces sujets là. Parce que souvent nous parlons, c’est traduit en Chinois puis retransmis dans la presse là-bas qui est en anglais puis ça revient en Français, donc il y a des interprétations sur ces sujets là… ».
Le « noyage » de poisson façon traduction de traduction mal traduite, retraduite, puis mal interprétée est exemplaire mais…complètement faux! Un mensonge éhonté !
Comme le prouve la vidéo (le son existe aussi sur le site de RTL… ), Raffarin a prononcé cette phrase dans les studios de RTL au micro de Jean-Michel Aphatie le 28 avril 2008 dans un français parfaitement compréhensible : « La Chine est en voie d’apaisement. Elle a quitté la route de la dictature. Il y a encore un certain nombre de traces aujourd’hui mais la Chine connaît un certain nombre de progrès ». Dans la droite ligne du discours raffariniste, jamais avare d’un mot sympathique à l’égard du régime de Pékin. Encore récemment, Jean-Pierre Raffarin a publié un livre avec sa compagne, Ce que la Chine nous a appris, une ode au modèle chinois, édité uniquement en Chine.
Au passage, on s’étonnera des plates excuses de la journaliste Géraldine Muhlmann. Politologue dans une autre vie, très intéressée à la vie des médias et au journalisme, Géraldine Muhlmann avait commis un livre intitulé Du journalisme en démocratie, véritable panégyrique du journalisme américain sans complaisance à l’égard des pouvoirs, appelant Orwell ou encore Norman Mailer à la rescousse de sa démonstration. Très bien accueilli par la critique, le livre torpillait le principe de critique des médias. Il n’était alors pas dit que les excuses en direct et non fondées à l’adresse d’une personnalité politique prise en flagrant délit de bidonnage faisaient partie du modèle journalistique intransigeant à l’américaine.
Guillaume Durand décide d’évoquer la question qui fâche : la Chine, avec Nicolas Dupont Aignan en plateau. On connaît les positions ultra sino-philes de Jean-Pierre Raffarin. Co-animatrice de l’émission, Géraldine Muhlmann revient sur le parcours « chinois » de Raffarin, sa première visite en Chine dans les années 70 et surtout cette phrase prononcée en avril 2008 : « La Chine a quitté la route de la dictature ». Raffarin interrompt l’animatrice aussi sec : « je n’ai jamais dit ça. Je conteste cette phrase !».
Muhlmann défend bizarrement son bout de gras « Ah bon, je l’ai trouvé alors c’est une mauvaise source. Je vous prie de m’en excuser Je l’ai pourtant trouvé sur le net et à plusieurs reprises et c’était plutôt bien sourcé ». (NDLR : à visionner sur le site de France 2 à partir de 1h35)
L’ancien premier ministre n'en démord pas et poursuit sa laborieuse démonstration : « c’est une chose que je n’ai pas dite. C’est très difficile dans ces sujets là. Parce que souvent nous parlons, c’est traduit en Chinois puis retransmis dans la presse là-bas qui est en anglais puis ça revient en Français, donc il y a des interprétations sur ces sujets là… ».
Le « noyage » de poisson façon traduction de traduction mal traduite, retraduite, puis mal interprétée est exemplaire mais…complètement faux! Un mensonge éhonté !
Comme le prouve la vidéo (le son existe aussi sur le site de RTL… ), Raffarin a prononcé cette phrase dans les studios de RTL au micro de Jean-Michel Aphatie le 28 avril 2008 dans un français parfaitement compréhensible : « La Chine est en voie d’apaisement. Elle a quitté la route de la dictature. Il y a encore un certain nombre de traces aujourd’hui mais la Chine connaît un certain nombre de progrès ». Dans la droite ligne du discours raffariniste, jamais avare d’un mot sympathique à l’égard du régime de Pékin. Encore récemment, Jean-Pierre Raffarin a publié un livre avec sa compagne, Ce que la Chine nous a appris, une ode au modèle chinois, édité uniquement en Chine.
Au passage, on s’étonnera des plates excuses de la journaliste Géraldine Muhlmann. Politologue dans une autre vie, très intéressée à la vie des médias et au journalisme, Géraldine Muhlmann avait commis un livre intitulé Du journalisme en démocratie, véritable panégyrique du journalisme américain sans complaisance à l’égard des pouvoirs, appelant Orwell ou encore Norman Mailer à la rescousse de sa démonstration. Très bien accueilli par la critique, le livre torpillait le principe de critique des médias. Il n’était alors pas dit que les excuses en direct et non fondées à l’adresse d’une personnalité politique prise en flagrant délit de bidonnage faisaient partie du modèle journalistique intransigeant à l’américaine.
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