A partir de 5,99 € abonnez-vous à Marianne Numérique
Radio-France: Albanel lâche Cluzel en direct !Régis Soubrouillard | Mardi 10 Mars 2009 à 18:12 | Lu 22705 fois
Invitée à donner son avis sur le bilan de Jean-Paul Cluzel, à la tête de Radio-France, la ministre de la culture, Christine Albanel, s'est livrée à un exercice maladroit d'évitement des questions. Tenue par Sarkozy, incapable de donner un avis sur la présidence Cluzel, Christine Albanel aurait voulu lâcher le président de Radio-France en direct qu'elle n'aurait pas fait mieux.
L’affaire semble entendue, le président de Radio-France, Jean-Paul Cluzel peut commencer à vider les tiroirs de son bureau et à faire ses cartons.
Selon Le Canard Enchaîné, le président de la République aurait déclaré à quelques journalistes que Cluzel « c'est du n'importe quoi. Il n'en fait qu'à sa tête, et il se laisse manipuler par la gauche et les syndicats ». A cela s'ajoute la polémique déclenchée par Stéphane Guillon, dont les chroniques ne seraient, là encore, pas du goût de sa Majesté : « C'est injurieux, c'est vulgaire, c'est méchant. Vous vous rendez compte de ce qu'il dit, à l'heure de la plus grande écoute, sur la vie privée de Strauss-Kahn ou sur le physique de Martine Aubry » aurait lâché Sarko. Surtout, le Président a jugé « déplacées » les photos de Jean-Paul Cluzel posant pour un calendrier d’Act-up. Des noms de successeurs ont déjà commencé à fuiter : le directeur de France Culture, Bruno Patino, le conseiller de Radio France David Kessler, Denis Jeambar, Jean-Marie Colombani, ancien patron du Monde, à la tête du site slate.fr et aussi Laurent Joffrin qui a déclaré dans un article de… Libération « n’être au courant de rien ». Aux dernières nouvelles cependant, Patino et Joffrin seraient les favoris. Cluzel débarqué pour de mauvaises raisons ? Interrogée hier soir dans le Grand Journal par Ali Baddou, chroniqueur à Canal Plus et présentateur des Matins de France Culture, sur le possible débarquement de Jean-Paul Cluzel, Christine Albanel, très embarrassée a louvoyé, prenant garde de ne pas répondre aux questions: « il ne s’agit pas de débarquement, c’est quelqu’un qui arrive à la fin de son mandat, c’est un moment où, en effet, va se poser la question du renouvellement… ». Le d’habitude si lisse Ali Baddou est alors revenu quatre fois à la charge – quatre fois ! Du jamais vu en France ! Peut-être une première réaction à la dernière interview du président de la République où la « fierté » journalistique en a pris pour son grade. On pourra simplement regretter que les journalistes se montrent aussi insistants à obtenir des réponses uniquement quand le sort de leur « employeur » est en jeu. Le chroniqueur a reproché à la ministre d’éviter ses questions : « reconnaissez au moins que si on le débarque parce que sur son antenne il y a des choses qui ont déplu, ce sont de très mauvaises raisons ? Si c’est vrai, c’est grave ? Vous ne répondez pas à ma question ? Si c’est pour ces raisons, c’est grave ? ». Pourquoi justifier le débarquement de Cluzel ? Acculée, la Ministre a fini par lâcher comme un lapsus « personne ne dit que ce sera pour ces raisons ». Une façon d’avouer entre les lignes que le temps de Cluzel est compté. Interrogée finalement sur le bilan de ce dernier, qui est candidat à sa propre succession, Mme Albanel a répondu qu'elle « ne pouvait pas à ce stade donner des bons ou des mauvais points à Jean-Paul Cluzel ou à d'autres ». Comme on la comprend, pour virer Jean-Paul Cluzel, il faudrait trouver de bonnes raisons, qui seraient autant de mauvais points. Or, en termes d’audience, les stations de Radio-France ne se sont jamais aussi bien portées...Et donner des raisons de débarquer Cluzel, ce serait donner le sentiment à l'opinion qu'une nomination doit se justifier. Quand Sarkozy n'avance que le seul fait du Prince. Circulez...
Voir les 77 commentaires
Dans la même rubrique :
|
|
||

Imprimer
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Accueil
Envoyer
Partager

