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Quand les riches polluent, les pauvres trinquent

Samedi 23 Mai 2009 à 07:01 | Lu 6954 fois I 22 commentaire(s)

Bernard Maris - Chroniqueur

Avec France Inter. L'esquisse d'un courage politique permettrait aux occidentaux de moins polluer, de moins détruire, de penser à l'avenir. Mais pourquoi le feraient-ils alors même que les premières victimes de tous ces égarements se trouvent au Sud ?


Les risques liés au réchauffement climatique pénalisent surtout les pays pauvres...

Quand les riches polluent, les pauvres trinquent

Et oui, la vie est bien injuste, ce sont les riches qui polluent et les pauvres qui trinquent. Ce sont les pays riches et leur niveau de consommation exagéré, leur croissance exagérée qui détruisent par exemple les écosystèmes, et pourtant ce sont les pays non industriels qui payent les pots cassés. Il est vrai que la Chine qui représente maintenant 10% du PIB mondial se mêle de la partie. Mais prenons par exemple les typhons. Le nombre de typhons ne varient guère, depuis trente ans, mais leur amplitude est croissante. C’est l’ONU qui fait ce triste constat dans un rapport sur les désastres naturels qu’elle vient de publier, rapport qui est issu d’une enquête menée à partir de l’an 2000. Les risques naturels sont les typhons, les sécheresses, les tsunamis, etc. Pour en revenir aux typhons, ceux-ci provoquent 17 fois plus de morts aux Philipines qu’au Japon, pays très riche.


L’urbanisation sauvage accroit les risques...

Quand les riches polluent, les pauvres trinquent

L’urbanisation sauvage c’est-à-dire la croissance des bidonvilles : un milliard de personnes y vivent, et ces constructions ne sont pas anti-sismiques. Deuxième remarque, les paysans sont encore largement concentrés dans les pays très pauvres, et ce sont eux qui subissent plus durement les catastrophes naturelles ou les épidémes. On se souvient du terrible tsunami qui a frappé l’Asie du Sud et une partie de l’Afrique de l’Est : les villages détruits ne sont toujours pas, cinq ans après, reconstruits. Enfin dernière remarque, les pays riches restent d’un égoïsme extraordinaire, leur aide est globalement inférieure à 0.4% du PIB. L’aide de la France, qui traditionnellement était élevée, est retombée à 0.3%.


Pourquoi des catastrophes de plus en plus dures ?

Parce que les écosystèmes sont détruits, qui protégeaient partiellement au moins des catastrophes naturelles. La mangrove, par exemple, permet de diminuer les effets d’un ras de marée. La mangrove va mal, hélas. Le rapport de l’ONU rappelle que les écosystèmes vont mal, et que 60% des « services » rendus par les écosystèmes – du ver de terre au récif de corail en passant par la mangrove – sont en déclin. Or l’ambiance de crise n’incite pas à protéger l’environnement. Un pays comme la Grande Bretagne par exemple, qui dépasse allègrement son quota d’émission de CO2 en 2008, n’est pas incité à réduire ces émissions... Toujours la dictature du court-terme, du marché, de l’immédiat. Petit sourire : Obama tient ses promesses en matière de normes de pollution automobile malgré la crise du secteur. Ca s’appelle du courage politique. 


La phrase : « Noire la mangrove reste un miroir/ Aussi une mangeoire / La mangrove broie – tapie à part. » Aimé Césaire









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