Primaires américaines: Ron Paul, un troisième homme encombrant
Mercredi 21 Décembre 2011 à 16:01 | Lu 7619 fois I 23 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Considéré comme candidat négligeable au début des primaires, l'anarchiste conservateur Ron Paul commence à agacer sérieusement ses rivaux républicains. Au point que même la presse conservatrice ressort ses vieilles casseroles, déjà usées en 2008, pour éviter une mauvaise surprise lors du premier caucus de l'Iowa le 3 janvier.
Une photo de campagne de Ron Paul
« On peut résister à une armée, pas à une idée dont le temps est venu ». Ron Paul aime citer Victor Hugo pour se convaincre que son heure est venue. Candidat aux présidentielles pour le parti libertarien en 1988, aux primaires républicaines en 2008, celui que l’on surnomme « Doctor No » parce qu’il vote contre toutes les lois qui selon lui violent la constitution américaine, entend bien croiser le fer avec Obama. Troisième homme des primaires américaines, Ron Paul est le représentant de la droite ultra-conservatrice…tendance anarchiste. Un anarchiste conservateur largement susceptible de rebattre les cartes entre le trop parfait mais pas très brillant Tim Romney et le politicard à l’ancienne Newt Gingrich.
En hausse dans les sondages ces derniers temps, Ron Paul s’impose comme un concurrent sérieux dans l’Iowa. C’est dans cet état, le 3 janvier, que sera donné le départ de la course à l’investiture républicaine.
Avec 23% des voix, il y devancerait désormais Mitt Romney (20%), Newt Gingrich en chute libre avec 14% et Michele Bachmann (10%).
Si le représentant du Texas à la chambre des représentants a peu de chances d’être investi par le Grand Old Party, moqué en interne pour ses provocations (il veut démanteler la CIA) et propositions en matière fiscale notamment, il ne peut plus être tenu pour un candidat négligeable,
Selon une étude du journal New American parue en 2006, Ron Paul est de tous les membres de la chambre des représentants et du Sénat le plus libéral, c'est-à-dire partisan de libertés individuelles plus grandes, mais également d'une intervention de l'État moins importante dans la régulation de l'économie de marché. Il est l'auteur d'une proposition de loi abolissant l’impôt sur le revenu . Partisan d’un Etat limité à ses fonctions régaliennes et d'une politique étrangère non-interventionniste, il propose notamment de couper les dépenses publiques de 1.000 milliards de dollars dès 2013, en supprimant cinq ministères (éducation, énergie, commerce, intérieur et aménagement du territoire).
En hausse dans les sondages ces derniers temps, Ron Paul s’impose comme un concurrent sérieux dans l’Iowa. C’est dans cet état, le 3 janvier, que sera donné le départ de la course à l’investiture républicaine.
Avec 23% des voix, il y devancerait désormais Mitt Romney (20%), Newt Gingrich en chute libre avec 14% et Michele Bachmann (10%).
Si le représentant du Texas à la chambre des représentants a peu de chances d’être investi par le Grand Old Party, moqué en interne pour ses provocations (il veut démanteler la CIA) et propositions en matière fiscale notamment, il ne peut plus être tenu pour un candidat négligeable,
Selon une étude du journal New American parue en 2006, Ron Paul est de tous les membres de la chambre des représentants et du Sénat le plus libéral, c'est-à-dire partisan de libertés individuelles plus grandes, mais également d'une intervention de l'État moins importante dans la régulation de l'économie de marché. Il est l'auteur d'une proposition de loi abolissant l’impôt sur le revenu . Partisan d’un Etat limité à ses fonctions régaliennes et d'une politique étrangère non-interventionniste, il propose notamment de couper les dépenses publiques de 1.000 milliards de dollars dès 2013, en supprimant cinq ministères (éducation, énergie, commerce, intérieur et aménagement du territoire).
Un candidat anti-système
Cauchemar des cadres républicains, Ron Paul est la principale cible de son camp. Certains éditorialistes n’hésitent pas à écrire que sa victoire remettrait en cause le principe même des primaires. Le dernier numéro de The Weekly Standard, un journal conservateur a ressorti des notes politiques de Ron Paul datant des années 1990, qui laissent apparaître ses tendances racistes, homophobes et anti-israéliennes.
Dans une note datée de 1992, portant sur les émeutes de Los Angeles, Ron Paul écrit : « l’ordre ne sera pas restauré tant que les noirs n’auront pas ramassé leur chèque d’aide sociale ». Une autre note portait sur les malades du sida « qu’il faudrait interdire de manger dans les restaurants car le Sida peut se transmettre par la salive ». Israël est qualifié d’état « national-socialiste ». Le journal s’attarde également sur les théories complotistes du candidat concernant les attentats du 11 septembre.
Trois pages d’enquêtes à charge qui tombent à point nommé pour discréditer un candidat devenu trop encombrant, en position idéale pour s’imposer dans un état historiquement conservateur.
Ron Paul avait déjà dénoncé ces écrits en 2008, déjà exhumés à l’époque, parus dans des bulletins ayant pour titre Ron Paul Political Report, Ron Paul’s Freedom Report, Ron Paul Survival Report et Ron Paul Investment Letter. Il affirmait alors n'en avoir jamais rien écrit.
Pour ses partisans, Ron Paul est avant tout un candidat en dehors du système corrompu et élitiste de Washington, hors-normes, un adepte du contre-pied, favorable au démantèlement de la Réserve Fédérale, contre le contrôle des armes, la peine de mort, l’aide aux pays étrangers, la conscription militaire, il s’est prononcé contre les engagements en Irak et en Afghanistan.
Un trouble-fête? A coup sûr, Ron Paul a déjà émis l'idée de se présenter à titre personnel s'il n'était pas investi. Un homme politique indépendant des lobbies ? Le cliché est à relativiser tant les campagnes américaines sont d’abord et avant tout affaires de gros sous. En 2008, Ron Paul avait certes « révolutionné » la collecte de fonds en ligne amassant près de 700.000 dollars en une journée. Des fonds qui venaient, malgré tout, s’ajouter aux trésors de guerre collectés chez des géants de l'industrie américaine comme Oracle ou Lockheed Martin…
Dans une note datée de 1992, portant sur les émeutes de Los Angeles, Ron Paul écrit : « l’ordre ne sera pas restauré tant que les noirs n’auront pas ramassé leur chèque d’aide sociale ». Une autre note portait sur les malades du sida « qu’il faudrait interdire de manger dans les restaurants car le Sida peut se transmettre par la salive ». Israël est qualifié d’état « national-socialiste ». Le journal s’attarde également sur les théories complotistes du candidat concernant les attentats du 11 septembre.
Trois pages d’enquêtes à charge qui tombent à point nommé pour discréditer un candidat devenu trop encombrant, en position idéale pour s’imposer dans un état historiquement conservateur.
Ron Paul avait déjà dénoncé ces écrits en 2008, déjà exhumés à l’époque, parus dans des bulletins ayant pour titre Ron Paul Political Report, Ron Paul’s Freedom Report, Ron Paul Survival Report et Ron Paul Investment Letter. Il affirmait alors n'en avoir jamais rien écrit.
Pour ses partisans, Ron Paul est avant tout un candidat en dehors du système corrompu et élitiste de Washington, hors-normes, un adepte du contre-pied, favorable au démantèlement de la Réserve Fédérale, contre le contrôle des armes, la peine de mort, l’aide aux pays étrangers, la conscription militaire, il s’est prononcé contre les engagements en Irak et en Afghanistan.
Un trouble-fête? A coup sûr, Ron Paul a déjà émis l'idée de se présenter à titre personnel s'il n'était pas investi. Un homme politique indépendant des lobbies ? Le cliché est à relativiser tant les campagnes américaines sont d’abord et avant tout affaires de gros sous. En 2008, Ron Paul avait certes « révolutionné » la collecte de fonds en ligne amassant près de 700.000 dollars en une journée. Des fonds qui venaient, malgré tout, s’ajouter aux trésors de guerre collectés chez des géants de l'industrie américaine comme Oracle ou Lockheed Martin…
Voir les 23 commentaires
La Une du moment
LES PLUS de Marianne
- Revue Web personnalisée
- Les Unes de Marianne2
- Le MAG en PDF 24h avant !
ou Se connecter
Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne2.fr
Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez
Dans la même rubrique
|
“Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus
|
|
© Marianne2, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72


Imprimer
Augmenter le texte
Diminuer le texte
Accueil
Envoyer
Partager

Facebook
Twitter
RSS
Newsletter