Connectez-vous S'inscrire
Marianne2

Procès de la Réunion : Frédéric Mitterrand répond

Sylvain Lapoix - Marianne | Vendredi 9 Octobre 2009 à 22:14 | Lu 30390 fois

Contactés par le cabinet de Frédéric Mitterrand, Marianne2.fr restitue les observations formulées sur notre article. L'entourage du ministre nous assure qu'il était témoin de moralité des parents et non des violeurs et qu'il ne comptait pas utiliser l'argent du contribuable pour réinsérer les jeunes. Un peu plus tard dans la nuit, Frédéric Mitterrand a dénoncé, dans une interview publiée par le Journal du Dimanche, une campagne "dégueulasse", provoquée, d'après lui par le mécontentement suscité par la loi Hadopi qu'il a défendue devant le parlement. {Article actualisé le 10 octobre à 7h}




Faisant suite à notre demande au sujet de la lettre de Frédéric Mitterrand au président de la cour d'assises de la Réunion révélée par le Quotidien de la Réunion , le cabinet du ministre de la Culture nous a fait part d'observations qui modifient à leur sens sensiblement notre lecture.

« Vous faites état de "contrats" alors qu'il s'agit en fait de "contacts", nous précise un membre du cabinet du ministre, qui avoue que l'écriture manuscrite n'aide pas à distinguer ce terme. « La nuance est importante », ajoute-t-il.

D'autre part, il insiste sur le fait que Frédéric Mitterrand se présente comme témoin de moralité des parents des jeunes reconnus coupables de viols, et en aucun cas d'eux, ce qui invaliderait le titre de notre article : « Il mentionne dans la lettre la qualité de l'éducation des parents, la moralité des parents, etc., note l'employé du cabinet. Il n'évoque pas les enfants, qu'il ne connaît pas. » Même son filleul qui, selon la même source, « est le fils de l'ancienne femme de ménage réunionaise de Frédéric Mitterrand qu'il n'a pas croisé depuis son baptême. »


Quant à un commentaire, le ministre a d'abord jugé qu'il n'avait pas à se prononcer sur les faits qui font l'objet d'une procédure judiciaire. « A aucun moment, il n'a porté de témoignage, que ce soit sur les violeurs ou sur les faits, insiste le représentant de son cabinet. Quant aux promesses qu'il a faites, il s'agit de stages, présences non rémunérées au sein de la Villa, donc sans usage de l'argent du contribuable. » La même personne ajoutait par ailleurs que la publication de cette information était perçue par le cabinet comme une tentative de déstabilisation profitant de l'agitation créée par une affaire que le ministre a jugée sans fondement.

En revanche, le cabinet du ministre n'a pas commenté les deux critiques principales des articles publiés par Marianne 2 et du Quotidien de la Réunion : l'utilisation du papier à en-tête de la Villa Médicis et l'engagement à proposer des stages pour faciliter la réinsertion des délinquants.

Un peu plus tard dans la nuit du 9 au 10 octobre, le ministre est revenu sur cette affaire dans une interview au Journal du Dimanche : « J'ai apporté mon témoignage sur la moralité d'une famille, celle de mon ancienne maquilleuse  - et non femme de ménage, comme il avait été écrit, ndlr - sur France 2. Il y a des années, elle m’avait demandé d’être le parrain de son fils qui porte mon prénom. Je ne l’ai vu que cinq fois dans ma vie. Je n’en sais pas plus. » Il a attribué ce qu'il appelle l'acharnement contre lui, qu'il considère comme « dégueulasse », à son engagement à défendre la loi Hadopi.

Le ministre a aussi répondu, dans une déclaration à l'AFP cette fois-ci, aux accusations d'avoir utilisé l'institution qu'il dirigeait - ici, la Villa Médicis - pour aider les prévenus : concernant l'utilisation d'un papier à en-tête, il a déclaré qu'il s'agissait simplement «de montrer qui vous êtes quand vous écrivez à un juge,  sans plus». Enfin, le ministre de la Culture a précisé que les stages qu'il avait proposés aux juges n'étaient pas rémunérés.




Accueil Accueil    Envoyer Envoyer    Imprimer Imprimer    Partager Partager


Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 19 Mars 2010 - 17:01 Régionales: ultimes sondages avant la censure

Vendredi 19 Mars 2010 - 17:01 Union de la gauche: quand c'est fini ça recommence...



  • Publiez vos commentaires
  • Mettez en favori vos articles préférés
  • Suivez l'activité des membres


La newsletter Marianne Le groupe Facebook Marianne Marianne sur Twitter Marianne sur votre Mobile





© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72