Connectez-vous S'inscrire
Marianne2

RSA : la Réforme qui Sert A rien

Cédric Omet | Mercredi 15 Avril 2009 à 13:23 | Lu 19347 fois

Martin Hirsh voulait lutter contre l'assistanat et résoudre le problème des travailleurs pauvres. L'enquête publiée par la Drees démontre au contraire que le RSA renforce certaines inégalités sans apporter aucune amélioration sur le retour à l'emploi.



(capture d'écran : dailymotion - France Inter)
(capture d'écran : dailymotion - France Inter)

Selon une enquête de la DREES – Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques – le RSA a « un impact limité en terme de maintien ou d’accès à l’emploi Â». En effet, « aucune différence significative Â» n’a été observée entre les zones tests, dans lesquelles le RSA a été expérimenté, et les zones témoins, zones comparables où le RSA n’a pas été expérimenté. Pire: la Drees fait apparaître que le RSA est contre-productif.


Le RSA accroît les inégalités sociales!

Le rapport précise en effet que la reprise d’emploi est plus importante pour les personnes titulaires d’un baccalauréat. Et les auteurs de cette étude de conclure : « Il semblerait donc que l’accès à l’emploi ait été facilité par le RSA pour les populations ne cumulant pas trop d’obstacles Â». Donc pour des populations qui n'en avaient pas réellement besoin. En revanche, pour les moins diplômés, le RSA s'avère être un véritable boulet : dans les zones tests – avec RSA – seuls 8% d'entre eux ont retrouvé un emploi, contre 12% pour les zones témoins – sans RSA. 


Inquiétant, quand on sait que les non diplômés sont sur-représentés chez les futurs bénéficiaires du RSA (seul un sur cinq est titulaire du bac) !


Rapport de la Drees
Rapport de la Drees

Des différences entre départements qui n’arrangeront rien ! 

Et l’accompagnement des allocataires, fer de lance du projet de RSA? Il ne vaut guère mieux que celui (déjà quasi inexistant) réservé aux bénéficiaires du RMI : là encore, il n’y a pas d’amélioration observable dans les territoires qui ont testé le dispositif. Certes, la gestion du RSA étant décentralisée, les mesures d’accompagnement pourront différer selon les départements. Mais comme le passage du RMI au RSA va se faire à moyens constants dans la plupart des conseils généraux, on peut légitimement douter du volontarisme sur la question, d'autant que les départements qui ont testé le RSA étaient tous volontaires, donc ultra-motivés. C'est dire… D’où ce constat sans appel : « l’accompagnement, tant sur le volet social que sur le volet professionnel, a peu varié depuis la mise en place du RSA Â» 


Un mécanisme obscur...

Enfin, le rapport met en cause le mode de calcul même du RSA. L'allocation va fluctuer en fonction du salaire. En cela, elle va créer une instabilité car les bénéficiaires s’interrogeront chaque mois sur le montant de leurs droits, sans savoir véritablement si des erreurs ont été commises ou non. Le Canard enchaîné du 8 avril faisait état de 4 lettres envoyées au même chômeur en même temps et accordant 4 montants d’allocation différents. Cette « variabilité Â» des droits est une source inépuisable d'inquiétude chez les allocataires : « 64 % des personnes préfèrent avoir une allocation fixe chaque mois plutôt qu’une allocation qui varie Â». 


Mais ce n'est pas tout. Le rapport de la Drees montre aussi que l’objectif initial du RSA, qui était de motiver et récompenser le travail, est loin d'être atteint. Au contraire, « la diminution de l’allocation en lien avec l’augmentation des revenus d’activité est vécue comme une injustice, même si les ressources globales de l’allocataire s’améliorent ». 


Que reste-t-il donc à sauver, dans le RSA? Son sigle : la Réforme qui Sert A rien !





Dans la même rubrique :
< >

Samedi 11 Février 2012 - 16:01 Culture pour tous : marche arrière toute !

Samedi 11 Février 2012 - 16:01 « La Taupe », creuse toujours tu m’intéresses



Le Mag

A partir de 5,99 € abonnez-vous à Marianne Numérique

S'abonner


La newsletter Marianne La page fan Facebook Marianne Marianne sur Twitter Marianne sur votre Mobile