Que le climat se réchauffe ou pas, vive le développement durable!
Lundi 14 Décembre 2009 à 17:01 | Lu 8726 fois I 209 commentaire(s)
Elie Arié - Tribune
Pour Elie Arié, les moyens de communication au sein de la communauté scientifique sont tels que considérer qu'elle se serait trompée sur le climat est délicat. Mais le plus important n'est pas là, car le développement durable est de toute manière une bonne politique qui contredit l'action du néolibéralisme. Il est donc dans notre intérêt de le soutenir.
Plutôt que d’entrer ici dans le détail des débats hautement techniques sur le réchauffement climatique et ses conséquences, essayons, au contraire, de prendre un peu de recul.
Il faut d’abord savoir que s’il est vrai qu’en matière scientifique, la majorité n’a pas toujours raison…cela devient de moins en moins vrai, parce que l’univers de la science a changé ; l’époque du génie solitaire qui, seul dans son coin, a raison contre tous, des Galilée et des Copernic, est révolue ; la communauté scientifique pratique un niveau d’échanges inconnu jusqu’à présent dans l’ Histoire (notamment grâce à Internet qui, il faut le rappeler, a été inventé par elle pour son usage personnel d’échanges d’informations, à une époque où personne n’imaginait que l’ensemble de la population s’emparerait de cet outil) , tous les scientifiques ont connaissance des mêmes études (ce qui est un fait relativement nouveau), et il est de plus en plus rare que les consensus scientifiques se trompent.
Bien entendu, comme l’ignorent trop de non-scientifiques, la démarche scientifique est toujours faite de contradictions, de doutes, et de nouvelles questions non résolues à chaque fois que l’on trouve une réponse (lorsque ce n’est pas le cas, c’est qu’on a basculé dans l’univers religieux, dogmatique ou scolastique) ; interrogeons-nous donc sur les motivations de ceux qui, sans en avoir les compétences, tranchent dans les débats scientifiques, ce qui implique une démarche idéologique à laquelle le doute et les contradictions inévitables de la science ne servent que de prétextes : bref, à ceux qui « font leurs choix » dans des thèses scientifiques.
Si l’on a déjà longuement analysé la démarche des adeptes du catastrophisme, de la régression et de la décroissance (voir l’excellent ouvrage Les prêcheurs de l'Apocalypse : Pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires, de Jean de Kervasdoué) pour en faire leur fond de commerce politique, en surfant sur les délires que suscite la peur du changement qu’induit tout progrès technique (qui se sont tout récemment manifestés de façon si caricaturale à propos du vaccin anti-grippe A H1N1 ou des OGM), on s’intéresse beaucoup moins aux prises de position, tout aussi peu autorisées, de ceux qui veulent nier le réchauffement climatique ou les capacités de l’homme à l’influencer, portant au pinacle, en France, les thèses de Claude Allègre (qui est géochimiste, et non climatologue) alors qu’ils n’ont aucune compétence pour le faire- ni, d’ailleurs, pour les réfuter.
Il me semble que leur vraie motivation –qui n’est évidemment pas à rechercher dans des compétences scientifiques qu’ils n’ont pas- est le refus de tirer les conséquences de ce qu’impliquerait une politique de développement durable (et non pas de décroissance), dont la définition de 1987 « un développement qui répond au besoin des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » a été précisée en 1992 , en le faisant reposer sur la congruence des valeurs portées par le progrès économique, la justice sociale et la préservation de l’environnement.
Qui ne voit que le développement durable est incompatible avec la poursuite du modèle de développement économique actuel, fondé sur la mondialisation de la seule loi du marché, de « la concurrence libre et non faussée », et du « chacun pour soi » ? Modèle de développement qui serait remis en cause si l’ensemble des pays se rangeaient à l’objectif d’un développement durable : celui-ci impliquerait obligatoirement l’introduction de règles de coopération, d’organisation collective, de partage et de planification, mettant fin au règne actuel de la « loi de la jungle » économique.
L’opposition pseudo-scientifique au développement durable ne traduit, en réalité, que l’opposition idéologique à la fin de la globalisation financière de l’économie sous laquelle nous vivons depuis une trentaine d’années ;le développement durable aurait pour effet d’obliger à faire passer dans les actes les discours de tant de dirigeants de la planète (Sarkozy, Obama) sur la nécessité de « réguler/moraliser le capitalisme », discours dont on voit bien qu’il ne s’agit que de vœux aussi pieux que stériles, quelle que soit leur sincérité.
Et, à la limite, en tant que citoyen ayant des opinions politiques mais sans connaissances suffisantes pour trancher dans les débats entre climatologues, je dirais que peu importe si le développement durable est réellement justifié par des arguments scientifiques : son intérêt de pouvoir permettre d’introduire de l’organisation politique dans la loi de la jungle économique suffit à le justifier ; ce ne serait pas la première fois, dans l’ histoire de l’ humanité, que des théories fausses ont abouti à des progrès réels : après tout, c’est en cherchant une route pour les Indes que Christophe Colomb a découvert l’ Amérique…
Il faut d’abord savoir que s’il est vrai qu’en matière scientifique, la majorité n’a pas toujours raison…cela devient de moins en moins vrai, parce que l’univers de la science a changé ; l’époque du génie solitaire qui, seul dans son coin, a raison contre tous, des Galilée et des Copernic, est révolue ; la communauté scientifique pratique un niveau d’échanges inconnu jusqu’à présent dans l’ Histoire (notamment grâce à Internet qui, il faut le rappeler, a été inventé par elle pour son usage personnel d’échanges d’informations, à une époque où personne n’imaginait que l’ensemble de la population s’emparerait de cet outil) , tous les scientifiques ont connaissance des mêmes études (ce qui est un fait relativement nouveau), et il est de plus en plus rare que les consensus scientifiques se trompent.
Bien entendu, comme l’ignorent trop de non-scientifiques, la démarche scientifique est toujours faite de contradictions, de doutes, et de nouvelles questions non résolues à chaque fois que l’on trouve une réponse (lorsque ce n’est pas le cas, c’est qu’on a basculé dans l’univers religieux, dogmatique ou scolastique) ; interrogeons-nous donc sur les motivations de ceux qui, sans en avoir les compétences, tranchent dans les débats scientifiques, ce qui implique une démarche idéologique à laquelle le doute et les contradictions inévitables de la science ne servent que de prétextes : bref, à ceux qui « font leurs choix » dans des thèses scientifiques.
Si l’on a déjà longuement analysé la démarche des adeptes du catastrophisme, de la régression et de la décroissance (voir l’excellent ouvrage Les prêcheurs de l'Apocalypse : Pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires, de Jean de Kervasdoué) pour en faire leur fond de commerce politique, en surfant sur les délires que suscite la peur du changement qu’induit tout progrès technique (qui se sont tout récemment manifestés de façon si caricaturale à propos du vaccin anti-grippe A H1N1 ou des OGM), on s’intéresse beaucoup moins aux prises de position, tout aussi peu autorisées, de ceux qui veulent nier le réchauffement climatique ou les capacités de l’homme à l’influencer, portant au pinacle, en France, les thèses de Claude Allègre (qui est géochimiste, et non climatologue) alors qu’ils n’ont aucune compétence pour le faire- ni, d’ailleurs, pour les réfuter.
Il me semble que leur vraie motivation –qui n’est évidemment pas à rechercher dans des compétences scientifiques qu’ils n’ont pas- est le refus de tirer les conséquences de ce qu’impliquerait une politique de développement durable (et non pas de décroissance), dont la définition de 1987 « un développement qui répond au besoin des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » a été précisée en 1992 , en le faisant reposer sur la congruence des valeurs portées par le progrès économique, la justice sociale et la préservation de l’environnement.
Qui ne voit que le développement durable est incompatible avec la poursuite du modèle de développement économique actuel, fondé sur la mondialisation de la seule loi du marché, de « la concurrence libre et non faussée », et du « chacun pour soi » ? Modèle de développement qui serait remis en cause si l’ensemble des pays se rangeaient à l’objectif d’un développement durable : celui-ci impliquerait obligatoirement l’introduction de règles de coopération, d’organisation collective, de partage et de planification, mettant fin au règne actuel de la « loi de la jungle » économique.
L’opposition pseudo-scientifique au développement durable ne traduit, en réalité, que l’opposition idéologique à la fin de la globalisation financière de l’économie sous laquelle nous vivons depuis une trentaine d’années ;le développement durable aurait pour effet d’obliger à faire passer dans les actes les discours de tant de dirigeants de la planète (Sarkozy, Obama) sur la nécessité de « réguler/moraliser le capitalisme », discours dont on voit bien qu’il ne s’agit que de vœux aussi pieux que stériles, quelle que soit leur sincérité.
Et, à la limite, en tant que citoyen ayant des opinions politiques mais sans connaissances suffisantes pour trancher dans les débats entre climatologues, je dirais que peu importe si le développement durable est réellement justifié par des arguments scientifiques : son intérêt de pouvoir permettre d’introduire de l’organisation politique dans la loi de la jungle économique suffit à le justifier ; ce ne serait pas la première fois, dans l’ histoire de l’ humanité, que des théories fausses ont abouti à des progrès réels : après tout, c’est en cherchant une route pour les Indes que Christophe Colomb a découvert l’ Amérique…
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