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Procès en sectitude contre le ModemAnna Borrel | Mercredi 9 Avril 2008 à 00:20 | Lu 13228 fois
Le sénateur Jean Arthuis a claqué la porte du Modem en pointant le manque de démocratie dans le parti de François Bayrou. Les centristes auraient-ils une âme de dictateurs ?
«On ne gouverne pas un parti comme une secte». Après la scission initiale de l’UDF et le départ des membres du Nouveau centre, après les défections de la première heure (Thierry Benoît, Jean-Christophe Lagarde), et les défections pré-municipales (Jean-Marie Cavada), voilà que Jean Arthuis claque la porte du MoDem avec cette petite phrase assassine. Le sénateur de la Mayenne donne ainsi un peu plus d’écho aux critiques de Jean-Marie Cavada, qui avait pointé en partant pour l’UMP le manque de «démocratie interne» au MoDem. Lundi, Corinne Lepage, présidente de Cap21 ralliée à François Bayrou, enfonce le clou dans Le Parisien/aujourd’hui en France et commande au Modem d'être «beaucoup plus démocratique». A croire que le parti du Béarnais aurait viré à la dictature…
L'effet de la propagande UMP ? «J’ai pas quitté les Verts pour qu’on vienne me casser les pieds avec des histoires de démocratie interne, tempête Jean-Luc Benhamias, très irrité par ces critiques. Ce qui serait bien, ce serait surtout que certains anciens de l’UDF arrêtent de freiner des deux pieds la création du Mouvement démocrate!» Rue de l’Université, ai siège du Modem, on corrobore l'analyse. «Arthuis et ses amis regrettent simplement le temps de la bonne vieillle UDF, parti de notables qui s’alignait sur la droite. Ils prétendent faire du neuf… avec des vieux», s’amuse même un responsable. Une réunion doit se tenir le 16 avril prochain autour de François Bayrou avec Jean Arthuis et Michel Mercier, président du groupe centriste au Sénat. Ce sera peut-être l’occasion de voir si l’OPA de l’UMP sur ce qu’il reste des cadres de l'UDF fonctionne. Depuis que Michel Mercier s’est rebellé contre les instances dirigeantes du MoDem aux municipales à Lyon, ses amis du Nouveau centre, à commencer par Hervé Morin, lui tendent la main. Et Jean-Pierre Raffarin a encore précisé mardi 8 avril sur Canal+ que «l'UMP c'est aussi le centre, ce n'est pas que la droite»… Problème : à force de questionner la démocratie interne du parti, cette querelle entre les anciens et les nouveaux centristes laisse des traces. Et du côté des militants, on finit par se poser des questions.
Des militants plus démocrates que Bayrou ?
«La démocratie, les gens ne parlent que de ça au MoDem et ça devient obsessionnel», constate le blogueur Christophe Ginisty, candidat MoDem à Issy-les-Moulineaux et responsable Web du Parti. «Au Congrès fondateur à Villepinte, je me suis levé pour leur dire de se calmer. Il y avait des amendements que je ne comprenais même pas. Moi je ne me sens pas en dictature du tout ! Il faut qu’on avance!», s'énerve Benhamias. Mais du côté des militants, ça bouillonne. Certains critiquent la centralisation excessive des municipales parisiennes autour de Marielle de Sarnez. D’autres contestent la désignation des candidats par les leaders du Modem. Et des groupes se constituent ça et là pour réclamer plus de transparence. A coup de pétitions, d’observatoire ou même de clubs... Le groupe construire en mouvement par exemple rassemble déjà plus de 200 signataires et milite pour la réélection des responsables nationaux, jugeant qu’ils ont été élus quasiment en douce début janvier. «On les enquiquine, on les met devant leurs responsabilités explique Farid Taha, l’un des fondateurs du mouvement, mais Bayrou fera ce qu’il a promis et on l’aidera... ou bien il partira ! Nous en tout cas, on est démocrates!» . «Le problème, c’est qu’en attendant, on ne construit pas le Parti, s’inquiète Benhamias : il manque encore le règlement interne, la constitution des fédérations, la répartition des taches au comité exécutif…» Et si François Bayrou n’était pas pressé de constituer un parti ? Si le but n’était que d’avoir une formation capable de le porter aux prochaines élections présidentielles, dans quatre ans ? Benhamias se veut confiant. «Si c'est ça, eh bien il aura l’air fin dans cinq ans !»
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