Primaires: le coup de pouce involontaire de Dany à Ségolène
Vendredi 14 Mai 2010 à 14:01 | Lu 12838 fois I 48 commentaire(s)
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur
Daniel Cohn-Bendit semble s’être résolu à l’idée de ne pas participer aux primaires socialistes. Une décision qui, si elle se confirme, peut offrir à Ségolène Royal une arme terrible…
Le calendrier des primaires, voilà l’obsession première des dirigeants socialistes. Il aura suffi qu’Arnaud Montebourg bouscule le protocole et évoque avant l’heure, sur LCP, l’idée qu’elles puissent commencer « au début du mois d’avril », pour que cette obsession revienne hanter les colonnes des journaux. C’est le cas dans Le Figaro du jour qui livre en page 3 un long article sur le sujet sous le titre : « Primaire : les socialistes face au piège du calendrier ». Mais à force d’avoir le nez collé sur leur agenda, les responsables socialistes foncent tout droit vers un autre « piège ».
Auraient-ils par hasard oublié que ces primaires sont censées être doublement ouvertes ? Au vote de tous les sympathisants de gauche. Mais, surtout, aux autres formations de gauche appelées à présenter leur propre candidat. Personne ne semble s’en préoccuper et pourtant, cette seconde partie du contrat des primaires socialistes est primordiale. Pas seulement afin d'offrir l’image d’une gauche rassemblée pour faire tomber Sarkozy. En fait, l’adhésion à ce processus de la part des partis « satellites » du PS est supposé offrir la garantie (ou du moins l’image) d'un scrutin incontestable. L'idée étant d'éviter un calamiteux épisode 2 du méli-mélodrame de Reims. D’ailleurs, Ségolène Royal et sa garde rapprochée n’ont de cesse d’exiger un scrutin « transparent ». Si le Parti socialiste reste le seul et unique (ou presque) participant des primaires, la Dame du Poitou aura beau jeu de mettre en doute l’honnêteté des primaires, de pointer du doigt l’appareil socialiste et la troïka Aubry-DSK- Fabius.
Et pour l’heure, l’ouverture du processus de désignation du candidat de gauche aux formations « alliées » du PS est maigre. Il y a bien le PRG. Mais il n'y a que lui. Daniel Cohn-Bendit avait en effet envisagé que le rassemblement des écologistes participe au grand raout socialiste en l’échange de quelques circonscriptions. Les dirigeants Verts n’étaient déjà pas très enthousiastes. Hélas pour les socialistes, le week-end dernier à Arcueil où étaient rassemblés les écolos franciliens, il se disait que Dany s’était finalement rangé à l’idée de présenter un candidat EE à la présidentielle de crainte de se faire voler le créneau par un autre, Corinne Lepage par exemple.
En somme, en refusant de prendre part au processus de désignation du PS, Europe écologie offrira peut-être sur un plateau à la présidente de la région Poitou-Charentes une affiche pour ces primaires : Ségolène contre l’appareil réuni derrière Aubry ou DSK…
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