Quand Christian Estrosi s’échauffe pour la Place BeauvauFrédéric Ploquin - Marianne | Jeudi 11 Juin 2009 à 18:58 | Lu 5519 fois
Le procureur Eric de Montgolfier a pris la défense des policiers mis en cause par Christian Estrosi dans des incidents survenus dans un quartier de Nice. Un coup d'esbrouffe du futur Secrétaire d'Etat à l'Intérieur ?
Christian Estrosi aux côtés de Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev (photo : www.kremlin.ru - cc)
C’est un tour de cochon que vient de jouer le procureur général de Nice, Eric de Montgolfier, au maire de la ville, Christian Estrosi. Alors que l’élu, connu pour sa proximité avec Nicolas Sarkozy, présentait son programme anti-bandes dans une salle de l’assemblée nationale, le 10 juin, le magistrat niçois s’est permis une petite mise au point cinglante au sujet d’un incendie volontaire ayant provoqué l’évacuation de deux immeubles de la cités des Moulins, dans la nuit du 7 juin.
Une conduite de gaz enflammée, les faits tombaient à pic pour un Christian Estrosi soucieux de prendre position sur l’échiquier à l’heure d’une recomposition gouvernementale –il vise un poste de secrétaire d’Etat à l’Intérieur. Un coup des bandes, forcément. Et l’élu de cogner au passage sur le directeur départemental de la sécurité publique, Pierre-Marie Bourniquel, dont nul n’ignore sur la Promenade qu’il souhaite le remplacement –par un fonctionnaire plus enclin à une co-production avec la police municipale. Le procureur, cependant, flanqué pour l’occasion du commissaire mal vue, a développé une thèse sensiblement différente. Non seulement, a-t-il observé, la police a bien fait son travail, puisqu’elle a arrêté les deux incendiaires, mais de bande, il ne voit point. Juste deux jeunes désœuvrés de 13 et 14 ans dont il a requis entretemps un placement en foyer, avant de stigmatiser les parents. Pan sur le bec. Christian Estrosi a-t-il parlé trop vite ? Son agacement remonte en fait à la récente visite de Nicolas Sarkozy, venu inaugurer un commissariat tout neuf dans le quartier Saint Augustin. Une visite à l’occasion de laquelle quelques passants avaient confié aux journalistes présents leur malaise devant « ces policiers qui ne sortent pas de leur commissariat tout neuf parce qu’ils ont peur ». C’est promis, lorsque Christian Estrosi sera secrétaire d’Etat à la sécurité, si son rêve se concrétise, les policiers seront dans la rue ! Du Sarkozy dans le texte, mais c’est exactement ce que son mentor lui demande.
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