Primaires américaines: Obama peut voir venir...
Mardi 15 Novembre 2011 à 12:01 | Lu 5428 fois I 15 commentaire(s)
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur
Déjà engagé dans sa campagne électorale, Barack Obama ne connaît pas le nom de son futur opposant. Pourtant, les primaires républicaines prévues pour durer près d'un an sont déjà engagées. Une vingtaine de candidats s'opposent dans des débats d'une étonnante médiocrité. Un spectacle éculé: propositions délirantes, frais de campagne outranciers, scandales sexuels.
Un cowboy texan, des millions de dollars dépensés en frais de campagne, des bus pour ratisser les états, des spots de pub simplistes, des propositions plus délirantes les unes que les autres, quelques perles lâchées dans des débats qui en disent long sur l'ignorance des prétendants et un bon scandale sexuel pour couronner le tout. Aux Etats-Unis, les primaires républicaines sont lancées.
Cette année, c’est Herman Cain qui attire les projecteurs. Présenté comme le pizzaoiolo de son état, le candidat black des républicains est l’ancien président de la banque fédérale de Kansas City. Il en a gardé les réflexes. Sa proposition phare : abolir le code fiscal pour adopter en lieu et place le plan « 9-9-9 » - comprenez 9% d'impôts sur le revenu, 9% d'impôts sur les sociétés et 9% d'impôts sur la consommation. Un Speed Rabbit Pizza de la fiscalité.
Dans un autre registre, Cain a proposé d’installer le long de la frontière mexicano-américaine une clôture électrifiée pouvant électrocuter et tuer les clandestins qui tenteraient de la franchir.
Longtemps en tête des sondages, il faiblit depuis la révélation par le site Politico d’un scandale sexuel. Quatre femmes l’accusent de harcèlement sexuel. Des accusations qu’il nie au point de demander à être soumis au détecteur de mensonge pour prouver qu'il dit la vérité.
Cette année, c’est Herman Cain qui attire les projecteurs. Présenté comme le pizzaoiolo de son état, le candidat black des républicains est l’ancien président de la banque fédérale de Kansas City. Il en a gardé les réflexes. Sa proposition phare : abolir le code fiscal pour adopter en lieu et place le plan « 9-9-9 » - comprenez 9% d'impôts sur le revenu, 9% d'impôts sur les sociétés et 9% d'impôts sur la consommation. Un Speed Rabbit Pizza de la fiscalité.
Dans un autre registre, Cain a proposé d’installer le long de la frontière mexicano-américaine une clôture électrifiée pouvant électrocuter et tuer les clandestins qui tenteraient de la franchir.
Longtemps en tête des sondages, il faiblit depuis la révélation par le site Politico d’un scandale sexuel. Quatre femmes l’accusent de harcèlement sexuel. Des accusations qu’il nie au point de demander à être soumis au détecteur de mensonge pour prouver qu'il dit la vérité.
Des candidats qui explosent en direct
Candidat de l’anti-establishment, Herman Cain est un ovni pour les commentateurs politiques américains. Les limites politiques du personnage qu’ont dévoilé les débats ne jouent pas contre lui : « je crois pouvoir dire que c’est Dieu qui m’a permis de comprendre les enjeux cruciaux auxquels étaient confrontés notre pays ». Dans sa bouche, l’Ouzbékistan est devenu un improbable « Ouzbéki-béki-béki-Stan-stan ». Lors du débat sur la politique étrangère, pourtant très prudent dans ses prises de parole, il a pointé la menace nucléaire chinoise : « Pékin essaye de développer l’arme nucléaire ». Pour l'anecdote, la Chine a effectué son premier essai de munition nucléaire le…16 octobre 1964. Sur la Libye, souhaitant critiquer la politique d'Obama, il a été incapable de formuler une phrase cohérente, se positionner par rapport à Obama, demandant au journaliste si Obama avait bien soutenu le soulèvement. Cinq minutes interminables et une vidéo déjà culte sur twitter.
Site spécialisé sur en matière de « désintox » politique, factcheck.org a entrepris de lister toutes les erreurs, exagérations et contre-vérités assénées par les candidats dans les différents débats. Un travail de titans.
Car ses concurrents n’élèvent guère le niveau des débats. C’est un grand moment de solitude qu’a vécu le cowboy Rick Perry qui, faute d’avoir été conseillé par Dieu, s’est, lui, tourné vers le ciel pour résoudre les problèmes de l’Amérique. Celui que certains observateurs qualifient de « Bush sous stéroïdes » compte tenu de la politique qu’il applique dans son état et de son agressivité dans ces primaires, a tenté d’énumérer les trois agences gouvernementales qu’il entendait supprimer : « Le commerce, l’éducation et… ». Blanc, rires. « C’est quoi la troisième ?! ». Las, malgré l’aide de ses fiches, les électeurs n’en saurons pas plus sur les projets de démantèlement de l’appareil d’Etat par Rick Perry. Le candidat explose en pleine campagne. Pour le politologue et animateur du site crystal Ball Larry Sabato, c'est « l'instant le plus dévastateur de n'importe quelle primaire récente ».
Site spécialisé sur en matière de « désintox » politique, factcheck.org a entrepris de lister toutes les erreurs, exagérations et contre-vérités assénées par les candidats dans les différents débats. Un travail de titans.
Car ses concurrents n’élèvent guère le niveau des débats. C’est un grand moment de solitude qu’a vécu le cowboy Rick Perry qui, faute d’avoir été conseillé par Dieu, s’est, lui, tourné vers le ciel pour résoudre les problèmes de l’Amérique. Celui que certains observateurs qualifient de « Bush sous stéroïdes » compte tenu de la politique qu’il applique dans son état et de son agressivité dans ces primaires, a tenté d’énumérer les trois agences gouvernementales qu’il entendait supprimer : « Le commerce, l’éducation et… ». Blanc, rires. « C’est quoi la troisième ?! ». Las, malgré l’aide de ses fiches, les électeurs n’en saurons pas plus sur les projets de démantèlement de l’appareil d’Etat par Rick Perry. Le candidat explose en pleine campagne. Pour le politologue et animateur du site crystal Ball Larry Sabato, c'est « l'instant le plus dévastateur de n'importe quelle primaire récente ».
Le retour des vétérans
Rarement décisives lors des campagnes présidentielles, d’après le Wall Street Journal, les questions de politique étrangère pourraient prendre plus d’importance lors de ce scrutin. Contraints d'expliquer les liens entre sécurité et politique extérieure, les candidats ont dû réviser leurs classiques. Un point de discorde est nettement apparu entre les interventionnistes, favorables à une politique répressive vis à vis de l’Iran notamment et des candidats partisans d’une baisse des budgets d’aide aux pays étrangers et des interventions militaires. Tout en nuances. « Dans mon administration, le budget d'aide pour chaque pays commencera toujours à zéro dollar - et puis nous discuterons » a asséné Rick Perry.
Interrogé pour savoir si cette coupe radicale vaudrait pour Israël, le gouverneur du Texas a précisé que l’état hébreu «continuerait à recevoir une aide substantielle». Partisan d’une ligne « zéro dollar », Mitt Romney, l’un des favoris des sondages a très vite lui aussi tempéré ces ardeurs radicalement non-interventionnistes s’agissant d’Israël.
Supprimer les ministères de l’éducation, du commerce et de l’énergie (Rick Perry retrouvera finalement ses fiches), réduire la politique étrangère américaine à son seul principe de puissance. Des actes manqués politiques –cette éternelle ligne de mire soviétique- qui en disent long sur l’inanité du débat politique américain. Au point que le vétéran Newt Gingrich, connu dans nos contrées pour avoir tenté de faire tomber Clinton pour une sombre histoire de cigares dans un bureau ovale, passe pour un intellectuel et un politicien aussi raisonnable que respectable qui tutoie désormais les sommets dans les sondages. Pour l’ex-ennemi numéro 1 de Bill Clinton, l’éducation, est en effet, «l’élément le plus important de notre prospérité future ».
Pour Richard Hêtu, correspondant à New-York de la Correspondance de la Presse, « ce retour de Newt Gingrich dans les bonnes grâces des républicains illustre les efforts incessants des conservateurs à trouver une solution de rechange à Mitt Romney, qui demeure suspect à leurs yeux » écrit-il sur son blog.
Avec une concurrence de ce niveau, la baudruche Obama, présenté comme le nouveau Messie lors de son investiture, dispose encore de quelques longueurs d'avance.
Interrogé pour savoir si cette coupe radicale vaudrait pour Israël, le gouverneur du Texas a précisé que l’état hébreu «continuerait à recevoir une aide substantielle». Partisan d’une ligne « zéro dollar », Mitt Romney, l’un des favoris des sondages a très vite lui aussi tempéré ces ardeurs radicalement non-interventionnistes s’agissant d’Israël.
Supprimer les ministères de l’éducation, du commerce et de l’énergie (Rick Perry retrouvera finalement ses fiches), réduire la politique étrangère américaine à son seul principe de puissance. Des actes manqués politiques –cette éternelle ligne de mire soviétique- qui en disent long sur l’inanité du débat politique américain. Au point que le vétéran Newt Gingrich, connu dans nos contrées pour avoir tenté de faire tomber Clinton pour une sombre histoire de cigares dans un bureau ovale, passe pour un intellectuel et un politicien aussi raisonnable que respectable qui tutoie désormais les sommets dans les sondages. Pour l’ex-ennemi numéro 1 de Bill Clinton, l’éducation, est en effet, «l’élément le plus important de notre prospérité future ».
Pour Richard Hêtu, correspondant à New-York de la Correspondance de la Presse, « ce retour de Newt Gingrich dans les bonnes grâces des républicains illustre les efforts incessants des conservateurs à trouver une solution de rechange à Mitt Romney, qui demeure suspect à leurs yeux » écrit-il sur son blog.
Avec une concurrence de ce niveau, la baudruche Obama, présenté comme le nouveau Messie lors de son investiture, dispose encore de quelques longueurs d'avance.
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