Quand la Bourse va, rien ne va
Lundi 12 Avril 2010 à 11:01 | Lu 9564 fois I 48 commentaire(s)
Bernard Maris - France-Inter
Avec France-Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. La Bourse se porte mieux ces derniers jours et pourtant pas de changement pour les Français. Moins de pouvoir d'achat, pas de salaires en hausse. Le problème: l'argent gagné à la bourse sert à alimenter les dividendes, non à réinvestir dans le marché.
Le CAC 40 est en hausse et flirte avec les 4000 points, et pourtant, quand la Bourse va bien, l’économie va mal... Pourtant les entreprises du CAC 40 vont bien ; elles ont publié des résultats satisfaisants pour l’année 2009, quelques 47 milliards d’euros, en recul tout de même par rapport à 2008, et un chiffre d’affaires en recul, lui aussi, de 20% environ. Mais parmi les entreprises les plus profitables on trouve les banques — sauf la Société générale qui paye encore le prix de son engagement trop fort dans les activités de marchés et des actifs toxiques. Les banques ont reçu beaucoup d’argent des pouvoirs publics. Ont-elles pour autant prêté à l’économie ? Non, elles ont plutôt profité de ces prêts pour consolider leurs bilans et leurs marges.
En revanche les industriels vont plus mal. C'est vrai pour Renault et Peugeot, ou encore Alcatel, ou EADS. Les banques s’en sortent mieux que les industriels. Comme d’habitude. Intéressant aussi le fait que les entreprises du CAC 40 versent beaucoup de dividendes. Près de 56% des bénéfices partent en dividendes, c’est beaucoup. Beaucoup plus que les années précédentes où le taux de distribution avoisinait les 40%. D’où ce constat : la Bourse n’est pas une machine qui tire l’économie, c’est une machine à pomper de l’argent dans l’économie pour la distribuer aux rentiers, aux propriétaires d’actions.
La Bourse ne finance donc pas l’économie et c'est cela qui est paradoxal. Aux Etats-Unis l’émission d’actions est négative depuis une quinzaine d’années. Autrement dit le marché boursier américain finance les actionnaires et non l’inverse. La bourse pompe du cash dans l’économie pour la redonner aux actionnaires. Comment ? Par des rachats d’actions pour faire augmenter artificiellement la valeur des actions et par des versements importants de dividendes. Si vous regardez l’évolution des valeurs boursières d’après guerre aux États-Unis, vous constatez que la Bourse augmente faiblement, et l’égalité des revenus est très grande. Tout se casse à partir des années 80. Les inégalités explosent, l’écart entre le salaire moyen des ouvriers et le salaire des dirigeants passe de 40 à 500 environ, et la Bourse elle aussi explose. On s’enrichit grâce à la Bourse qui ne finance plus l’économie.
A quoi sert la Bourse alors ? A enrichir les plus riches. A maintenir un capitalisme financier qui est plus prédateur qu’investisseur ou inventeur. Si vous regardez le secteur financier, banques, assurances, fonds d’investissements etc. vous constatez qu’ils capte aujourd’hui, toujours aux États-Unis, près de 40% des profits. Alors qu’il ne récupérait que 10 % des profits en 1980. Et qu’il ne représente que 5% de l’emploi salarié.
Moralité, s’extasier devant les succès boursiers n’a d’intérêt que pour les boursiers, mais pour pour les entreprises non cotées, les PME, les PMI, les artisans, et le travail en général, au contraire. Puisqu’on parle de réforme fiscale, il faudra sans doute regarder de près la distribution d’options et de dividendes.
Retrouvez les chroniques de Bernard maris et des autres chroniqueurs sur France Inter
En revanche les industriels vont plus mal. C'est vrai pour Renault et Peugeot, ou encore Alcatel, ou EADS. Les banques s’en sortent mieux que les industriels. Comme d’habitude. Intéressant aussi le fait que les entreprises du CAC 40 versent beaucoup de dividendes. Près de 56% des bénéfices partent en dividendes, c’est beaucoup. Beaucoup plus que les années précédentes où le taux de distribution avoisinait les 40%. D’où ce constat : la Bourse n’est pas une machine qui tire l’économie, c’est une machine à pomper de l’argent dans l’économie pour la distribuer aux rentiers, aux propriétaires d’actions.
La Bourse ne finance donc pas l’économie et c'est cela qui est paradoxal. Aux Etats-Unis l’émission d’actions est négative depuis une quinzaine d’années. Autrement dit le marché boursier américain finance les actionnaires et non l’inverse. La bourse pompe du cash dans l’économie pour la redonner aux actionnaires. Comment ? Par des rachats d’actions pour faire augmenter artificiellement la valeur des actions et par des versements importants de dividendes. Si vous regardez l’évolution des valeurs boursières d’après guerre aux États-Unis, vous constatez que la Bourse augmente faiblement, et l’égalité des revenus est très grande. Tout se casse à partir des années 80. Les inégalités explosent, l’écart entre le salaire moyen des ouvriers et le salaire des dirigeants passe de 40 à 500 environ, et la Bourse elle aussi explose. On s’enrichit grâce à la Bourse qui ne finance plus l’économie.
A quoi sert la Bourse alors ? A enrichir les plus riches. A maintenir un capitalisme financier qui est plus prédateur qu’investisseur ou inventeur. Si vous regardez le secteur financier, banques, assurances, fonds d’investissements etc. vous constatez qu’ils capte aujourd’hui, toujours aux États-Unis, près de 40% des profits. Alors qu’il ne récupérait que 10 % des profits en 1980. Et qu’il ne représente que 5% de l’emploi salarié.
Moralité, s’extasier devant les succès boursiers n’a d’intérêt que pour les boursiers, mais pour pour les entreprises non cotées, les PME, les PMI, les artisans, et le travail en général, au contraire. Puisqu’on parle de réforme fiscale, il faudra sans doute regarder de près la distribution d’options et de dividendes.
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